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17/11/2020 10:40

DIJON : François Rebsamen attaque Gilles Platret pour diffamation

L'annonce a été faite avant le conseil municipal de ce lundi 16 novembre. Durant l'assemblée, François Rebsamen a défendu Mohamed Ateb, déclarant que «la République n'a rien à craindre de l'islam de France».

En marge du conseil municipal de ce lundi 16 novembre 2020, François Rebsamen a annoncé déposer plainte contre Gilles Platret. Le premier est membre du Parti Socialiste et maire de Dijon, le second est membre des Républicains et maire de Chalon-sur-Saône.

Le contentieux provient de la reprise par Gilles Platret d'un article de Global Geo News évoquant la Bourgogne comme «le laboratoire des Frères musulmans français» (lire notre article). «Ce n'est pas parce qu'un site complotiste dit que je veux faire la charia que ça devient une vérité donc je porte plainte contre Monsieur Platret pour diffamation».
«Je passe sur ce triste personnage qui pense qu'il peut récupérer les voix de l'extrême-droite» a ensuite considéré François Rebsamen en se référant aux propos tenus par Julien Odoul ce lundi matin lors de la session du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté (lire notre article). «Le maire de Chalon cherche à se faire de la notoriété sur mon dos parce qu'il est candidat aux régionales» a analysé le maire de Dijon.

«Le piège que tendent les complotistes, (…) c'est justement de laisser penser que si vous ne réagissez pas, ils ont raison» a déclaré François Rebsamen qui ne prévoit pas de déclencher de contentieux avec le média en question.

Revenant sur la politique locale, François Rebsamen a alors ajouté que Gilles Platret avait «deux petits serviteurs zélés au conseil municipal. Il s'agit de Monsieur Bichot et de Monsieur Bourguignat qui, lui, pense que l'on va installer un califat à Dijon. On est dans le plein délire». Le maire de Dijon précise alors qu'il ne s'est jamais rendu aux réunions de l'association de la Jeunesse musulmane de France en Bourgogne tandis que Laurent Bourguignat participait. François Rebsamen a donc décidé de qualifier le groupe d'opposition Agir ensemble pour Dijon de «droite extrême».

Actualisé le 17 novembre 2020 :

Durant l'assemblée, François Rebsamen a cette fois défendu Mohamed Ateb, président de la dite association. S'adressant au groupe d'opposition conduit par Emmanuel Bichot : «je vous indique que Monsieur Ateb est aujourd'hui le correspondant pour la préfecture de la religion musulmane». Mohamed Ateb interviendrait sur les relations interreligieuses aux côtés de l'archevêque, d'un pasteur et d'un rabbin.

«Je m'honore de savoir que Monsieur Ateb est venu manifester avec les Français et les citoyens contre les terroristes» a alors lancé François Rebsamen. Mohamed Ateb étant effectivement à l'hommage républicain et citoyen rendu le 18 octobre 2020, place de la République à Dijon (lire notre article). De plus : «il était contre les terroristes du Bataclan et il est venu dans la cour de la mairie honorer la mémoire de Monsieur Samuel Paty» indique le maire en référence à des vidéos circulant sur les réseaux sociaux.

François Rebsamen élargit alors le débat : «vous pouvez transformer tous les musulmans en terroristes, vous ne faites pas œuvre utile pour notre société. La République s'honore de respecter toutes les religions qui respectent la République. La République n'a rien à craindre de l'islam de France».

La polémique est revenue plusieurs fois dans les débats comme pour souligner une dimension excessive aux propos tenus. Alors que le groupe d'opposition Agir ensemble pour Dijon demandait à ce qu'un de ses membres soit désigné président de la commission des finances (c'est le cas à la Région : l'opposition préside cette commission), cela a fait l'objet d'une contre-attaque de François Rebsamen : «vous pensez que je veux installer la charia à Dijon, voire le califat, qu'est-ce que vous voulez que je vous confie la commissions des finances ?». Et de d'ajouter : «si vous étiez une opposition responsable, j'aurais dit oui».

Jean-Christophe Tardivon

Actualisé le 17 novembre 2020 :

Post-conseil, Emmanuel Bichot réagit aux propos que lui attribue François Rebsamen : «je tiens à préciser que je n’ai jamais employé personnellement ces termes dernièrement (califat, charia)». Le président du groupe d'opposition Agir ensemble pour Dijon ajoute que si Laurent Bourguignat, membre du groupe municipal, a parlé de «califat» sur les réseaux sociaux, c'était à l'encontre de l'organisation des Frères musulmans. Emmanuel Bichot et Laurent Bourguignat tiennent à le faire savoir : «nous ne nous reconnaissons pas dans les propos ou pensées déformés que nous attribuent publiquement, dans des effets de manche, le maire de Dijon qui préfère ne pas répondre aux questions posées».

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