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11/11/2025 19:36

DEVOIR DE MÉMOIRE : «Les générations se rejoignent» pour commémorer le 11-Novembre

De nombreux élèves et jeunes volontaires ont participé, ce mardi 11 novembre, à Dijon, à la cérémonie organisée pour commémorer l'armistice entre les Alliés et le Reich de 1918. 2025 marque le centenaire du Bleuet de France.
Depuis 1975, la commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale a été élargie pour rendre hommage à tous les combattants «morts pour la France» au gré des différents conflits, faisant du 11-Novembre un symbole de cohésion nationale.

Ce 11 novembre 2025, par un beau temps à peine frais, les autorités civiles et militaires se sont retrouvées au monument aux morts de Dijon pour une cérémonie commémorative – présidée par Paul Mourier, préfet de la Côte-d'Or – après une séquence au monument du Soldat inconnu, dans le cimetière des Péjoces.

De nombreux représentants civils et militaires


Étaient présents notamment Nathalie Koenders, maire de Dijon, Pierre Pribetich, député de la Côte-d'Or, Océane Godard, députée de la Côte-d'Or et conseillère régionale de Bourgogne-Franche-Comté, François-Xavier Dugourd, vice-président délégué du Département de la Côte-d'Or, le général de division Sylvain Laniel, commandant la région de gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté, le général Salvador Munoz, commandant de l'école de gendarmerie de Dijon, et le colonel Loïc Bonal, délégué militaire départemental et chef du corps du 511ème régiment du train d'Auxonne. À noter que François Rebsamen, président de la Métropole de Dijon, s'est rendu à la cérémonie organisée à Longvic.

Ont participé également les représentants des ordres nationaux, des anciens combattants, des associations de mémoire, de la protection civile et de secourisme, des forces de sécurité intérieure, des douanes et de l’Éducation nationale ainsi que les porte-drapeaux.

Autour du monument se trouvaient des élus et personnalités politique, la musique municipale de Dijon, la garde du drapeau de la région de gendarmerie, des élèves de l'école de gendarmerie de Dijon, des gendarmes mobiles GGM IV/16, des militaires du 511ème régiment du train, la garde d'honneur de la préparation militaire marine, l'élément air rattaché 00102, des cadets de la gendarmerie, des membres de l'escadrille air-jeunesse, des jeunes sapeurs-pompiers, des secouristes de la Croix-Rouge française et de la Protection civile, des conseillers départementaux jeunes ainsi que des élèves de l'école Saint-Dominique, du collège Gaston Bachelard, de la classe défense-citoyenneté de l'école Saint-François de Sales, du collège Saint-Joseph la Salle, du collège Saint-Michel, du collège Les Arcades, du lycée Charles de Gaulle et du centre d'éducation de Châtillon-sur-Seine.

Remise de décorations


Durant un temps de remise de décorations, a été faite chevalier de la Légion d'honneur la lieutenante-colonelle Marielle Chrisment, actuellement détachée de la gendarmerie en tant qu'experte de haut-niveau et adjointe à la déléguée à la transformation et à la performance ministérielle au sein du secrétariat général pour l'administration du ministère des Armées et des Anciens Combattants.

La médaille militaire a été conférée au major Jean Labache, commandant de la communauté de brigades de gendarmerie de Mirebeau-sur-Bèze, et à l'adjudant-chef Michaël Bauget, commandant de la bridage de proximité de Messigny-et-Vantoux.

Ont été faits chevalier de l'ordre nationale du Mérite le chef d'escadron Stéphane Lemaire, chef de ressources humaines au bureau des compétences au sein de la région de gendarmerie, le commandant Michel Robert, officier adjoint du soutien finance au sein de la région de gendarmerie, et le chef d'escadron Bertrand Rigaud, directeur du bureau du renseignement du groupe départemental de gendarmerie de la Côte-d'Or.

Témoignage d'un poilu


Depuis 2023, avant les interventions, le préfet ravive symboliquement la Flamme de la nation, entouré de jeunes représentants les structures participant à la cérémonie. La lanterne était portée par un volontaire de la préparation militaire marine.

Deux élèves du lycée Charles de Gaulle ont ensuite lu une lettre de Jean Delage, originaire du Clunysois, datant de 1915. Dans ce courrier à sa famille, le poilu aborde la situation dans des tranchées nouvellement conquises à l'ennemi où «les traces de la lutte ardente sont nombreuses et saisissantes». Plusieurs dépouilles de soldats français et allemands se retrouvent au sol et les  conduits sont «horriblement sales».

«Nous sommes coiffés du nouveau casque en tôle d'acier», précise le soldat, «c'est lourd et incommode mais cela donne une sérieuse protection contre les éclats de fusant et contre les ricochets, aussi le porte-t-on sans maugréer». «Nous avons aussi tout un attirail contre les gaz asphyxiants. Nous serons mal ravitaillés : un seul repas de nuit qui arrivera froid, le plus souvent.»

Centenaire du Bleuet de France


Le préfet Paul Mourier s'est ensuite fait le relais du message gouvernemental (lire ci-dessous). Dans leur propos, les ministres Catherine Vautrin et Alice Rufo rappellent l'ampleur des conséquences des combats du côté français : 1,4 million soldats et 300.000 civils tués ainsi que 4 millions de blessés et mutilés. S'ajoutent «les familles meurtries» et «les nuits hantées par des terreurs sans fin» des combattants apparemment indemnes.

«Chaque année, devant les monuments de nos communes, les générations se rejoignent», constatent les ministres, «unis dans cette mémoire, nous rendons visibles l'idéel qui nous tient debout, le sens que nous avons donné à notre histoire, le projet collectif que nous poursuivons par delà les tragédies : (…) la République».

Les deux membres du gouvernement soulignent également que 2025 marque l'année du centenaire du Bleuet de France. Dans les tranchées, le bleuet était la seule fleur à pousser. En 1925, la fille du commandant des Invalides et une infirmière ont créé un atelier pour confectionner des bleuets en tissu dont les ventes alimentèrent des cagnottes solidaires destinées aux anciens soldats blessés. Les collectes de dons perdurent de nos jours.

Hommage à Fany Claudin


Un hommage a été rendu à la maréchal des logis Fany Claudin du 121ème régiment du train qui a perdu la vie lors d’une mission d’escorte de convoi au Liban, le vendredi 15 novembre 2024.

Les autorités civiles et militaires ont ensuite déposé des gerbes de fleurs au pied du monuments au morts puis les cadets de la gendarmerie ont entonné le premier couplet de «La Marseillaise», accompagnés par la musique municipale. Les salutations accordées aux porte-drapeaux ont conclu la cérémonie commémoratives.

Jean-Christophe Tardivon

Message de Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens Combattants, et d'Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants
(communiqué) 

Le 11 novembre, la France écoute battre son cœur. Elle se recueille devant les noms de ceux qui ont donné leur vie pour que nous vivions libres. Elle se rassemble pour commémorer la victoire et célébrer la paix.

C’était il y a 107 ans. Au fracas des armes succédait le silence des plaines dévastées de Champagne, des vallées de la Meuse, des forêts d’Argonne.

Ce silence portait le poids immense de ceux qui étaient morts, durant quatre années, dans les grandes batailles, couchés dessus le sol ou ensevelis sous la boue.

Un million quatre cent mille soldats « tombés au champ d’honneur », autant de familles meurtries. Quatre millions de blessés et de mutilés. Et parmi ceux apparemment indemnes, combien de nuits hantées par des terreurs sans fin.

Chaque année, devant les monuments de nos communes, les générations se rejoignent.

Unis dans cette mémoire, nous rendons visible l’idéal qui nous tient debout, le sens que nous avons donné à notre histoire, le projet collectif que nous poursuivons par-delà les tragédies. « Construire un ordre tel que la liberté, la sécurité et la dignité de chacun y soient garanties », selon les mots du général de Gaulle en 1941. Ce projet porte un nom : la République.

La République a donné à chaque soldat mort pour la France, aussi anonyme soit-il, d’être honoré à la place la plus élevée : celle qu’occupe la tombe du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe.

En lui s’incarne le sacrifice de tous les morts pour la France, d’hier et d’aujourd’hui, jusqu’à ceux qui, loin de chez eux, sont tombés en Indochine, en Algérie, dans les Balkans, en Afrique, en Afghanistan, au Levant.

En lui se mêlent leurs visages venus de tous horizons. Ceux des fusiliers marins bretons et des tirailleurs sénégalais, unis dans le même héroïsme à Dixmude. Ceux tombés à Verdun et sur les plages de Provence. Ceux des francs-tireurs et partisans, et des résistants du réseau Alliance. Ceux de ces combattants venus d’Afrique, du Pacifique, des Amériques et d’Asie, qui reposent désormais dans le sol de France, sous les croissants, les étoiles, ou les croix des carrés militaires. Ceux des incorporés de force alsaciens et mosellans, pris dans le drame intime de leur conscience. Ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas.

Sur ce soldat de tous les âges et de toutes les origines, la flamme du souvenir ne s’est jamais éteinte.

Il y a cent ans, en 1925, était organisé aux Invalides le premier atelier de confection du Bleuet de France. Devenue le symbole de la solidarité avec le monde combattant, cette petite fleur qui poussait dans les tranchées témoigne de la force d’âme de la Nation.

Force d’âme qu’ont rappelée les commémorations du 80e anniversaire des débarquements, de la Libération et de la Victoire, dans une époque, la nôtre, où nous réapprenons que la guerre est possible.

Assistant depuis Londres au péril qui pesait sur la survie même de la France, la philosophe Simone Weil offrait en 1942 une définition du patriotisme que chacun peut faire sienne : « le sentiment de tendresse poignante pour une chose belle, précieuse, fragile et périssable ».

Ce patriotisme demeure une nécessité vitale. Marc Bloch, « l’homme des Lumières dans l’armée des ombres », en incarna l’exemple. Son entrée au Panthéon le 16 juin prochain, décidée par le Président de la République, rappelle que l’esprit de défaite est toujours un poison mortel.

La flamme qui l’animait fut une invincible espérance, l’espérance de ceux qui ont décidé d’être forts pour protéger ce qui est juste.

Cette espérance que symbolisaient déjà dans le ciel de Reims, le 11 novembre 1918, les tours restées debout de la cathédrale martyre. Le 8 juillet 1962, sous ses voûtes reconstruites, était scellée la réconciliation franco-allemande, pour que l’Europe vive libre et en paix.

Car là sera toujours l’espérance de la France, fidèle au sacrifice de ses anciens, à ses valeurs et à ses promesses, consciente de sa vocation universelle au service de la paix.

Vive la République. Vive la France !

«Faire vivre la fraternité républicaine», dix ans après les attentats islamistes du 13-Novembre





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