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25/08/2022 17:12
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DIJON : François Rebsamen compte végétaliser les cours d'écoles «bétonnées»

«Pour que l'écologie soit quelque chose de partagé par les milieux populaires, il faut absolument que cela leur apporte du pouvoir d'achat», a déclaré le maire de Dijon, ce jeudi 25 août, en visitant des écoles en cours de rénovation.
«L'urgence climatique est là», a déclaré François Rebsamen (PS, Fédération progressiste), maire de Dijon, en visitant ce jeudi 25 août 2022 des écoles en travaux dans le cadre du plan «Ambition éducative 2030» assorti de 75 millions d'euros sur dix ans.

Le maire de Dijon a ainsi revendiqué ainsi «une sorte de plan marshall pour nos écoles» : «on a à utiliser ces crédits le mieux possible pour lutter contre le réchauffement climatique et permettre à ces enfants de faire leur scolarité dans les meilleures conditions.»

«On va commencer par aménager, améliorer, végétaliser des cours d'écoles. Certaines écoles sont, aujourd'hui, complètement bétonnées donc il faut absolument les transformer : végétaliser, planter et permettre à un projet de s'élaborer avec les enseignants, les enfants eux-mêmes».


Agir sur le pouvoir d'achat pour que les catégories populaires «s'emparent» de l'écologie


«Dijon, c'est la première ville écologique de France. C'est une ville qui se préoccupe réellement de lutter contre le réchauffement en ne rejetant plus de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, en diminuant bien évidemment notre consommation d'énergie et puis en trouvant de nouvelles sources d'énergie qui soient des énergies propres. Ça sera le cas avec les bus et bennes à ordures ménagères à hydrogène qui vont être en fonction dans les 5-6 années qui viennent. Ça sera le cas avec le réseau de chaleur qui protège aujourd'hui près de 55.000 habitants et qui leur garantit des coûts de chauffage nettement moindre qu'autrement. Nous agissons tous azimuts», a-t-il développé.

Le maire a insisté sur les économies induites par le raccordement au réseau de chaleur urbain : «pour que l'écologie soit quelque chose de partagé par les milieux populaires, il faut absolument que cela leur apporte du pouvoir d'achat.  Si c'est pour les pénaliser, ça ne marchera pas. Pour que les gens puissent s'en emparer, il faut que ce soit un plus pour eux». Une troisième chaufferie biomasse serait en réflexion.

Objectif neutralité carbone en 2035


Pour la revendication de la commune en tant que «première ville écologique de France», le premier édile s'est appuyé sur les «trois fois vingt» : «l'engagement que l'on avait pris pour 2020, c'est à dire 20% de moins de rejet de gaz à effet de serre – c'est déjà accompli –, 20% de mix énergétique – c'est déjà accompli –, et puis, nous n'avons pas encore atteint cela mais on va le faire, la diminution de la consommation énergétique».

«L'objectif est d'atteindre à l'horizon 2035 – c'est demain – la neutralité carbone, c'est un engagement fort que nous prenons», a-t-il souligné.

«Dijon est déjà très végétalisée»


En lien avec la désimperméabilisation des cours d'école, le maire a défendu la végétalisation de la commune : «Dijon est déjà très végétalisée». «Dijon est la ville de France qui compte le plus de mètres carrés d'espace vert par habitant. Il faut le rappeler parce qu'il y a des campagnes de dénigrement qui se font sur des constructions de logements mais il faut tout à la fois des logements pour permettre à ceux qui en ont besoin de pouvoir se loger – à tout le monde dans la ville et pas uniquement aux plus aisés – et puis il faut également, en même temps, prendre en compte les évolutions climatiques.»

«Merci l'Europe !»


Certains projets sont financés totalement sur le budget de la Ville, d'autres bénéficient de subventions ponctuelles – comme celles d'agence de l'eau – et d'autres encore sont accompagnés dans un cadre plus large comme celui de RESPONSE où s'additionnent les financements de la Ville, de la Région, de l’État et de l'Union européenne.

Dans ce cas, François Rebsamen a dit «merci l'Europe !» en visitant le groupe scolaire Buffon qui produira, après rénovation, plus d'électricité qu'il n'en consomme.

«C'est une d'abord une priorité communale, dans toutes les villes de France, mais nos finances communales ne permettent pas de tout faire tout seul donc c'est un appel à des projets qui sont co-construits avec des collectivités selon leur compétence, en l’occurrence la Région pour l'aide à [l'isolation], la France pour des grands chantiers de rénovation énergétique des bâtiments (…) et l'Europe qui est sur l'innovation», a indiqué le maire de Dijon.

Concernant l'échelle européenne, François Rebsamen a fait son deuil du prix de la Capitale verte, Dijon étant arrivée deuxième pour l'édition 2022, derrière Grenoble, administrée par l'écologiste Éric Piolle (EELV). La place sur le podium et la possibilité d'afficher ainsi le macaron «Capitale verte européenne» semblent lui suffire. «On a appris de comment il fallait faire pour gagner donc, maintenant, on ira sur d'autres concours et on gagnera», a-t-il déclaré.

«La fin de l'abondance pour ceux qui en surprofitent»


François Rebsamen a également rebondi sur les propos d'Emmanuel Macron concernant une «fin de l'abondance» : «il y a deux manières de réagir à cette déclaration. La première, c'est celle que j'ai entendue, tenue par la NUPES, c'est de dire 'non mais, pourquoi il dit ça, il y a neuf millions de pauvres dans ce pays, etc.'. Oui, il y a des gens qui sont aujourd'hui en difficulté dans le pays et nous faisons tout pour les aider dans nos communes et au niveau national aussi. Ce misérabilisme n'est pas juste aujourd'hui».

«Il faut considérer que ce doit être la fin de l'abondance pour ceux qui en surprofitent et qui en abusent. Pour ceux qui sont aisés, très aisés, il faut qu'ils participent à l'effort collectif. J'ai pris ça pour une bonne mesure. J'attends maintenant concrètement les décisions. Il faut qu'on surtaxe ceux qui sont les plus riches. Il ne faut pas hésiter. Il faut que Total Energies participe également à l'effort par les surprofits, qu'ils soient redistribués au profit des plus défavorisés», a-t-il ajouté.

La maire a finalement résumé son point sur la notion d'abondance : «la sobriété énergétique, bien sûr, il faut surveiller cela mais c'est un tout aujourd'hui la lutte contre le réchauffement climatique. Il faut arrêter avec le gigantisme de ces bateaux croisière qui produisent plus de pollution d'un million de voitures. Tout le monde doit prendre sa part mais surtout ceux qui ont le plus de moyens de le faire».

Propos recueillis par Jean-Christophe Tardivon

François Resbamen a visité des chantiers de rénovation d'écoles



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