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23/03/2021 01:58

DIJON : François Rebsamen «condamne» le dépôt de carcasses de brebis sur la voie publique

Le groupe des Écologistes et citoyens a lancé la balle, François Rebsamen l'a reprise au bond lors du conseil municipal du lundi 22 mars. Alors que des éleveurs ont déposé dans les rues des dépouilles de brebis présumées victimes d'attaque de loup, le maire de Dijon «condamne avec la plus grande fermeté cette violence inadmissible».
Tout a commencé par une question orale du groupe des Écologistes et citoyens posée à la fin du conseil municipal ce lundi 22 mars 2021. Au micro, Fabien Robert, membre de l'Alliance Écologiste Indépendante (à présent Cap Écologie) et président de l'association Combactive. Cette association de défense de la cause animale se dit favorable au «retour du loup chez lui» (lire notre article).

Les samedis 13 et 20 mars derniers, des éleveurs ont déposé à l'improviste dans les rues de Dijon des dépouilles de brebis égorgées et à moitié dévorées. Rapidement, l'association Combactive a indiqué vouloir porter plainte pour trouble à l'ordre public (lire le communiqué).

Du point de vue des éleveurs, il s'agit d'une démarche pour protester contre les attaques présumées de loup. Le samedi 13 mars, environ 70 éleveurs se sont rassemblés place de la République à Dijon avant d'aligner neuf brebis mortes devant l'entrée de la préfecture de la Côte-d'Or et d'en laisser quatre sur la place. Le samedi 20 mars, en plein après-midi, cinq cadavres d'ovins étaient déposés brièvement devant l'entrée principale du jardin Darcy.

«Dépasser le débat pour ou contre le loup»


Fabien Robert n'y va pas par quatre chemins, évoquant «une prise d'otages de la population» et «un trouble grave à l'ordre public». Selon l'écologiste, «il est irresponsable de déposer volontairement des animaux morts sur la voie publique en période de pandémie».

Par sa question orale, l'élu d'opposition invite l'assemblée municipale à se questionner dans le cadre des politiques de biodiversité et d’agriculture urbaine sur le retour du loup, «un signal très positif face à la dégradation actuelle de la biodiversité». Il invite les élus à «dépasser le débat pour ou contre le loup».

Concrètement, la question au maire de Dijon porte sur l'impact sur la collectivité de «cet acte odieux» vu comme du «pur et simple vandalisme», lors d'un «samedi d'horreur à Dijon, place Darcy à une heure de très grand passage». Combien d'agents ont-ils été mobilisés ? Quel est le coût pour la collectivité ?

«Le dépôt de cadavres d'animaux est juridiquement sanctionnable»


«Je condamne avec la plus grande fermeté cette violence inadmissible», déclare alors François Rebsamen (PS). Le maire de Dijon tisse ensuite le fil des événements pour mieux revenir sur les différentes responsabilités.

La manifestation des éleveurs le 13 mars dernier a été «encadrée par la police» et une délégation a été reçue en préfecture. «Il a été constaté que les carcasses ont été laissées place de la République», indique le maire de Dijon, ajoutant que «le dépôt de cadavres d'animaux est juridiquement sanctionnable».

«L'élimination de cadavres d'animaux de plus de 40 kilos relève de la compétence de l’État», précise le premier édile, «les éleveurs ont quitté les lieux de la manifestation, les services de la Ville ont informé les services de la préfecture et ont demandé l'intervention des services de l’État pour que vienne un équarrisseur, malheureusement sans résultat».

«Que l’État assume ses compétences»


«Les services de la ville ont tenté de faire appel à plusieurs équarrisseurs. (...) Les services de la Ville ont procédé à l'enlèvement des carcasses dans des conditions difficiles. Quatre agents et un encadrant ont été mobilisés un samedi durant deux heures», explique François Rebsamen qui pose la question d'«une astreinte d’équarrissage organisée par l’État» car «il risque d'y avoir d'autres manifestations».

Sans doute échaudés, la réaction des services de la préfecture a été quelque peu différente le samedi 20 mars dernier : la préfecture est intervenue pour «que ceux qui avaient déposé les carcasses viennent eux-mêmes les récupérer». La Ville n'a pas identifié les auteurs mais a alerté la préfecture. «Je souhaite qu'ils relèvent l'infraction. Nous sommes en contact avec l’État pour que l’État assume ses compétences», insiste François Rebsamen, ajoutant qu'«il n'est pas question que ce soit la ville qui remplace l’État dans cette situation».

Jean-Christophe Tardivon

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Action du 13 mars 2021 devant la préfecture à Dijon (DR)

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