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22/12/2020 18:29

DIJON : Des migrants ont investi d’anciens locaux d’EDF

Depuis une semaine, des migrants se sont installés dans un immeuble boulevard Kennedy. Sans solutions d’hébergement, ces demandeurs d’asile veulent passer l’hiver au chaud.

C’est en milieu de semaine dernière qu’une quarantaine de migrants, demandeurs d’asile, ont investi un ancien bâtiment de bureaux qu’EDF avait quitté en 2013. Il se situe boulevard Kennedy et l’occupation a été constatée par la Police dimanche dernier.

Les migrants s’étant installés sont des hommes et viennent majoritairement de l’Afrique subsaharienne. «Ce sont des personnes qui se trouvaient sans solutions de logement sur Dijon, qui étaient en centre d’accueil et d’orientation sans pouvoir y rester plus longtemps ou qui avaient été expulsés du squat de la rue Becquerel en septembre dernier», précise bien Marc Hauville, du collectif de soutien aux demandeurs d’asile et migrants.

L’humain avant tout pour le collectif de soutien


Plusieurs membres de ce collectif étaient aux côtés des migrants ce mardi en fin de matinée. Face aux démarches administratives «qui traînent» ou bien à l’impossibilité pour ces migrants d’être hébergés en CADA au motif que «l’allocation pour demandeur d’asile (ADA) ne leur est pas délivrée», le collectif reste sur le plan humain. «Nous sommes concentrés sur le fait de devoir aider des personnes à la rue à se loger».
«Il reste impensable de laisser quiconque sans solution d'hébergement pérenne, a fortiori en plein coeur de la pandémie actuelle et en plein hiver», insiste le collectif. En affirmant : «Nous restons solidaires et apporterons un soutien politique, moral et matériel afin de faciliter l'installation».

L’installation étant récente et le nettoyage des locaux s’opérant encore pas les occupants, il n’a pas été possible de visiter les lieux. Inoccupés donc depuis 2013, ils disposent toujours de l’électricité et de l’eau, mais pas du chauffage. Un appel aux dons est lancé et relayé sur la page Facebook «Soutien migrants dijon».

Radiateurs, matelas, couvertures, les besoins sont exprimés pour permettre à ces personnes de passer l’hiver un peu plus au chaud. L’aide alimentaire apportée par le collectif via la banque alimentaire devrait se renforcer. «C’est beaucoup mieux que dehors en tout cas», note Marc.

La crainte de l’expulsion atténuée


La crainte permanente d’une expulsion est atténuée par la période hivernale et par le fait que les migrants sont désormais installés dans les locaux depuis plus de 48 heures (droit à une procédure judiciaire en cas d’expulsion).

Il n’empêche que le collectif se dit attentif à cette situation, en déplorant que la question humaine et humanitaire ne soit une fois de plus pas au premier plan des préoccupations. Quant au bail précaire qui donnerait un cadre plus pérenne à ce squat, l’espoir est toujours là mais l’idée n’est jamais prise en considération.
«Le grand scandale, c’est qu’on se retrouve avec des bâtiments inoccupés, qui seront un jour vendus et très probablement détruits. Plusieurs mois après l’expulsion de migrants, la CPAM de Chenôve est toujours murée», fait-on aujourd’hui remarquer au pied de l’immeuble du 8-10 boulevard Kennedy.

Allant vers la quarantaine et ayant quitté la Somalie, Khalid se sent rassuré d’être à nouveau dans un bâtiment, plutôt que sous sa tente quelque part dans Dijon en ayant la peur de voir les forces de l’ordre le renvoyer dans son pays. Il se dit même «très heureux» de pouvoir se poser sans avoir à changer sans cesse de lieu pour «essayer» d’être à l’abri. Khalid se trouve dans l’attente concernant sa demande d’asile, faite à Dijon.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier