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17/01/2022 13:00

DIJON : Des manifestants contre l’abattage d’arbres centenaires dans le parc Montmuzard

S’étant rassemblés à une quinzaine, des riverains et écologistes ont contraint les engins d’abattage à faire demi-tour ce lundi 17 janvier. «Contre la bétonisation», ils appellent à la préservation de l’espace boisé, «poumon du quartier».
L’appel au rassemblement avait été relayé «discrètement» pour que l’opération produise son effet de surprise ce lundi 17 janvier 2022 en tout début de matinée à l’angle des rues de l’Est et Isabelle de Portugal.

Les collectifs Montmuzard, composé d’habitants riverains au site du château de Montmuzard, et Dijon en Transition, souhaitaient être sur place avant l’arrivée de l’entreprise chargée de poursuivre l’abattage d’arbres dans la parc Montmuzard, sachant qu’une partie du site - environ 5.000 m2 - a été vendue par le propriétaire du château au promoteur immobilier Nexity auquel un permis de construire a été accordé en début d’année 2021 pour un immeuble de 54 logements.


Si Daniel Lanet, président du collectif Montmuzard, reconnait que l’opposition à un tel projet «a été mal faite au départ» puisque les recours gracieux, formulés en mars 2021, n’ont pas été déposés à la même date auprès de la ville de Dijon et du promoteur, la volonté de ce lundi 17 janvier était de dénoncer un abattage d’arbres centenaires qui, selon les opposants, n’étaient pas annoncés dans le projet.

Les arbres centenaires plutôt que la bétonisation


«Au moins trois arbres centenaires doivent être abattus. Ça a commencé vendredi dernier. Quand on les voit au sol, c’est un massacre comme dans un champ de guerre», s’indignait Daniel Lanet, né rue de Montmuzard et se revoyant jouer à l’âge de quatre ans dans le parc du même nom.

Le Dijonnais dénonce aussi aujourd’hui en toile de fond la «bétonisation» de Dijon «opérée par le maire François Rebsamen». Des propos soutenus par le collectif Dijon en Transition pour regretter «une bétonimania».
Après avoir rencontré en amont les élus dijonnais décisionnaires, notamment l’adjoint au maire Pierre Pribetich, et tenté d’engager des discussions avec le propriétaire du château - Monsieur de Vrégille -, les riverains déplorent «un dialogue impossible, sous prétexte du besoin de construire des logements».

Les collectifs notent : «Lors de l’adoption du PLUi-HD fin 2019, le périmètre de l’EBC a été nettement réduit, laissant de nombreux arbres sans protection, notamment ces trois arbres centenaires. Cette modification s’est faite à la demande du propriétaire du parc, qui souhaitait vendre à Nexity une parcelle non boisée (donc constructible), mais devait pour cela réduire l’emprise de l’espace boisé classé et aménager un accès depuis la rue pour permettre l’accès au futur immeuble».
La mauvaise santé des arbres devant être abattus, évoquée par la municipalité de Dijon, est contredite par les manifestants.

L’entrée au parc devant laquelle se tenaient les manifestants étaient fermée à leur arrivée à 7h30. Il en fut de même une bonne heure et demie plus tard, alors que les engins et salariés de l’entreprise Thierry Pigeon à Fénay s’étaient rendus sur place pour poursuivre le travail.
Sam, 19 ans, s’est attaché avec un cadenas au portail pour bloquer son ouverture. «Je n’ai pas envie qu’on coupe de très beaux arbres pour favoriser un promoteur immobilier quelconque», nous a-t-il dit.

Dans le calme et sans présence des forces de l’ordre, les engins de l’entreprise ont fait demi-tour. Les salariés de l’entreprise ont tout de même assuré que «seulement deux arbres doivent être abattus».

«On ne désespère pas de trouver une faille»


«Au niveau juridique, on a brûlé nos dernières cartouches. Ils reviendront mais on croit encore à ce qu’on fait avec nos moyens. On a fait reculer les grosses machines, c’est une première victoire. On ne désespère pas de trouver une faille qui pourrait remettre en cause la construction», a réagi Daniel Lanet sur la réussite de cette opération «coup de poing», en rappelant que la pétition lancée en forme d’opposition au projet, pour la préservation du parc Montmuzard, comptabilise près de 32.000 signatures.

«Ce parc, c’est le poumon du quartier. Avec la bétonisation, les autres arbres subiront le même sort».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier














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