> Vie locale > Vie locale
09/04/2025 16:58

DIJON : Cinéville est le nouveau propriétaire des cinémas Darcy et Olympia

Ce mercredi 9 avril, les représentants de Cinéville, sixième réseau français, ont exposé leurs ambitions pour leurs deux nouveaux cinémas.
Une page se tourne dans l'histoire culturelle dijonnaise. Les cinémas Darcy et Olympia quittent le giron de la famille Massu pour entrer dans le réseau de Cinéville, sixième opérateur français, particulièrement présent dans l'ouest de la France.

La vente a été officialisée, ce mercredi 9 avril 2025, à Dijon, par Yves Sutter, directeur général de Cinéville, et David Batard, nouveau directeur d'exploitation des deux cinémas.

«Accentuer la programmation art et essai du Darcy»


«On s'inscrit dans la continuité de ce que Sylvie Massu a fait», déclare d'emblée Yves Sutter pour rassurer les cinéphiles dijonnais. En 2025 : pas de travaux, pas de changement tarifaire et pas de licenciement sec dans l'équipe.

Tout au plus, le nouveau propriétaire envisage «accentuer la programmation art et essai du Darcy», en espérant un agrément en 2025. L'Olympia devrait changer de nom pour devenir «Cinéville» dans les prochains mois tout en restant positionné «familial et généraliste».

Selon Yves Sutter, «deux cinémas de l'hyper-centre permettent d'offrir une offre de programmation très large». «On a vocation à couvrir tout le spectre de la programmation.»

En 2025, retrouver la fréquentation de 2024


«Dijon est une ville à  la population importante avec un vrai potentiel notamment sur l'art et essai», analyse le directeur de Cinéville qui, même si l'agglomération est «bien dotée en cinémas», a «la conviction d'arriver à apporter notre dynamisation à ce marché».

En 2024, le Darcy et l'Olympia ont été fréquentés respectivement par 108.000 et 207.000 spectateurs.

Le nouveau propriétaire à «l'ambition d'arriver à retrouver[cette fréquentation] en 2025», année qui s'annonce moins dynamique que la précédente en raison de l'offre de films attendue. «On devrait faire un assez bon dernier trimestre», glisse Yves Sutter.

«Renforcer l'offre art et essai sur le Darcy, c'est pour ramener plus de diversité», anticipe le directeur de Cinéville, «un établissement doit avoir une identité» mais «quand on fait un cinéma art et essai ce n'est pas un ghetto», «on peut voir un film exigeant et 15 jours après une comédie».

Concernant les films d'animation, la nouvelle équipe songe à diffuser notamment des films d'Europe du nord.

«Une politique tarifaire modérée»


La nouvelle direction s'attachera à «créer des événements qui participe de l'envie d'aller au cinéma».

Ainsi, le festival Les Écrans de l'aventure sera maintenu. Les ciné-débats avec les étudiants de Sciences Po également.

«L'éducation à l'image commence dès l'école», glisse David Batard qui assure vouloir poursuivre le travail engagé avec les établissements scolaires dijonnais.

«Circuit avec une politique tarifaire modérée», Cinéville conservera les tarifs actuels – voire pourrait mettre en place une offre «plus intéressante» – mais ne proposera toujours pas de carte illimitée.

Les deux-tiers de la population française vont au cinéma au moins une fois par an. «Il n'y a pas beaucoup de loisirs qui touchent autant de population», commente Yves Sutter, «il faut s'adresser à tout le monde».

Cinéville, un réseau indépendant


Cinéville est une filiale à 100% du groupe SOREDIC, créé par un réseau associatif en 1965, devenu une société par actions simplifiée en 2004, qui réalise un chiffre d'affaires annuel d'environ 50 millions d'euros. En 2024, le réseau a accueilli 6,3 millions de spectateurs. Avec le Darcy et l'Olympia, Cinéville est désormais propriétaire de 23 établissements totalisant 177 écrans.

«On est un groupe indépendant. On n'a pas de pression de la part d'un fond d'investissement, on s'inscrit dans une vision de long terme», assure Yves Sutter, également P-DG de SOREDIC, «le cinéma, c'est notre cœur de métier, on vit par et pour le cinéma. (…) Quand on met un pied dans une ville, ce n'est pas pour y rester [seulement] cinq ans.»

«S'inscrire dans une typologie de programmation qu'on maîtrise parfaitement»


Après des négociations exclusives avec Cinéville ayant débuté en avril 2024, la société Darcy Palace, dirigée par Sylvie Massu, a cédé le fonds de commerce du Darcy – conservant les murs – ainsi que le fonds de commerce et les murs de l'Olympia. Le Darcy a été créé en 1913 (6 salles, 1.059 fauteuils). L'Olympia résulte du regroupement des anciens complexes Gaumont et Grande Taverne en 2007 (10 salles, 1.634 fauteuils). Le montant de la transaction n'a pas été dévoilé.

«Dans le groupe, on a beaucoup de cinémas entre 4 et 13 salles, donc c'est un format que l'on connaît», relève Yves Sutter. «Avec ces deux cinémas, on avait une opportunité de s'inscrire dans une typologie de programmation qu'on maîtrise parfaitement dans une taille de ville qu'on maîtrise.»

Maintien des effectifs dijonnais


«Les cinémas sont des bâtiments très technologiques, on va faire le tour de tout», envisage Yves Sutter, «maintenant, il y a un travail d'appropriation, (…) on va se projeter dans l'avenir, (…) on repense tout du point de vue des spectateurs». La réflexion qui débouchera sur des modifications à moyen terme, en lien avec la réglementation des établissements recevant du public.

Du côté des personnels, un départ dans la précédente équipe a été compensé par un récent recrutement pour maintenir les effectifs dijonnais à 14 équivalents temps plein.

«L'idée est de monter un projet de confiance et enthousiaste avec [les salariés] pour développer le cinéma sur cette belle ville de Dijon», souligne David Batard, «ils aiment beaucoup leurs cinémas, ils sont très attachés au Darcy et à l'Olympia».

Autre filiale de SOREDIC, Cinédiffusion deviendra le programmateur des cinémas Darcy et Olympia à compter du 14 avril prochain.

David Batard est le nouveau directeur d'exploitation


Originaire de Nantes et âgé de 45 ans, David Batard est passé par la FEMIS où il a reçu une formation de directeur d'exploitation.

«J'aime le cinéma pour tous», indique-t-il, «on peut se cultiver, on peut se divertir». «Christopher Nolan est un de mes réalisateurs préférés.»

«J'ai commencé à réviser l'histoire et la géographie», confie-t-il à la suite de son installation dans l'agglomération dijonnaise.

À ce jour, Cinéville n'envisage pas d'autres acquisitions en Bourgogne-Franche-Comté.

Jean-Christophe Tardivon





De gauche à droite : Yves Sutter, directeur général de Cinéville, et David Batard, nouveau directeur d'exploitation des cinémas Darcy et Olympia