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30/03/2021 09:51

DIJON : «Coup de semonce» des agriculteurs de la FDSEA devant la DREAL

Des agriculteurs de Côte-d'Or demandent une prise en compte des problématiques territoriales alors que se négocie la répartition des aides de la politique agricole commune européenne. Au petit matin, ce mardi 30 mars, FDSEA et JA ont effectué une action «coup de poing» devant la DREAL à Dijon.
En publicité, on appelle cela du teasing. La FDSEA de Côte-d'Or s'est rendue ce mardi 30 mars 2021, au petit matin, devant le bâtiment de la DREAL Bourgogne-Franche-Comté à Dijon pour annoncer la prochaine manifestation d'envergure régionale du 6 avril. Les représentants du syndicat agricole ont également fait le point sur les griefs d'une partie des agriculteurs.

«La pression monte dans les campagne», alerte Fabrice Genin, président de la Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles de Côte-d'Or, alors qu'ont lieu les négociations concernant l'enveloppe de la politique agricole commune. Les premières indications inquiètent le syndicat agricole pour qui «les considérations spécifiques de notre territoire» de sont pas prises en compte.


Au nom des Jeunes Agriculteurs de Côte-d'Or, Antoine Carré est allé taguer un «RDV le 6 avril» sur le totem d'entrée de la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement de Bourgogne-Franche-Comté, boulevard Voltaire à Dijon. Pour sa part, Fabrice Genin s'adressait aux agents de la DREAL avec un «protégez l'agriculture» inscrit au sol. Autour d'eux une dizaine d'agriculteurs sous une discrète surveillance policière.

La demande d'un accompagnement spécifique à la Bourgogne-Franche-Comté


La FDSEA attendait des annonces particulières aux zones extensives à faible potentiel. Entre les terres productives du bassin parisien et les zones de montagnes recevant des aides adaptées, tous les départements de Bourgogne-Franche-Comté sont classés parmi les zones intermédiaires où l'on trouve des exploitations spécialisées soit élevage, soit grandes cultures ainsi que des exploitations mixtes. «On se retrouve exposé à des gens qui produisent beaucoup plus que nous, ont des coûts de production plus bas et c'est plus difficile économiquement à vivre pour nous», explique Fabrice Genin.

De plus, l'environnement économique du territoire ne favoriserait pas le déploiement d'alternatives locales : «la zone intermédiaire est souvent caractérisée par des zones où la population urbaine est faible. Quand on dit qu'aujourd'hui, il faut faire du circuit court ou du commerce direct, quand tu n'as pas un client autour de chez toi, tu peux essayer de faire tout le circuit court que tu veux, tu ne vends rien. Il y a moins d'industrie agroalimentaire donc moins de transformation donc moins de valeur ajoutée. C'est tout cet ensemble qui fait que l'on devrait avoir au moins un accompagnement spécifique pour avoir une agriculture qui fasse vivre ses agriculteurs».

Si l'enveloppe de la politique agricole commune est définie au niveau européen, l'attribution des aides dans chaque pays relève d'une politique nationale. D'où une étape à la préfecture le 6 avril prochain pour alerter l’État.

«On veut expliquer à l’État qu'on n'est pas contre l'amélioration du contrôle lié à l'environnement mais qu'il faut prendre en compte nos revendications, prendre en compte le terrain, travailler pour que cela ait un vrai impact positif et aussi faire attention que ça ne pénalise pas trop économiquement des exploitations qui sont déjà très fragiles», insiste le président de la FDSEA 21.

«Ces coûts, quand on les additionne, ça pèse lourd»


Le choix de la DREAL, qui sera une des étapes de la manifestation du 6 avril, est révélateur «des règles toujours plus contraignantes et coûteuses» qui pèsent sur les adhérents de la FDSEA : gestion de l'eau ou encore directive sur les nitrates.

«Ces dossiers-là nous inquiètent parce qu'aujourd'hui, ça fait partie des coûts des exploitants alors que le monde agricole est en face de produits qui viennent de l'extérieur. Ces coûts, quand on les additionne, ça pèse lourd et c'est d'autant moins acceptable quand on sait pertinemment qu'il n'y aura pas d'action sur l'environnement. (…) On sait pertinemment que ce qui est vendu aujourd'hui comme une protection de l'environnement, ça ne marchera pas. L'environnement, ça ne se décrète pas ici derrière un bureau, il faut aller sur le terrain, considérer les capacités techniques des agriculteurs, les faits liés au climat, au sol, au territoire. Aujourd'hui, ces choses-là ne sont pas prises en compte du tout. C'est pour ça qu'on est au septième ou huitième programme nitrates. On nous sort : 'vous ne faites pas assez d'efforts'. Non ! Il faut prendre le problème autrement : comment on peut faire par rapport à chaque territoire pour adapter les problématiques ?» déclare Fabrice Genin au pied du bâtiment de la DREAL.

Le 6 avril prochain, de nombreux tracteurs sont attendus de toute la région, certains se disant prêts à venir de Mâcon, en Saône-et-Loire. La manifestation devrait débuter en milieu de matinée devant la DREAL pour se prolonger durant l'après-midi et se terminer devant la préfecture ou place de la République pour une communication en direction du public selon ce que la situation sanitaire permettra. Des perturbations de circulation sont donc ponctuellement possibles dans l'agglomération dijonnaise.

Jean-Christophe Tardivon














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