
Grâce à plus de 4.500 panneaux solaires, le quartier produit environ 2 MW d’énergie renouvelable. Cette production locale, combinée à une rénovation thermique ambitieuse et au pilotage intelligent de l’énergie, permet de réduire de 75 % les émissions de CO2 et de 30 % la consommation énergétique. Le projet RESPONSE a été inauguré, ce vendredi 23 mai, en présence de François Rebsamen.

Cinq ans après le lancement du projet européen RESPONSE, la Ville de Dijon a inauguré, ce vendredi 23 mai 2025, la plus grande opération d’autoconsommation collective d’énergie de France, dans le quartier populaire de la Fontaine d’Ouche. Sur 55 hectares, ce territoire devient le premier quartier rénové à énergie positive, c’est-à-dire qui produit davantage d’énergie qu’il n’en consomme, tout en améliorant le confort des habitants et en réduisant les inégalités.
La cérémonie inaugurale s'est déroulée sous un soleil brûlant, alimentant les panneaux solaires, en présence notamment de Nathalie Koenders, maire de Dijon, François Rebsamen, ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Michel Neugnot, premier vice-président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Xavier Ursat, directeur exécutif du groupe EDF, et Philippe Froissard, chef d'unité de la direction générale de la recherche et de l'innovation à la Commission européenne. Tous réunit autour d'un "buzzer" afin de symboliquement inaugurer ce projet RESPONSE.
Il est cependant important de noter que, comme cela a questionné beaucoup de monde, la députée PS de la première circonscription Océane Godard, qui était pourtant bien présente à l'événement, n'a pas été conviée à monter sur scène pour effectuer ce geste symbolique de l'inauguration.
Une étape majeure franchie à la Fontaine d’Ouche
Le projet RESPONSE, initié en 2020, vient de franchir une étape historique : deux îlots du quartier atteignent aujourd’hui l’autosuffisance énergétique locale. Grâce à plus de 4 500 panneaux solaires répartis sur des bâtiments publics, des logements, des écoles, des équipements sportifs et des parkings, le quartier produit environ 2 MW d’énergie renouvelable.
Cette production locale, combinée à une rénovation thermique ambitieuse et au pilotage intelligent de l’énergie, permet de réduire de 75 % les émissions de CO2 et de 30 % la consommation énergétique, avec un objectif final de 38 %.
« Dijon est une ville pilote en matière de transition énergétique. Ce n’est pas un hasard si nous avons été choisis parmi les 100 villes européennes devant atteindre la neutralité carbone d’ici 2030 », affirme Nathalie Koenders, maire de Dijon.
Dijon, ville-laboratoire de la transition écologique en Europe
Porté par Dijon métropole aux côtés de Turku (Finlande), RESPONSE réunit 53 partenaires européens dans 13 pays. Ce programme de 36 millions d’euros est coordonné par le groupe EDF via l’Institut européen de recherche sur l’énergie (EIFER) en Allemagne. Il s’inscrit dans la stratégie de la Commission européenne pour faire des villes des laboratoires d’innovation au service de la neutralité carbone d’ici 2050.
« Ce que nous faisons ici est transférable à toute l’Europe. Fontaine d’Ouche est un démonstrateur, mais aussi un symbole», a déclaré François Rebsamen, ministre de l’Aménagement du territoire, aux côtés de Nathalie Koenders, Philippe Froissard (Commission européenne) et Xavier Ursat (EDF).
Une innovation technique et sociale intégrée
Les 618 logements de cinq bâtiments sociaux, rénovés pour 16,7 millions d’euros, bénéficient désormais d’une gestion intelligente de l’énergie. Les bailleurs, Grand Dijon Habitat et Orvitis, ont équipé les logements de thermostats prédictifs connectés, comme EcoTouch et Smalt, permettant aux habitants d’ajuster leur chauffage, de suivre leur consommation et de faire des économies d’énergie.
Depuis le 1er mai 2025, les premières opérations d’autoconsommation collective permettent aux locataires adhérents de bénéficier du surplus d’électricité solaire produit dans leur bâtiment. Cette mesure devrait générer une économie de 45 à 80 € par an et par logement, en plus de la réduction des charges communes.
« Grâce à ces technologies, ce sont les locataires eux-mêmes qui maîtrisent leur consommation. Ce projet, c’est aussi du pouvoir d’achat retrouvé », a souligné François Rebsamen.
Les habitants au coeur de la transition
La réussite de RESPONSE repose aussi sur une implication forte des habitants du quartier. Dijon métropole a mis en place de nombreux outils de concertation et de sensibilisation :
- Une maquette interactive exposée à la bibliothèque municipale.
- Une plateforme participative et des enquêtes régulières (2021, 2023, 2025) menées avec l’université de Turku.
- Un réseau de 80 « Ambassadeurs de Fontaine d’Ouche », engagés pour promouvoir le projet.
- Des ateliers et formations menés par Pimms Médiation et les bailleurs sociaux pour apprendre à maîtriser les nouveaux équipements énergétiques.
« Nous voulons faire de la transition écologique un facteur d’émancipation, d’inclusion et de fierté pour les habitants », insiste Nathalie Koenders.
Une ambition européenne partagée
Dijon et Turku accompagnent six autres villes partenaires dans la réplication des solutions développées à Fontaine d’Ouche : Bruxelles, Saragosse, Botosani, Ptolemaïda, Gabrovo, Severodonetsk. Le projet est subventionné à hauteur de 6,2 millions d’euros par l’Union européenne. Il illustre la capacité des villes à impulser la transition écologique, à réduire leur dépendance aux énergies fossiles et à réduire massivement leurs émissions de gaz à effet de serre.
Chiffres clés du projet RESPONSE à Dijon :
- Budget global : 36 M€
- Investissements publics : 13,8 M€
- Investissements bailleurs : 16,7 M€
- Subvention européenne : 6,2 M€
- Réduction d’émissions de CO₂ : -75 %
- Réduction de consommation énergétique : -38 % visés (-30 % déjà atteints)
- Réduction de l’éclairage public : -65 %
- Surface rénovée : 30 000 m²
- Logements concernés : 618 logements, 1 100 habitants
- Équipements publics producteurs d’énergie : 3 écoles, 2 sites sportifs, parkings, voirie
- Panneaux solaires installés : +4 500 (10 000 m², 2 MW de capacité)
Manon Bollery
















