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20/05/2022 03:17

DIJON : Élus et habitants se sont projetés sur le futur parc Edme Verniquet

Devant être inauguré en 2023, le parc urbain Edme Verniquet se situera derrière le projet immobilier Garden State. Ce jeudi 19 mai, la première adjointe au maire de Dijon Nathalie Koenders a présenté en détail la perspective à des riverains et des habitués du lieu.
Le secteur où sera aménagé le parc urbain Edme Verniquet a beaucoup fait parler. Le futur parc se situe en effet juste derrière ce qui étaient les Jardins de l’Engrenage, du nom de l’espace qu’un collectif de «citoyens résistants» avait choisi d'occuper illégalement pour s’opposer à la construction de 300 logements dans le cadre du projet Garden State avant d'être expulsés, en deux temps, par les forces de sécurité intérieure.

«La méthode, c’est la co-construction avec les habitants»


Le projet présenté ce jeudi 19 mai 2022 n’est pour autant pas une réponse à cette occupation. Nathalie Koenders, première adjointe au maire de Dijon a indiqué que le parc «a toujours été prévu, inscrit dans le permis de construire qui a été délivré». En ajoutant : «La méthode, c’est la co-construction avec les habitants».


La consultation des habitants sur le projet en décembre 2021 s’est traduite par la réception par la municipalité d’environ 360 questionnaires remplis. Aujourd’hui, se dessine le futur parc Edme Verniquet dans le quartier Varennes-Toison d’Or-Joffre. Il correspond au chemin et ses abords allant de la rue Guy de Maupassant à la rue Edme-Verniquet. Le terme de parc est retenu par la municipalité de Dijon, qui met de ce fait en avant l’une des demandes des riverains : le futur espace vert sera fermé la nuit, depuis les deux rues citées (85% des répondants le souhaitaient). Les modalités de cette fermeture restent à fixer avec les copropriétaires concernés.

Dans l’espace de 6.000 m2 à aménager, «les volontés des habitants ont été respectées» selon Nathalie Koenders, ayant donné plusieurs détails sur le projet, avec à ses côtés les élus municipaux Hamid El Hassouni, Delphine Blaya et Patrice Chateau.

Prairie des papillons, jardin de la Renouée, école du dehors…


Conçu avec le cabinet paysagiste Mayot & Toussaint, le futur parc comprendra des aires pédagogiques, ludiques et des espaces de préservation de la biodiversité. Notons d’ailleurs que le parc est présenté également tel un lien piétonnier entre le groupe scolaire Alain Millot, l’école Notre-Dame et le quartier.

Une prairie des papillons est annoncée tout au bout du chemin que l’on emprunte dans l’axe de l’entrée depuis la rue Maupassant et une attention à préserver la plante Renouée du Japon est soulignée avec l’aménagement d’un jardin de la Renouée.

Pour pouvoir se baser sur des indicateurs fiables relatifs à la biodiversité, l’aménagement a été pensé avec l’aide du Jardin de l'Arquebuse, avec notamment la réalisation d’un inventaire de la flore.

Côté végétalisation et jardins, des nouveaux potagers de la Chouette se situeront en face des jardins familiaux actuels, de l’autre côté du chemin. Une extension demandée par 56 % des répondants.

Les sols seront quant à eux désimperméabilisés (sauf les chemins piétonniers), «pour favoriser la biodiversité» a insisté Nathalie Koenders, en faisant aussi remarquer que le parking donnant sur la rue Edme-Verniquet et constituant donc l’une des deux entrées majeures du parc sera soigné pour ce qui est de la végétalisation.

En plus des deux entrées évoquées et bien identifiées, une servitude de passage en journée sera créée pour pouvoir rejoindre le parc depuis l’avenue de Langres.

Un «chatabri» sera créé aux abords du chemin «afin de sédentariser les chats errants et se pencher sur leur stérilisation avec la SPA».

Pour les enfants et les écoliers riverains, une clairière aux jeux mais aussi «une école du dehors» font partie du projet. 94% des répondants à la consultation voulaient voir une école hors les murs.

Une serre gérée par la jeune association «Du vert dans la ville» prendra place entre ces deux espaces pour développer une pépinière urbaine pédagogique et collaborative, de la graine au plant pour ensuite pouvoir mettre en place des ventes auprès des habitants.

Point sécurité, l’entrée de l’école Notre-Dame se fera depuis le chemin piétonnier du parc.

«C’est un embellissement»


«Il n’y aura pas d’immeuble ici», a affirmé la première adjointe au maire pour rassurer une habitante s’inquiétant de la vente d’une maison mais aussi d’un terrain en friche en face des jardins familiaux. Un terrain que la Ville de Dijon a racheté au promoteur immobilier Ghitti selon Nathalie Koenders.

Les échanges entre les habitants et les élus ont permis d’émettre quelques idées supplémentaires sur le projet. L’implantation d’un deuxième site de compostage collectif, suggestion d’une amie des Jardins de l’Engrenage, fait partie de celles-ci. L’association Arborescence a proposé son aide pour le démarrage de la serre.

«Pourquoi construire encore 300 logements ? C’est n’importe quoi, les Jardins de l’Engrenage me plaisaient», s’est indignée une riveraine, dans un groupe d’habitants en revanche plutôt réceptifs au projet. Même si certains habitués des jardins familiaux ont redouté des travaux devant passer sur leurs parcelles.

«Au début, ce n’était pas gagné. Avec la présentation de Garden State, on avait l’impression que les constructions allaient tout avaler, que le béton allait nous envahir». Domicilié rue Roget-de-Belloguet, Denis Vandeschricke, 65 ans, trouve aujourd’hui le projet séduisant, «abouti, pour tous les âges. C’est un embellissement».

Nathalie Koenders défend «un projet équilibré»


Nathalie Koenders a de son côté insisté sur la volonté de la municipalité tout en balayant ce qu’étaient les Jardins de l’Engrenage : «On va ouvrir, ici au coeur d’un quartier qui s’urbanise, un nouveau parc, proposer un poumon vert de 6.000 m2 qui s’ajouteront aux 8.000 m2 des jardins familiaux. Quand la ville ouvre des espaces verts, il faut qu’elle puisse assurer la sécurité des personnes, ce n’était pas le cas auparavant et les Jardins de l’Engrenage n’étaient pas installés sur l’espace le plus végétalisé, sur une zone dévolue à construire des logements. On doit en construire 1.000 chaque année pour répondre aux demandes, et là ça participe à l’écologie urbaine d’en construire proche du tramway. On n’est pas pour l’étalement urbain, on reconstruit la ville sur elle-même. Ici, c’est un projet équilibré».

La création du parc Edme Verniquet représente un investissement de 700.000 euros. Les premières opérations devraient débuter en septembre et l’aménagement complet devrait être terminé fin 2022-début 2023.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier




















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