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11/05/2020 17:37

DIJON : Au premier jour de déconfinement, les commerçants s’adaptent pour retrouver leur clientèle

Ce lundi 11 mai, Infos-Dijon est allé à la rencontres de plusieurs commerçants ayant rouvert leurs portes dans le secteur des rues piétonnes.
Quand sa propre affaire ne tourne pas du tout depuis la mi-mars, la possibilité de rouvrir son commerce est évidemment tout de suite saisie. «On nous autorise à ouvrir, on saute dessus», confirme naturellement Sonia de la boutique de prêt-à-porter féminin et accessoires, Jad, au 79 de la rue de la Liberté. Mais elle tempère tout de même : «Je suis dans le flou total, je ne sais pas du tout si on va travailler comme avant au niveau du chiffre. Ça fait un peu peur, on ne sait si les gens vont continuer à aller dans les magasins».

L’évolution vers laquelle tendre le plus sérieusement possible est l’ouverture... sans oublier l’application des mesures sanitaires. «Si les gens ne respectent pas les gestes barrières, on les fera respecter», dit clairement Sonia.
Au sein de l’espace de vente de 50 m2 dans lequel s’affairaient sa gérante et une collaboratrice ce lundi en fin de matinée, «3-4 personnes» seront autorisées à entrer et faire leurs choix simultanément, pas plus.
Pas de marquage au sol au vu de la configuration de la boutique, mais l’ouverture d’une seule cabine d’essayage… «Si les clientes n’ont pas le temps d’attendre, ils peuvent acheter les vêtements qui leurs plaisent et le remboursement est possible s’ils ne leur vont pas.
Autres dispositions et tâches post-confinement peut-on dire : la mise à disposition d’un gel anti-bactérien à l’entrée de la boutique, et le lavage à la vapeur de chaque vêtements qui aura été essayé. L’enjeu, ou plutôt le scénario à ne pas vivre ? La gérante de la boutique le dit assez implicitement : «Peut-être que dans quinze jours, on va nous dire de rester à nouveau à la maison... Ce ne serait pas possible».

Le cadre rassurant pour la clientèle va compter


Chez Optical Center, 90 rue des Godrans, on a bien conscience de l’enjeu de mettre en place un cadre sain pour être attractif, même si le métier de l’optique touche à la santé et est potentiellement assuré d’avoir de la clientèle.
Quand on l’interroge sur l’affluence potentielle, Thomas Tausendfreund nous répond : «C’est compliqué de se projeter après une telle période, mais on espère voir du monde. Ça fait quand même deux mois que les magasins sont fermés. Après, est-ce que ce sera tout le monde en même temps, ou les clients vont-ils faire les magasins de façon chronologique, on verra… Certains préfèreront peut-être aller d’abord dans des boutiques de vêtements, d’autres ailleurs...».

En tout cas, l’opticien se veut optimiste sur certains aspects à réguler et à maîtriser aujourd’hui : «Nous, nous n’avions pas l’obligation de fermer mais on a préféré le faire car les conditions sanitaires n’étaient pas toutes réunies. Elles le sont aujourd’hui et nous avons repris jeudi dernier. Je pense que le cadre compte et c’est important d’être rassurant envers la clientèle».

À l’entrée du 90 rue des Godrans, les clients sont invités à se frotter les mains de gel hydroalcoolique. Des masques sont à disposition et son port est obligatoire dans la boutique.
La clientèle est limitée à trois groupes de personnes simultanément, dont une capacité de deux personnes à chaque espace de vente et deux personnes en espace d’attente. Des espaces de vente équipés de parois, de même que dans la pièce de rendez-vous avec l’audioprothésiste, lequel est en plus équipé d’une visière dans le cas de prises d’empreintes. Enfin, les montures ne sont prises des présentoirs que par les opticiens et sont décontaminées à l’eau savonneuse après chaque manipulation et/ou essayage.

«On va faire ce qu’il faut»


S’ajoutant intrinsèquement telles de nouvelles contraintes - organisationnelles et financières - dans les journées que s’apprêtent à vivre les commerçants, ces mesures restent essentielles à un déconfinement progressif. «On va faire ce qu’il faut pour que les mesures soient respectées au maximum. On a attendu deux mois pour rouvrir, ce n’est pas pour refermer dans la semaine qui vient», résume «Tonio» de la librairie Momie (29 rue des Godrans).

La librairie s’étend sur 230 m2, mais beaucoup en longueur. L’équipe estime la capacité d’accueil à une vingtaine de personnes simultanément. Le marquage au sol au niveau des caisses est appliqué et un sens de circulation devrait être indiqué dès cette semaine.
«Des masques supplémentaires vont arriver cette semaine et nous avons commandé des visières pour nous. Les plaques de plexiglas ont été commandées le 17 avril mais elles ne sont toujours pas arrivées…», explique le gérant du magasin, à proximité de la caisse où équipements informatiques et outils de paiement sont recouverts. Il ne cache pas les difficultés et nécessaires adaptations que pose le respect de ces mesures sanitaires. Pour ne rien arranger, l’équipe devait faire avec des infiltrations d’eau dans le plafond ce lundi matin...

S’ajoutent à cela, évidemment, les bandes dessinées et autres livres… «C’est l’une des difficultés. On peut partir du principe que les livres qui sont là n’ont pas été touchés depuis au moins deux mois, mais on ne sait pas trop comment les livres que l’on reçoit ont été manipulés avant nous».
Pour les réceptions de fournisseurs, il est préconisé de laisser les cartons si possible 24 heures à l’air libre. «Pour les retours de la clientèle, les ouvrages seront systématiquement désinfectés. Et les clients se passent bien le gels hydroalcoolique à l’entrée».

À la librairie Momie, on s’attend à devoir réorganiser les plannings de l’équipe tout en évitant les changements postes trop fréquents, pour retrouver les habitués, en initier d’autres et appliquer mais aussi veiller aux gestes barrières.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

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