
Depuis plus de 25 ans,
l’association qui offre aux enfants hospitalisés une parenthèse pour leur
permettre d’oublier leurs situations de patients, rend désormais visite aux adultes
du service neurologique du CHU Dijon-Bourgogne.
Le Trèfle à Quatre Clowns est né en 1998 de la volonté de quatre femmes d’offrir aux enfants hospitalisés un
rendez-vous, à jour fixe, afin de leur permettre d’oublier un peu leurs
conditions de malades. Toute l’année, au sein des services de pédiatrie de
l’Hôpital d’enfant du Centre Hospitalier Universitaire François Mitterrand Dijon-Bourgogne, des clowns bénévoles, passent par deux, dans chaque chambre, pour une rencontre
improvisée et unique. Leur objectif est de créer une parenthèse, une coupure,
pour que chaque petit malade retrouve un peu ses rêves, sa joie, son univers
d’enfant grâce à l’intervention de Gudule, Hortense, Zelp, Zoé, Risette, Neuneu,
Rainette ou encore Zizibulette.
«C’est un concept qui fonctionne
très bien» nous explique la présidente de l'association le Trèfle à Quatre Clowns, Isabelle Rocher, «mais qui demande
beaucoup d’investissement personnel. Depuis deux ans, les clowns se rendent
deux fois par semaine au sein des services de pédiatrie de l’Hôpital d’enfant
du CHU de Dijon, au lieu d'une fois, et proposent des numéros de clown traditionnels»
Comment se passe la
rencontre avec les enfants ?
Isabelle Rocher :
«A chaque étage, nous demandons un état des lieux auprès des infirmières afin
de savoir dans quelles chambres nous pouvons entrer. Nous prenons aussi
connaissance de la raison de l’hospitalisation. Ensuite, nous frappons à la
porte et nous attendons l’autorisation d’entrer. Si les parents sont présents notre
mission est double. Nous devons aussi les sensibiliser pour les aider à vivre
leur stress. Et dès que les parents rient et chantent avec nous, on peut dire
que c’est gagné non seulement pour nous, mais surtout pour l’enfant. Je sais,
par expérience, qu’un enfant se sent souvent responsable du stress de ses
parents, d’où notre intérêt à les emmener avec nous autour de nos pitreries»
«Ils ne veulent pas
que l’on parte»
«Lorsque nous entrons
dans la chambre nous faisons de l’improvisation. Nous nous adaptons à l’âge de
l’enfant. On ne va pas dire et agir de la même façon devant un enfant de 5 ans
qu’un adolescent de 17 ans. Pour les bébés c’est souvent des chants, des gestes
et des jeux de marionnettes. Pour les ados, généralement ça se termine par des
discutions et des rigolades parce que ça leur fait du bien de se détendre sans
retenue devant des clowns. Et très souvent il ne veulent pas que nous partions. Ils trouvent toujours quelque chose à nous
dire pour prolonger ce moment hors du temps»
Vous visitez aussi les
adultes hospitalisés
«Depuis un an nous
allons dans les services adultes de l’étage neurologie, situés près de
l’hématologie oncologie enfant. Nous avons été extrêmement bien reçus. Nous
rencontrons des adultes très touchés par notre visite et nous disent :
mais pourquoi nous, allez plutôt voir les enfants. Vous savez, ces personnes ont
un parcours médical très difficile. Certains ont été victime d’AVC ou d’accidents
de la vie très lourd, et sont souvent seuls et dépressifs. Ils aiment nous parler
de leur vie. Un monsieur m’a récemment raconté sa vie pendant la guerre. Nous
sommes là pour recevoir et tenter de donner un peu de joie pour les aider à
penser à autre chose le temps d’un après-midi»
On ne s’improvise pas
clown
«Etre clown en service
hospitalier ne s’improvise pas. Il ne suffit pas de mettre un nez rouge et entrer
dans une chambre d’hôpital. Nous sommes tous longuement préparer. Pour les
nouveaux prétendants, il y a une préformation d’une année ou il est expliqué
comment on met son nez, comment on entre dans une chambre et autres conseils à
connaitre. Ensuite, si le bénévole se sent capable de continuer, il vient avec
nous parfaire sa formation. Avec des professionnels du spectacle et des clowns
thérapeutes, ils vont notamment travailler sur le, comment bien réagir face à
une personne malade. C’est tout le côté psychologique qui sera abordé»
Des formations
imposées
«Il faut aussi savoir
que tous les clowns, même confirmés, ont l’obligation de suivre une formation
une fois par mois. C’est une demande du CHU qui nous impose aussi à ce que nous
soyons toujours deux dans la chambre. En cas de trop forte émotion devant un
enfant malade, l’autre clown peut rebondir rapidement et faire diversion. Tout
ça pour dire que notre activité est très encadrée»
Des formations onéreuses
«Les 16 clowns bénévoles
suivent donc une formation, le temps d’un week-end une fois par mois. Nous travaillons avec des coachs, des psychologues, pour nous soutenir et nous aider à comprendre les
problèmes que nous rencontrons. Nous en avons besoin pour mener à bien notre
mission auprès des enfants et des adultes. Mais ces formations ne sont pas
gratuites et sont payées par l’association. Pour subvenir à nos besoins nous
organisons différentes animations dans l’année. Nous sommes également soutenus
par des donateurs comme le Club Innerwheel de Dijon, le Rotary club, ou
encore les trois Lion’s Club qui organisent des actions en notre faveur»
Norbert Banchet
Photos : Avec l'autorisation de l'association
Les bénévoles de l’Association
Le Trèfle à 4 clowns rendent visites aux enfants du service pédiatrique et aux
adultes du service neurologique hospitalisés au Centre Hospitalier
Universitaire François Mitterrand Dijon-Bourgogne tous les mardis et jeudis après-midi.



