
Le candidat arrivé deuxième, ce dimanche 22 mars, a qualifié de «voix inutiles» les suffrages qui se sont portés sur la liste menée par Thierry Coudert.
Conseiller municipal d'opposition sortant et candidat de la liste Agir pour Dijon, revendiquant un «rassemblement de la droite et du centre», Emmanuel Bichot (LR, AD) a récolté 11.933 voix au premier tour puis 13.368 voix au second tour, arrivant deuxième, à plus de 12.000 voix de Nathalie Koenders (PS), arrivée en tête, ce dimanche 22 mars 2026.
Entouré de colistiers dans son local de campagne, le candidat a réagi à ce résultat, interrogé par
Infos Dijon.
«Notre score aurait été un peu plus important sans le maintien de la liste UDR-RN»
Quel message souhaitez-vous adresser aux Dijonnais ?«Je remercie toutes les Dijonnaises et tous les Dijonnais qui nous ont fait confiance avec 31 % des voix, plus de 13.000 voix contre 9.400 en 2020. Nous serons à la hauteur de la confiance qu'ils ont placée en nous, même si ce sera dans l'opposition.»
«Notre score aurait été un peu plus important sans le maintien de la liste UDR-RN qui a fait 11 % des voix. Ce sont des voix qui ont été inutiles, une candidature qui a été inutile dans le contexte des élections municipales dijonnaises.»
«La liste de la municipalité sortante Rebsamen-Koenders a bénéficié d'un report massif des voix de l'extrême-gauche, à la fois écologistes et insoumises, de gauche extrême et d'extrême-gauche.»
«Cette municipalité se gauchise par cette élection. Elle rentre dans ce schéma qui était déjà celui des socialistes en 2024 avec le [Nouveau front populaire]. (…) C'est un sujet de préoccupation. LFI, c'est quand même une orientation très inquiétante. Nous attendons que Madame Koenders clarifie sa position par rapport à cet allié LFI qui, quand même, partout en France, a été l'allié à nouveau des socialistes dans des municipales. Elle ne s'est pas exprimée par rapport à toutes ces alliances de ces homologues socialistes dans de nombreuses villes.»
«Nous regrettons aussi le contexte dans lequel s'est déroulé cette campagne avec une municipalité sortante qui a voulu dissimuler son bilan, qui nous a dénigré, qui était de connivence avec le candidat du Rassemblement dijonnais – c'était particulièrement choquant – et qui était dans des relations avec la mouvance islamistes des Frères musulmans.»
Vous maintenez cette déclaration qui, selon Nathalie Koenders et François Rebsamen, relève de la calomnie ?«Je trouve particulièrement choquant qu'ils se soient défendus en criant simplement en criant à la diffamation au lieu de répondre aux arguments qui étaient sur la table.»
«La dernière enquête parlementaire sur les liens entre les responsables politiques et l'islamisme radical cite Dijon à trois reprises.»
«Au lieu de répondre à des éléments quand même sérieux, ils ont botté en touche en parlant de mensonge, de diffamation, etc.»
«La gauche a une politique de peuplement qui fait que ça favorise son électorat dans les métropoles»
Faudrait-il une nouvelle grande figure à droite en vue de la prochaine élection municipale ?«C'est trop tôt comme question aujourd'hui. Ce sont les électeurs qui décident.»
«On voit dans 20 métropoles sur 22 que la gauche est installée dans les métropoles. Les résultats de ce soir ne remettent pas tellement en cause cette donnée. La gauche a une politique de peuplement qui fait que ça favorise son électorat dans les métropoles.»
«Nous sommes très déterminés à assumer les responsabilités qui résultent du scrutin de ce soir. Nous ne décevrons pas la confiance des Dijonnais qui, à mon avis, pour une partie d'entre eux, sont très inquiets par les orientations politiques de ce soir.»
Pour cela, Emmanuel Bichot compte sur l'expression des neufs élus de la liste Agir pour Dijon à la Ville et des six élus à la Métropole : «nous allons réfléchir à l'organisation de l'opposition dans ces instances».
Propos recueillis par
Fabrice Aubry