
Les militants syndicaux côte-d'oriens de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs rappellent leurs revendications, dont la contestation du traité européen avec le Mercosur, avant une «marche funèbre», ce mercredi soir, et un «convoi de tracteurs», ce jeudi 15 janvier, au centre-ville.

Actualisé : Ce jeudi 15 janvier, de la paille a été répandue autour du bâtiment de la Mutualité sociale agricole. Le portail de la DREAL a été partiellement enfoncé par des manifestants. Le convoi comprend 70 tracteurs. Le préfet est allé à la rencontre des agriculteurs.
Communiqué de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de la Côte-d'Or du 14 janvier 2026 :
Après plus de 10 points de mobilisation la semaine dernière en Côte d’Or, l’envoi d’une délégation à Bruxelles pour le manifestation européenne qui a réunit plus de 1000 Tracteurs et 10 000 personnes en Décembre, et en prévision de l’action nationale FNSEA-JA à Strasbourg la semaine prochaine, nous poursuivons nos efforts : l’action syndicale est aujourd’hui pour nous le seul moyen de forcer les discussions de fond sur une vraie politique agricole, avec une vision constructive de notre avenir, de notre souveraineté alimentaire, et d’obtenir les avancées réelles qui doivent suivre les promesses qui nous ont été faites de trop nombreuses fois.
Comme dans toute la France, les actions syndicales FDSEA et JA se poursuivent donc en Côte d’Or : en effet, depuis les mobilisations de début 2024, les effets d’annonce n’ont été que trop partiellement suivis d’effet. Depuis, ce sont la ratification du Mercosur par l’UE, des déclarations toujours pas rassurantes sur la prochaine PAC, et des avancées beaucoup trop limitées suite aux nouvelles mobilisation 2025-2026.
C’est pourquoi nous prenons à nouveau part aux mobilisations dès ce soir en Côte d’Or :
▪ Marche funèbre de la place de la République à la Préfecture ce soir mercredi 14 Janvier à partir de 19h : une délégation composée de tracteurs et de manifestants de Côte d’Or pour rendre hommage à l’agriculture ce soir.
▪ Action syndicale régionale, visant en premier lieu l’excès d’administratif demain jeudi 14 Janvier à partir de 10h : un convoi de tracteurs démarrera de la Toison d’Or pour rejoindre les manifestants de la région devant les locaux de l’OFB au 57 rue de Mulhouse. Le convoi prendra ensuite la direction de la DREAL, puis de la DRAAF, puis de la Préfecture.
Nos revendications restent celles de ce début d’année :
▪ Refus strict du Mercosur : nous comptons sur les Eurodéputés pour saisir valablement la Cour de Justice Européenne contre l’incompatibilité avec les règles européennes de l’arrivée dans nos assiettes de produits qui ne respectent pas nos normes ;
▪ Refus de toute augmentation de charges, alors même que la situation agricole est déjà difficile et sous le feu de la concurrence déloyale. Nous attendons tout particulièrement que l’engagement du commissaire européen Sefcovic de suspendre rétroactivement l’application du MACF aux engrais dès le 1er Janvier 2026 soit formalisé ;
▪ Maintien d’une politique agricole et de souveraineté alimentaire forte de l’UE, en passant par une PAC forte, et non pas avec le budget au rabais proposé aujourd’hui ;
▪ De la simplification administrative des règles, pour plus de cohérence, d’efficacité et moins de carcan administratif, notamment sur les zones vulnérables, les produits phytos, le stockage de l’eau…
▪ La publication des décrets nécessaires aux lois ayant une portée agricole votées ces 2 dernières années, pour qu’elles soient enfin opérationnelles : mécanisme d’assurance prairie, ICPE, installation… ont été actés par les lois Entraves et d’Orientation Agricoles, ils doivent pouvoir s’appliquer vite ;
▪ Des indemnisations sanitaires à la hauteur de l’enjeu : les efforts individuels demandés aux éleveurs pour nous protéger tous sont suffisamment lourds, ils doivent au minimum se traduire par des indemnisations qui couvrent les pertes directes, indirectes sur les vides sanitaires et les restrictions de mouvement ; et le repeuplement des élevages à la valeur d’achat réel des bêtes ;
▪ Une gestion du loup qui laisse vraiment les éleveurs défendre leurs troupeaux, par la suppression des quotas de prélèvement ;
▪ Des contrôles accrus de ce qui entre en France : traçabilité, sanitaire, respect des règles environnementales… doivent s’appliquer à tous les produits qui entrent chez nous, plutôt que d’exercer une pression de contrôle toujours plus lourde et accusatoire dans nos cours de ferme.

Photographies Manon Bollery