
Actuel conseiller municipal d'opposition, l'adhérent des Républicains a présenté son engagement, ce mercredi 5 novembre, avec pour mot-d'ordre «de l'audace pour Dijon». Sécurité, fiscalité, urbanisme et services publics font partie de ses thématiques prioritaires.
«Je suis candidat pour être maire de Dijon.» Axel Sibert (LR) n'y va pas par quatre chemins pour annoncer son entrée en lice en vue de l'élection municipale de mars 2026.
Ce mercredi 5 novembre 2025, l'actuel conseiller municipal d'opposition, siégeant parmi les non-inscrits, a organisé une conférence de presse dans un centre d'affaires du cœur de ville dijonnais pour lancer sa candidature.
Clémentine Barbier et de Jeunes Républicains font partie de l'équipe
Si Clémentine Barbier (sans étiquette), conseillère départementale de la Côte-d'Or – élue en binôme avec François-Xavier Dugourd (LR, NE) sur le canton Dijon-1 – est excusée, quelques membres de l'équipe de campagne sont présents.
Parmi eux, les Jeunes Républicains de la Côte-d'Or sont particulièrement représentés : Cézanne, responsable départementale adjointe, Louis, responsable des élections, et Lucas. Nicolas, Olivier et Marie font aussi partie de l'équipe.
Déjà une confrontation avec Nathalie Koenders en 2021
Axel Sibert s'est fait connaître en étant colistier d'Emmanuel Bichot (LR, AD) qui menait la liste soutenue par Les Républicains lors de l'élection municipale de 2020.
En 2021, aux élections départementales, le binôme qu'il formait avec Agnès Livera (LR) a été battu au second tour par le binôme Billy Chrétien (alors EELV, depuis LE)- Nathalie Koenders (PS) sur le canton Dijon-2 (38,46% contre 61,54%).
Bref portrait d'Axel Sibert qui a «pour valeur cardinale, la liberté»
Originaire de Toucy, dans l'Yonne, Axel Sibert est né en 1993. Il est arrivé à Dijon en 2011 pour suivre des études supérieures à l'université de Bourgogne et décrocher par la suite un master en sciences économiques.
La même année Axel Sibert adhérait à l'UMP et au syndicat étudiant l'UNI dont il a été un des élus dans les instances universitaires. Il est devenu responsable adjoint des Jeunes Républicains de 2015 à 2017. Il est aujourd'hui membre du comité départemental de la fédération de la Côte-d'Or des Républicains, présidée par François-Xavier Dugourd, et membre du conseil national des Républicains, parti désormais présidé par Bruno Retailleau.
Devenu père de famille en 2025, Axel Sibert réside dans le quartier Varennes-Toison d'or. Professionnellement, il est conseiller de François Sauvadet (UDI), président du Département de la Côte-d'Or, ce qui lui permet de «revendiquer une expérience solide auprès d'élus locaux de premier rang».
Avec Clémentine Barbier, Axel Sibert a fondé le Laboratoire d'idées dijonnais (LID) en 2023 pour nourrir le débat démocratique. Idéologiquement, il se revendique de sensibilité libérale «avec pour valeur cardinale, la liberté». Il a un temps adhéré à Nouvelle Énergie, le parti fondé par David Lisnard, mais n'en est plus membre.
«La qualité de vie des Dijonnais s'est dégradée»
«Je suis un Dijonnais qui est candidat pour que les choses changent», lance Axel Sibert afin de présenter sa démarche, «ne pas s’engager aujourd’hui c’est, en fait, continuer la politique d’hier, avec la même majorité et la même opposition». «C'est pourquoi, aujourd'hui, avec de l'audace pour Dijon, je suis candidat pour être maire de Dijon. Oui, Dijon a besoin d'audace, a besoin de nouveaux visages et d'un nouveau projet pour respirer. Cela fait 25 ans que la ville est verrouillée par une même équipe, l'équipe sortante.»
«Je suis le premier à reconnaître que tout n'a pas été mauvais», poursuit le conseiller municipal d'opposition, «certaines réalisations ont été bénéfiques pour notre ville : la piétonnisation des rues du centre-ville, la renaissance du tramway à Dijon». «Force est de constater que, ces dernières années, la qualité de vie des Dijonnaises et des Dijonnais s'est dégradée. La politique d'urbanisme notamment n'a fait que concentrer des problèmes au détriment du cadre de vie des habitants.»
Axel Sibert s'engage pour «améliorer le quotidien» des Dijonnais
«Dijon a besoin d'audace pour rayonner par sa qualité de vie et améliorer le quotidien des Dijonnais : se loger, se déplacer, la qualité des services dans tous les quartiers», poursuit le candidat. «L'insécurité a progressé sans qu'aucune réponse efficace et durable n'ait été apporté. On ne peut pas rester dans la position de commentateur des drames qui se déroulent dans notre ville sur fond d'ultra-violence liée ou pas aux trafics de drogue. (…) Dijon a besoin d'audace pour que chaque Dijonnaise et chaque Dijonnais puisse vivre en paix, dans tous les quartiers, de jour comme de nuit.»
«Notre ville a une énergie exceptionnelle, un potentiel immense mais, aujourd'hui, on ressent un essoufflement», ajoute-t-il. «L'échec symbolique est coûteux de la Cité de la gastronomie ou les travaux chaotiques de la place du 30-Octobre en témoignent et son de tristes exemples. Dijon a besoin d'audace pour ne pas décliner.»
«Je m'engage pour notre ville, avec de nouveaux visages (…) et, surtout, avec les Dijonnais pour leur qualité de vie et améliorer leur quotidien», résume Axel Sibert avant de présenter cinq priorités et dix mesures d'urgence (voir ci-dessous).
Un candidat opposé au tracé de troisième ligne de tramway présenté par l'exécutif métropolitain
Ces quelques priorités ne sont pas encore chiffrées. «Le chiffrage précis viendra quand on aura le programme complet», indique Axel Sibert qui note toutefois que la baisse de 5% du taux municipal de la taxe foncière représenterait une perte de recettes avoisinant 7 millions d'euros.
«On élit le conseil municipal, on élit aussi un conseil métropolitain, les compétences sont imbriquées», relève également le candidat, «la gouvernance de la Métropole n'interviendra qu'après discussion». «Les délégués dijonnais représentent la majorité du conseil métropolitain, de facto le choix des Dijonnais est prépondérant.»
Ayant, un temps, proposé un tracé de troisième ligne de tramway, Axel Sibert a remisé sa proposition tout en restant opposé au parcours présenté par l'exécutif métropolitain sortant.
En cas d'élection, le candidat compte «reprendre l'étude et retravailler dessus» : «s'il y a un changement de majorité, il y a sûrement un changement de projet».
Scissions en chaîne parmi les Républicains dijonnais
Cette candidature s'inscrit dans un historique qui remonte à l'élection municipale de 2020. «La campagne s'est mal passée», se souvient Axel Sibert qui reproche à Emmanuel Bichot son «management» et «certaines de ses positions».
En septembre 2021, le groupe d'opposition se scindait déjà. Déplorant cette fois la «méthode» de Laurent Bourguignat (LR) et Stéphane Chevalier (alors LR, depuis HOR), les co-présidents du groupe Ensemble pour Dijon, Axel Sibert restait non-inscrit. Depuis, le groupe en question s'est étiolé, a changé de nom – Dijon autrement – et a même vu certains de ses membres rejoindre la majorité municipale.
À l'approche de l'élection municipale de 2026, le président de la fédération départementale des Républicains a tenté de réunir les personnalités se revendiquant de la droite et du centre. En l'absence d'Emmanuel Bichot, cela a débouché sur l'initiative du Printemps dijonnais qui a fait long feu (
lire notre article).
«Ça a porté au débat», signale néanmoins Axel Sibert, «les priorités me servent».
En attente de la décision de la CNI des Républicains
Dans ce contexte, «François-Xavier Dugourd a mené des discussions avec des partenaires potentiels – et certains naturels – de la droite et du centre». Parmi ces partenaires, des discussions ont eu lieu avec Renaissance – dont Fadila Khattabi est la cheffe de file dijonnaise (
lire notre article) –, avec l'UDI – représenté par Franck Ayache (
lire notre article), ainsi qu'avec Horizons – représenté par Henri-Bénigne de Vregille (
lire notre article).
À ce stade, aucune alliance n'a abouti formellement. Emmanuel Bichot, Laurent Bourguignat et Axel Sibert sont désormais à même de briguer l’imprimatur des Républicains dont la commission nationale d'investiture doit se prononcer prochainement.
«Je suis ouvert à tous les Dijonnais qui souhaitent le changement»
«Si le parti des Républicains – mon parti – ne faisait pas le choix que je pense être bon pour ma ville, au final, de préparer l'avenir, notre candidature restera sur la table et sera soumise aux discussions avec le candidat investi et avec nos partenaires potentiels», déclare Axel Sibert, «je ne retirerai pas ma candidature parce que je n'aurais pas un éventuel soutien du parti Les Républicains». «C'est une candidature de renouvellement qui est sur la table de Bruno Retailleau et la CNI.»
«Je suis ouvert à tous les Dijonnais qui souhaitent le changement», insiste le candidat qui rejette toutefois «les extrêmes» et, en particulier «les xénophobes». «On est des gens raisonnables et on peut s'entendre qu'avec les gens raisonnables.»
Faire «monter en puissance» la campagne
À ce stade, seuls Emmanuel Bichot et Thierry Coudert (UDR) ont annoncé officiellement leur candidature respective. Véritable secret de Polichinelle, l'officialisation de la candidature de Nathalie Koenders pour mener une coalition centrée autour du Parti socialiste n'est pas attendue avant janvier. Lutte ouvrière présentera probablement une liste, comme à chaque élection.
Dans les prochaines semaines, Axel Sibert compte faire «monter en puissance» sa campagne : «on va aller à la rencontre des Dijonnais par le biais des réseaux sociaux». «Un document sortira avant la fin de l'année.»
Jean-Christophe Tardivon
DE L’AUDACE POUR DIJON, EN 5 PRIORITÉS ET 10 MESURES D’URGENCE
(communiqué)
#1 SE SENTIR EN SÉCURITÉ, PARTOUT ET TOUT LE TEMPS
• Rénover le commissariat de proximité des Grésilles et rouvrir celui de la Fontaine d’Ouche,
• Implanter une brigade de police municipale statique place de la République les nuits du jeudi au samedi.
#2 BAISSER LES IMPOTS ET REEQUILIBRER L’ACCES AUX SERVICES PUBLICS POUR LES DIJONNAIS QUI TRAVAILLENT
• Dégager des marges de manœuvre pour baisser le taux municipal de la taxe foncière de 5%,
• Baisser les tarifs des services publics municipaux pour les classes moyennes,
• Prioriser l’accès aux crèches municipales aux parents qui travaillent.
#3 REPENSER TOTALEMENT L’URBANISME POUR MIEUX SE LOGER, MIEUX SE DEPLACER ET REGAGNER EN QUALITE DE VIE
• Réviser le Plan Local d’Urbanisme en faisant primer les objectifs de qualité de vie aux objectifs quantitatifs,
• Redonner la parole aux Dijonnais sur le tracé de la 3ème ligne de tramway.
#4 S’ENGAGER POUR UN NOUVEAU PACTE SOCIAL
• Garantir le respect des droits et des devoirs : celui qui transgresse la loi ou qui nuit à la vie en société s’exclut d’office du bénéfice de la solidarité municipale,
• Faire de l’emploi la première option pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
#5 ADOPTER UNE AUTRE MANIERE DE DIRIGER LA VILLE
• Gérer la ville de manière plus transparente et associer les dijonnais aux projets qui les concernent.



