Recherche
POUR JOINDRE INFOS-DIJON
redaction.infosdijon@gmail.com (à privilégier)
SMS et MMS au 07 86 17 77 12
> Vie locale > Vie locale
10/12/2020 14:06

DIJON : «Il est très important que les élèves se saisissent de ces questions sur la laïcité», dit la rectrice Nathalie Albert-Moretti

La rectrice de l’académie de Dijon s’est rendue au collège Jean-Philippe Rameau à Fontaine d’Ouche à l’occasion de la journée de la laïcité. Celle-ci a été réaffirmée avec les élèves tel un principe fondateur de la République de même qu’une garantie des libertés de chacun.

«Au sein de l’établissement, au quotidien, on se bat pour ça. On n’attend pas un événement, un incident, un drame», tels ont été notamment les propos de Jérôme Naime, principal du collège Jean-Philippe Rameau à Dijon, plus précisément situé dans le quartier de Fontaine d’Ouche. Des propos donnant la teneur de la visite de Nathalie Albert-Moretti, rectrice de l’Académie de Dijon, ainsi que de toute une délégation du rectorat ce mercredi, dont Pascale Coq, inspectrice académique de la DASEN en Côte-d’Or, et Frédéric Battle, référent Valeurs de la République-Laïcité pour l’académie de Dijon.

«À partir de là, l’État va être indépendant de toute religion»


Après la présentation du projet Kaléidoscope - mené en partenariat avec les collèges Clos de Pouilly de Dijon et Lazare Carnot de Nolay (plus d’informations en cliquant ici), c’est l’écoute d’une vingtaine de minutes d’un cours d’histoire qui était au programme de la matinée.
En ce 9 décembre, journée de la laïcité faisant référence à la loi de 1905, en s’adressant à ses élèves de 3ème, Romain Henry est même remonté aux textes de 1882 (obligation de l’enseignement primaire) en insistant sur le fait que «l’école a pour mission de former les citoyens».
Est venu alors le point sur la loi du 9 décembre 1905 portant sur la séparation des Églises et de l’État. «À partir de là, l’État va être indépendant de toute religion», a rappelé l’enseignant, en demandant ensuite aux élèves une définition aux élèves. Réponse : «On a le droit d’exercer notre religion sans la montrer au public».

«Oui, sans la montrer dans la sphère publique, comme ici au collège», a quelque peu rectifié Romain Henry, en ajoutant : «La République est indépendante de toutes les religions mais elle les protège». Cela avant de présenter aux collégiens un texte de Robert Badinter : «Liberté, Égalité, Laïcité».

«La laïcité est très protectrice»


Attentive à un cours «de qualité», la rectrice de l’académie de Dijon a terminé sa visite en se livrant à un entretien, face à trois apprentis journalistes de l’option Média, ouverte au collège Rameau aux élèves de 5ème, 4ème, 3ème depuis cette année. Des réglages sonores aux échanges avec les invités, les collégiens sont à la manoeuvre dans leur studio aménagé dans une salle attenante au CDI. Une vingtaine d’élèves profite de l’option.

La séquence avec Nathalie Albert-Moretti a vu les élèves revenir sur le thème de la journée. «Pour vous, qu’est-ce que la laïcité ?», ont-ils demandé à la rectrice. «C’est un grand principe inscrit dans un texte qui est le plus important de notre République, la Constitution, puisque le premier article nous dit que notre République est laïque. Autrement dit, elle protège la liberté de croire en ce que l’on souhaite mais elle encourage aussi la liberté de ne pas croire, voire de changer de religion. La laïcité est très protectrice car elle porte en elle l’idée de liberté mais aussi d’égalité. C’est ne pas mettre en premier ce qui nous différencie mais plutôt ce qui nous réunit».

À l’issue de son parcours au collège Rameau, établissement que son équipe tenait à saluer pour son engagement et ses projets autour de la laïcité, Nathalie Albert-Moretti a donc tenu à rappeler ce que celle-ci signifie, en insistant à la fois sur la conception française de «laïcité-neutralité» et sur le cadre que doit imposer l’école : «L’école doit être un espace neutre, je ne dois pas faire pression sur les autres en affichant ma religion et en essayant de les convaincre que c’est la bonne».

«On ne peut pas s’arrêter là»


Ne pouvant omettre le fait que cette journée était empreinte «d’une émotion particulière» en référence à l’assassinat de Samuel Paty et à l’attentat à Nice, Nathalie Albert-Moretti rebondit aussi en affirmant que le travail sur la laïcité dans le cadre scolaire ne date pas d’hier : «On ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé et on ne peut pas s’arrêter là. On forme des citoyens. Ce sont eux qui vont fabriquer le monde de demain. Il est très important qu’ils se saisissent de ces questions sur la laïcité».

Selon la rectrice, les supports mis à disposition des enseignants, «sur Educscol par exemple», ne manquent pas, «des supports qui peuvent nourrir l’enseignement autour de la laïcité, faire travailler sur le vivre ensemble et ce qui nous unit. Le mois de novembre a été très riche sur ce point-là».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier