
Tandis que de nombreux écoliers, collégiens et lycéens étaient présents dans l'assistance, ce vendredi 8 mai, à Dijon, la préfète Violaine Démaret a relayé le message de la ministre des Armées appelant à «transmettre aux jeunes» une «force morale».

Le devoir de mémoire a de l'avenir. Depuis la crise sanitaire, les équipes de la préfecture de la Côte-d'Or, du rectorat de l'académie de Dijon et de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre multiplient les innovations pour intégrer les jeunes générations aux cérémonies commémoratives.
Ce vendredi 8 mai 2026, à Dijon, pour marquer le 81ème anniversaire de la capitulation du Troisième Reich face aux armées alliées durant la Seconde Guerre mondiale, une cérémonie a été organisée au monument aux morts. En particulier, «La Marseillaise» a été chantée
a cappella par une lycéenne qui a fait l'admiration de l'assistance.
Un rang protocolaire étoffé
Dans le rang protocolaire, parmi les autorités civiles, étaient présents Violaine Démaret, préfète de la Côte-d'Or, Nathalie Koenders, maire de Dijon, les députées de la Côte-d'Or Catherine Hervieu et Océane Godard, Françoise Tenenbaum, vice-présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté, François-Xavier Dugourd, vice-président délégué du Département de la Côte-d'Or, et François Rebsamen, président de la Métropole de Dijon.
Figuraient également le général de division Christophe Husson, commandant de la la région de gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté, le général Salvador Munoz, commandant l'école de gendarmerie de Dijon, le colonel Loïc Bonal, délégué militaire départemental de la Côte-d'Or, le commissaire divisionnaire Frédéric Vincent-Genod, directeur interdépartemental de la Police nationale, et le colonel Bertrand Lepoutère, directeur adjoint du Service départemental d'incendie et de secours de la Côte-d'Or.
Les jeunes générations étaient amplement représentées
Autour des officiels, les jeunes générations étaient représentées par des membres du conseil municipal d'enfants de la Ville de Dijon, du Conseil départemental des jeunes, de la classe défense terminale du groupe Saint-Michel-Les Arcades, de l'escadrille air-jeunesse, des cadets de la Gendarmerie nationale, de la préparation militaire de la Marine nationale, des jeunes sapeurs-pompiers ainsi que des élèves du collège Gaston Roupnel, du collège Saint-Joseph La Salle, de l'école Saint-Dominique et du centre d'éducation de Châtillon-sur-Seine.
«Il y a une vraie dimension jeunesse qui est de plus en plus donnée aux cérémonies», a ainsi souligné Céline Schmitt, chargée de mission à la direction des services départementaux de l’Éducation nationale en Côte-d'Or, en marge de la cérémonie.
«On a distribué des flyers pour encourager les jeunes à devenir porte-drapeaux en contactant l'ONACVG», a précisé Céline Schmitt. «On a des jeunes qui étaient engagés précédemment aux cérémonies qui sont devenus porte-drapeaux.»
Une lycéenne chanteuse reçoit les félicitations de la préfète
Si les textes mémoriaux ou extraits littéraux sont régulièrement lus par des élèves dijonnais, cette fois, les organisatrices ont souhaité qu'il en soit de même pour «La Marseillaise».
Tous les deux membres de la classe défense terminale du groupe Saint-Michel-Les Arcades, Hugo a lu l'ordre du jour n°9 du maréchal de Lattre de Tassigny et Lyne a chanté l'hymne national –
a cappella, d'une voix claire et vibrante – entourée de représentants des différentes formation de jeunesse qui l'on accompagnée. «Vous avez un talent fou», l'a félicitée la préfète à l'issue de la cérémonie.
Remises de décorations
Durant la cérémonie, les autorités militaires ont remis une médaille militaire – au major Thierry Fiorina du CIRFA de Dijon –, trois insignes de chevalier de l'ordre national du Mérite à des gendarmes – au lieutenant-colonel Nicolas Fenech, au chef d'escadron Florence Berhomier et au chef d'escadron Philippe Rapita – et deux médailles d'or de la défense nationale – au commandant Jérôme Lorilliard ainsi qu'à l'adjudant-chef Laurence Colnat.
«Transmettre aux jeunes» une «force morale»
Le message de la ministre des Armées a été relayé par la préfète de la Côte-d'Or (voir ci-dessous). Dans son propos, Catherine Vautrin a évoqué l'historien, ancien combattant et résistant Marc Bloch qui sera panthéonisé, le 23 juin prochain, puis a élargi progressivement à l'ensemble des résistants de la première heure : «ceux qui continuèrent de croire à la France n'étaient pas des surhommes (…) mais des femmes et des hommes de tous âges (…) unis par une même exigence : ne pas subir, ne pas céder».
La ministre des Armées a convoqué également la mémoire du général de Gaulle puis de l'amiral Muselier ou encore des sous-mariniers du Casabianca pour mieux rappeler l'annonce récente du projet de porte-avions France Libre.
En conclusion, Catherine Vautrin a appelé à «transmettre aux jeunes» une «force morale», sur le modèle de celle qui fut «la première arme d'un peuple qui sut, au bord de l'abîme, se redresser».
Chant de «La Marseillaise» en intégralité
Après les dépôts des gerbes de fleurs au pied du monument aux morts, la musique municipale a fait retentir la sonnerie «Aux morts» puis l'assistance a respecté une minute de silence.
Enfin, la cérémonie s'est terminée par le chant des différents couplets de «La Marseillaise» et par un honneur au drapeau de l'école de gendarmerie de Dijon. Les autorités civiles et militaires ont alors salué les porte-drapeaus ainsi que les différents groupes ayant participé à cette commémoration.
Jean-Christophe Tardivon
Message de Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, et d'Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants
(communiqué)
Il y a 81 ans, dans la nuit du 6 au 7 mai, à Reims, était signée la capitulation sans condition de l'Allemagne.
Le 8 mai 1945, enfin, après des années d'épreuves, d'horreurs et de combats, l'Europe était libérée de l'emprise totalitaire et génocidaire nazie.
Libérée par tous les Alliés. Libérée avec le concours des armées de la France, « la seule France, [celle] qui se bat » et ne se rend pas.
Ne l'oublions jamais : avant d'être une défaite des armes, la défaite de 1940 fut d'abord une défaite de l'esprit.
Marc Bloch — historien, combattant de 14, volontaire à nouveau en 39, fusillé en juin 1944 — avait porté sur les responsables de la débâcle ce constat implacable : ils avaient « estimé très tôt naturel d'être battus ».
Ceux qui continuèrent de croire à la France n'étaient pas des surhommes.
Ce furent les cent trente-trois pêcheurs de l'île de Sein, les cinquante-deux premières engagées volontaires de Saint-Pierre-et-Miquelon. Ce fut Jacques Lusseyran, lycéen non-voyant de 16 ans qui rassembla autour de lui les Volontaires de la liberté, avant d'être déporté à Buchenwald.
Ce furent des femmes et des hommes de tous âges, de tous horizons, de toutes convictions, avec leurs peurs et leurs doutes, mais unis par une même exigence : ne pas subir, ne pas céder.
Cette résolution était d'abord celle de résister au déni du droit et de la justice.
« Dès le 3 septembre 1939 », rappelle le général de Gaulle, « nous avons tiré l'épée, seuls avec l'Angleterre, pour défendre le droit violé sous les espèces de la Pologne. »
À Londres, sous les bombes du Blitz, à Brazzaville, où l'Ordre de la Libération est créé, se poursuivit la lutte de ceux qui pressentaient que cet affrontement était une guerre contre l'humanité.
Alors que nous célébrons les 400 ans de la Marine nationale, souvenons-nous de l'amiral Muselier, rallié dès 1940 à la France libre et qui lui donna son emblème : la croix de Lorraine.
Souvenons-nous des sous-mariniers du Casabianca, déjouant la vigilance ennemie pour armer la Résistance en Corse.
Et derrière eux, toutes les générations de marins qui perpétuent aujourd'hui notre puissance navale avec le porte-avions France Libre.
Souvenons-nous des commandos Kieffer, débarqués à l'aube du 6 juin 1944.
Honorons, sur les plages de Provence, les soldats venus d'Afrique, d'Asie et du Pacifique — tirailleurs, goumiers, spahis de la 1ère armée française menée par le général de Lattre de Tassigny, remontant jusqu'à Berlin.
De Lattre qui, face à ce qu'il appelait « les puissances multiples du mensonge », dira : « nous avons découvert tout le prix de notre civilisation en éprouvant sa fragilité. »
Rappelons-nous Simone Veil, rescapée d’Auschwitz, qui fit de sa vie une œuvre de réconciliation et de paix : l'idéal européen qu'elle nous lègue fut la réponse à la haine par la force du droit.
Cette victoire était celle du respect de la souveraineté de chaque peuple et de la dignité de chaque personne, contre ceux qui voulurent réduire notre continent à un empire de maîtres et d'esclaves.
Aujourd'hui, pour que plus jamais le pire ne redevienne possible, il nous revient de transmettre aux jeunes qui s'avancent dans la vie — alors que les derniers témoins nous quittent — le « patriotisme agissant » que le général Leclerc confiait aux hommes de la 2e DB en leur faisant ses adieux.
Transmettre cette force morale, la première arme d'un peuple qui sut, au bord de l'abîme, se redresser.
Un peuple, le nôtre, que « ni le malheur militaire, ni la faillite des institutions, ni le mensonge, ni la violence n'ont pu détourner de son éternelle vocation ». (Charles de Gaulle, discours devant l’Assemblée nationale, 15 mai 1945).
Vive l'Europe libre. Vive la République. Et vive la France !





























































































