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24/07/2020 18:18

DIJON : François Rebsamen assume l'intervention de l'avenue de Langres

Pour le maire de Dijon, l'intervention de ce vendredi 24 juillet correspond aux débuts des travaux du projet immobilier «Garden State» prévu avenue de Langres. «On a décidé de ne pas laisser s'instaurer l'anarchie à Dijon» souligne-t-il.
Quelques heures après l'intervention qui a tourné court du fait de la mobilisation de militants libertaires autour des engins de chantier sur le terrain de l'avenue de Langres, François Rebsamen répond à Infos Dijon afin d'apporter des précisions sur les motivations de l'action (lire le récit de l'intervention par des témoins présents ce vendredi matin).

«Il y a un an a été décidé une opération immobilière et de jardin partagé avenue de Langres» tient d'abord à rappeler le maire de Dijon ce vendredi 24 juillet 2020. «Une opération votée au conseil municipal et validée par les deux coauteurs du projet Madame Stéphanie Modde et Monsieur Pierre Pribetich» ajoute-t-il, soulignant qu'aucun recours n'a ralenti la marche du dossier.

Sur le terrain qui est encore propriété de la Ville de Dijon. Le projet est intitulé «Garden State» par le promoteur Ghitti Immobilier qui bénéficie d'une promesse de vente. La dénomination n'a rien à voir avec la comédie romantique de 2004 dans laquelle a joué Natalie Portman. Il s'agirait plutôt d'évoquer un «état de nature» cher au philosophe Jean-Jacques Rousseau.

Les bâtiments intégreront trois types de logements : une résidence à loyer modéré, des appartements en accession à la propriété et d'autres totalement privés. Soit, au maximum, 300 logements. Ils jouxteront 8.000 m² de jardins partagés qui prolongeront les actuels jardins familiaux.

«Derrière le projet immobilier et de jardins, il y a du travail»


«Pendant la campagne [électorale], de nouveaux squatteurs sont venus s'installer sur le terrain et ont décidé que c'étaient les jardins du peuple» constate François Rebsamen s'empressant de signaler que «c'est fini, ça».

Le maire de Dijon déplore les nuisances sonores provoquées autour du terrain de pétanque tard le soir – en mentionnant des courriers de riverains – et préfère signaler que «derrière le projet immobilier et de jardins, il y a du travail, il y a des entreprises».

Concernant la légalité de l'action, François Rebsamen déclare que «il n'y a pas eu de construction sur le terrain donc on n'a pas besoin d'avis de justice pour commencer à travailler». L'opération de ce vendredi matin correspondrait donc aux débuts des travaux du projet immobilier menés par la Ville et le promoteur.

Le premier édile détaille donc les motivations respectives : «l'opérateur parce qu'il veut construire, les entreprises parce qu'elles veulent travailler et la Ville parce qu'elle veut réaliser cette opération parce qu'elle ne veut pas s'étendre sur les terres agricoles donc il faut densifier dans les 'dents creuses'». Les 'dents creuses' correspondant à des espaces urbains non construits cernés par des bâtiments.

«On rentre chez nous»


«On a décidé de ne pas laisser s'instaurer l'anarchie à Dijon. (…) Je suis pour dialoguer, ce que j'ai fait sur les Lentillères mais on ne va pas le faire partout où on va aménager l'espace urbain qui nous appartient. On a besoin de faire travailler les gens, de construire des logements» déclare François Rebsamen.

Le maire de Dijon ne prévoit pas de mobiliser éventuellement la police nationale pour de prochaines opérations de travaux : «on rentre chez nous, sur un terrain qui n'est pas construit on a le droit d'occuper un terrain vague qui nous appartient (…) et de mettre des engins dessus».

«Ce serait un curieux renversement des choses si maintenant vous avez un jardin, quelqu'un vient s'installer et dit 'c'est mon jardin', ce n'est pas la même société» insiste le membre du Parti Socialiste.

Stéphanie Modde, «coauteure» du projet


À son tour, François Rebsamen réagit aux propos du groupe des Écologistes et citoyens au conseil municipal, conduit par Stéphanie Modde : «c'est Stéphanie Modde qui a demandé à Pierre Pribetich de prendre en compte un grand aménagement de jardin pour que ce soit un beau projet». «Qu'elle aille donner des conseils à la maire de Besançon qui en a bien besoin d'après ce que j'ai compris» ajoute le maire de Dijon.

Membre d'Europe Écologie Les Verts, tout comme Stéphanie Modde, Anne Vignot a été élue maire de Besançon en juin dernier et doit faire face à la contestation d'un projet d'écoquartier sur les anciennes terres maraîchères des Vaîtes.

Jean-Christophe Tardivon