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19/03/2022 18:45
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DIJON : 130 déplacés ukrainiens accueillis au gymnase Chambelland

Ce samedi 19 mars, 130 ressortissants ukrainiens sont arrivés à Dijon après avoir fait étape en Allemagne. La préfecture de la Côte-d’Or coordonne l'opération pour assurer un premier accueil dans les meilleurs conditions possibles.
À Dijon, dans le cadre d’un accord entre le gouvernement allemand et le gouvernement français, c’est le gymnase François Chambelland qui est mis à disposition par la Ville pour l’accueil des déplacés ukrainiens. C’est en milieu de matinée ce samedi 19 mars 2022 que quatre bus en provenance d’Allemagne sont arrivés rue Olympe de Gouges.

«Un espace dans lequel ils trouvent une écoute et de la convivialité»


Le gymnase est aménagé dans le but de permettre aux personnes accueillies de décompresser puis de procéder, avec l’aide d’interprètes, aux démarches administratives devant les orienter suivant leurs volontés.

Cette étape de premier accueil, dont la logistique est confiée par la préfecture de la Côte-d’Or à la Croix-Rouge Française, est organisée tel «un sas de décompression». Président territorial de la Croix-Rouge en Côte-d’Or, Christophe Talmet confirme que la mission est toujours «l’accueil de publics vulnérables» et que «l’important est d’être présent avec eux, dans un espace dans lequel ils trouvent une écoute et de la convivialité».
Différents services sont installés dans la salle principale du gymnase (vêtements, jouets) et les sanitaires sont évidemment accessibles.

Plus particulièrement pour la santé des personnes accueillies, un soutien médico-psychologique est assuré par le Samu 21. Concernant leurs animaux de compagnie, un cabinet vétérinaire est mis en place. En cas de troubles de comportement détecté, la SPA est en capacité de prendre en charge les animaux touchés.

La Côte-d’Or doit «se préparer à accueillir un nombre important d’Ukrainiens»


Sur place pour accueillir ces déplacés, Fabien Sudry, préfet de la Côte-d’Or et de la Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que François Rebsamen, maire de Dijon, ont été rejoints par plusieurs élus municipaux et du territoire, dont Didier Martin et François Patriat, député et sénateur de la Côte-d’Or.

«Nous allons nous adapter à la situation avec notre engagement, nos moyens, nos équipes. C’est à notre portée», a assuré le préfet Fabien Sudry, en ajoutant que la Côte-d’Or doit «se préparer à accueillir un nombre important d’Ukrainiens», sachant que l’accueil dans les semaines à venir à l’échelle nationale de 100.000 déplacés reviendrait à en accueillir 2.500 dans le département. Pour le préfet, «ça suppose de ne pas perdre de temps et de favoriser encore cette dynamique de mobilisation de l’ensemble des acteurs publics qui existe ici sur Dijon. On est sur le coeur des valeurs de notre pays, des valeurs de l’Europe».
À l’heure où nous écrivons ces lignes et avant l’enregistrement des personnes accueillies ce samedi, près de 200 déplacés ukrainiens sont déjà hébergés en Côte-d’Or.

La dynamique d’accueil va s’amplifier


«On va y arriver», est convaincu François Rebsamen, en faisant remarquer que la ville de Cluj Napoca en Roumanie, avec laquelle Dijon est jumelée, a déjà accueilli 350.000 réfugiés dus au conflit en Ukraine.

La municipalité de Dijon l’a fait savoir, la résidence Abrioux est le foyer qui héberge déjà une soixantaine de déplacés ukrainiens, arrivés avant ce samedi. François Rebsamen a ajouté que la recherche d’autres structures et logements est en cours, notamment avec les bailleurs sociaux. Le CHU Dijon Bourgogne, propriétaire de logements, a également été sollicité, de même que des gîtes ont été proposés.
Le maire de Dijon a pour l’heure adressé un «merci aux associations engagées» tout en lançant un appel à la générosité citoyenne. En plus de la mise à disposition du gymnase Chambelland, la municipalité s’est engagé à fournir 150 repas dès ce samedi via sa cuisine centrale.

Vice-président du Conseil départemental de la Côte-d’Or, collectivité ayant elle aussi voté une première aide d’urgence de 100.000 euros, François-Xavier Dugourd, en tant également que président d’Orvitis, a fait savoir que vingt logements vacants sont recensés à Châtillon-sur-Seine et que d’autres sont en cours en Haute Côte-d’Or.

«Nous nous sentons bienvenus ici»


Au travers de ce premier accueil, les besoins sont recensés et les premières démarches sont effectuées. En l’absence de solutions immédiates de logement ou de destination définies, les déplacés ukrainiens pourront être hébergés dans un hôtel de l’agglomération dijonnaise.

Alexandre et Diana, mariés, sont arrivés avec la mère et les deux frères de Diana. Après avoir vécu huit ans à Kharkiv, ils ont été poussés par le danger à quitter l’appartement qu’ils ont acheté. «Ça fait la deuxième fois qu’on déménage», nous a confié Alexandre, se souvenant aussi avoir quitté la région de Lougansk il y a une quinzaine d'années.
«Stressés» par le départ mais aussi la totale incertitude quant à leur destination, la famille ne saivait plus très bien depuis quand elle a pris la route, cela également en pensant aux proches restés en Ukraine, dont la grand-mère de Diana touchée par un cancer.

«Les gens d’ici se préoccupent d’un bon accueil. Nous nous sentons bienvenus et nous pouvons nous installer provisoirement ici», ont-ils pu mesurer au gymnase Chambelland.

Faire que le cadre d’accueil inspire confiance


Sasha Pohrebnyak, ukrainien, directeur artistique au cabaret Odysséo à Dijon et au Paradis des Sources en Alsace, travaillant avec nombre de compatriotes dans ce monde du spectacle, a répondu favorablement et sans hésiter à la sollicitation de la préfecture de la Côte-d’Or pour mobiliser une dizaine d’interprètes au gymnase Chambelland. Sa volonté : faire que le cadre d’accueil inspire confiance, en réagissant aux demandes individuelles.
Ayant pu suivre le parcours depuis la Pologne, Sasha Pohrebnyak a apprécié de voir «une ambiance plus détendue» à l’arrivée ce samedi.

L’intérêt est d’«optimiser l’accueil» et de permettre aux déplacés qui le souhaitent de «poursuivre la route» vers des destinations choisies, l’une des finalités de l’accueil à plus long terme étant de remplir les conditions pour que ces déplacés puissent bénéficier d’une autorisation temporaire de séjour de six mois, correspondant notamment à l’ouverture de droits sociaux.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

Aider ensemble les réfugiés ukrainiens à Dijon














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