
Ce vendredi 21 novembre, le président de la Métropole de Dijon a retracé «une véritable saga dijonnaise». «Les métiers du BTP créent des liens, connectent les gens, relient les villes aux campagnes», a souligné le nouveau chevalier, président de l'entreprise familiale Roger Martin.

La promotion du 14-Juillet a fait Vincent Martin chevalier de la Légion d'honneur parmi le quota de François Rebsamen (FP), alors ministre de l'Aménagement du territoire, qui a lui-même remis les insignes à l'impétrant, ce vendredi 21 novembre 2025, lors d'une cérémonie organisée à l'Hôtel de Ville de Dijon.
Dans la salle de Flore du palais des ducs de Bourgogne, étaient présents notamment Nathalie Koenders (PS), maire de Dijon, Paul Mourier, préfet de la Côte-d'Or, Océane Godard (PS), députée de la Côte-d'Or, Michel Neugnot (PS), vice-président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Alain Grizaud, président de la Fédération nationale des travaux publics, Pierre Massy, président de l'École d'Application aux travaux Publics – localisée à Égletons –, ainsi que plusieurs maires côte-d'oriens, élus dijonnais, représentants de la section de la Côte-d'Or de la Société des membres de la Légion d'honneur et entrepreneurs du territoire.
Président d'une entreprise familiale employant 2.600 salariés
Âgé de 51 ans et né à Dijon, Vincent Martin représente la quatrième génération à conduire, avec sa sœur, l'entreprise familiale fondée par Eugène Martin, en 1895. Roger, grand-père de Vincent Martin, a donné le nom que la société porte actuellement.
Titulaire d'un BTS Travaux publics au lycée des Marcs d'or, Vincent Martin enchaîne les études avec l'École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l'industrie et devient ingénieur. Il passe deux ans au sein d'Eiffage avant d'intégrer l'entreprise familiale pour devenir directeur général, en 2004, puis président, en 2012.
L'entrepreneur développe alors l'activité par de la croissance externe – y compris en dehors de la Bourgogne – et par de la diversification. Aujourd'hui, le groupe Roger Martin s'occupe de travaux publics, d'industrie, d'énergie et de promotion immobilière.
En dix ans, le chiffre d'affaires annuel et le nombre d'employés ont été multipliés par trois pour atteindre respectivement 550 millions d'euros et 2.650 salariés.
Le groupe continue de recruter des maçons, des constructeurs d'ouvrages en béton, des constructeurs de routes, des canalisateurs ou encore des conducteurs d'engins, des techniciens du bâtiment, des agents de maintenance ou encore des monteurs de réseaux.
Par ailleurs, Vincent Martin exploite, avec son épouse Catherine, le domaine de la Pinte qui produit notamment des vins d'Arbois bio. Là aussi, le domaine viticole jurassien repris par son grand-père a été diversifié pour investir le secteur de l’œnotourisme.
De plus, l'entrepreneur est impliqué dans la vie du territoire au travers de la Fédération régionale des travaux public. Il préside également le Club des entreprises de taille intermédiaire de Bourgogne-Franche-Comté et le Circuit Dijon-Prenois.
«Une véritable saga dijonnaise»
«Le groupe Roger Martin est, sans conteste, le couteau suisse des collectivités», résume François Rebsamen qui retrace ainsi «une véritable saga dijonnaise».
Le président de la Métropole de Dijon a à cœur d'«honorer un parcours remarquable» en décernant à Vincent Martin «la juste reconnaissance républicaine de [son]e engagement et de [son] travail au service de nos territoires et de leurs développements».
Dans son propose, l'élu progressiste fait l'éloge de «[la] capacité à anticiper les mutations économiques et technologiques, à lire et à faire attention aux signaux faibles, à saisir les opportunités et à les transformer en réalité de croissance».
Deux bâtisseurs à l'honneur
«L'entreprise Roger Martin s'impose comme un partenaire fidèle qui accompagne notre territoire dans son développement», poursuit François Rebsamen. «Notre métropole et notre ville peuvent, en effet, compter sur votre expertise exceptionnelle – celle de vos collaborateur, vos ingénieurs –, votre expérience, votre capacité d'innovation pour mener à bien les plus grandes transformations. (… ) Vous êtes de tous les grands projets qui ont donné à notre ville, à notre territoire, le visage qu'il est aujourd'hui fier d'afficher.»
«Ce n'est donc pas un hasard si vous êtes de ceux que l'on nomme bâtisseurs», souligne-t-il, «d'ailleurs, je me permet de m'attribuer ce titre». «Nous avons ce point commun.»
L'engouement pour la course automobile
«La voiture ne peut remporter la course sans un pilote capable d'en dévoiler toute sa puissance, et d'en tirer le meilleur», enchaîne François Rebsamen dans une métaphore filée sur le thème de la course automobile, autre passion de l'impétrant.
«Il s'agit de devoir loin, au-delà des inconvénients et des virages présents, de maintenir, à chaque instant, entre ligne droite et virages serrés, le juste équilibre nécessaire entre l'audace et la prudence», conclut l'orateur, «pilote ou propre comme au figuré, aussi performant que passionnée, entrepreneur fidèle, bâtisseur exigeant, voilà les nobles facettes de l'homme que nous honorons ce soir».
«C'est papa qui m'a transmis la passion des travaux publics»
Très applaudi, et très ému, le nouveau chevalier exprime d'emblée une pensée particulière pour sa famille : «C'est papa qui m'a transmis la passion des travaux publics, le respect du travail bien fait, le sens des responsabilités et cette conviction que rien ne se construit seul». «Il était chevalier, puis officier de la Légion d'honneur ; cette distinction avait, pour lui une signification toute particulière.»
«J'ai très tôt compris que les métiers du BTP n'étaient pas des métiers comme les autres», poursuit l'entrepreneur, «ils créent des liens, connectent les gens, relient les villes aux campagnes». «Ils sont un l'engagement pour la société. Les travaux publics, c'est un métier d'effort, de précision, de solidarité et de transmission.»
Après avoir salué les salariés de l'entreprise, Vincent Martin évoque l'esprit qui l'anime au sein des organisations professionnelles qu'il préside : «valoriser nos entreprises, essentiellement familiales, encourager les initiatives et faire rayonner les médias essentiels au progrès et à l'économie de notre pays». À cela, s'ajoute «la transmission du savoir et des valeurs à ceux qui construirons le monde de demain».
Une décoration dédiée «à tous ceux qui s'engagent pour faire avancer notre pays»
«Oui, ce soir, je reçois cette décoration républicaine avec reconnaissance et émotion», conclut Vincent Martin, «je la reçois au nom d'une famille, d'une entreprise, d'une équipe, d'un territoire». «Je la dédie à mes parents, à mon épouse, à mes enfants et à tous ceux qui vont ensuite le goût de l'effort, du partage et du travail bien fait. Je la dédie également à tous ceux qui, chaque jour, construisent, innovent et s'engagent pour faire avancer notre pays.»
La cérémonie s'est poursuivie par un temps de convivialité où, une fois n'est pas coutume, les invités ont pu déguster des vins du Jura ainsi que, bien sûr, des jus de fruits locaux, tout en félicitant le nouveau chevalier.
Jean-Christophe Tardivon































