
«On ne peut pas se permettre que l'année 2026 soit une année blanche sur l'investissement», a déclaré le président de l'AMF 21 Ludovic Rochette, lors de son discours inaugural, ce jeudi 4 décembre. L'enjeu de l'investissement public a été souligné également par le président de la Métropole de Dijon François Rebsamen.

L'AMF 21 a conduit une inauguration particulièrement efficace, ce jeudi 4 décembre 2025, pour la 23ème édition du Salon des maires de la Côte-d'Or, au parc des expositions de Dijon. Durant deux jours, jusqu'à 5.000 visiteurs sont attendus auprès des 140 exposants, «un record».
Un période de pré-campagne électorale, la parole des maires est relativement contrainte. Aussi, Ludovic Rochette (HOR), maire de Brognon et président de l'association des maires de la Côte-d'Or (AMF 21), a retenu un format condensé pour la cérémonie inaugurale : un seul discours, au ton général sur le budget 2026. Déambulation comprise, l'inauguration a duré une heure.
Ont participé notamment Nathalie Koenders (PS), maire de Dijon, Paul Mourier, préfet de la Côte-d'Or, les députés Océane Godard (PS), Catherine Hervieu (LE) et René Lioret (RN), Patrick Molinoz (PRG), vice-président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, François-Xavier Dugourd (LR), vice-président délégué du Département de la Côte-d'Or, François Rebsamen (FP), président de la Métropole de Dijon, ainsi que de nombreux maires dont Bruno Bethenod, maire d'Arceau et président de l'association des maires ruraux de la Côte-d'Or.
Brève histoire de l'inauguration
Syndicat d'énergie SICECO, services déconcentrés de l’État, Village de l'AMF 21... la déambulation inaugurale a démarré de façon classique avant de traverser rapidement le salon en faisant étape chez Orvitis, la Fédération régionale des travaux publics, le Département de la Côte-d'Or, le PETR Pays Auxois-Morvan, la Métropole de Dijon ou encore l'Agence régionale du numérique et de l'intelligence artificielle (ARNIA).
Pendant ce temps, l'activité du salon professionnel s'est poursuivit. Les entreprises, syndicats professionnels et services publics présentaient leurs compétences aux maires.
Certaines actions se sont faites plus culturelles avec l'auteure Christiane Perruchot, ancienne journaliste, qui dédicaçait son ouvrage «Histoire(s) de Bourgogne : 1981-2021» sur le stand de la Fédération française du bâtiment (
lire le communiqué) ou encore l'influenceuse la Brunette en cuisine qui partageait des conseils gastronomiques sur le stand de Dijon Métropole.
Messages diffusés au gré de la déambulation
«Le stand de l’État est consacré à la sécurité», a souligné le préfet Paul Mourier pour délivrer un premier message durant la déambulation. «Il n'y a pas de liberté sans sécurité. La sécurité est l'affaire de tous. (…) Il y a bien évidemment la répression mais il y a également la prévention.»
«Nous avons un partenariat solide avec les collectivités locales», a glissé Vincent Martin, président de la fédération régionale des travaux publics Bourgogne-Franche-Comté, «rien ne se fait sans les TP». «Je suis un grand défenseur des collectivités locales.»
«Le lien entre le département et les communes est un lien historique, depuis plus de deux siècles, mais c'est aussi un lien d'actualité et d'avenir», a considéré François-Xavier Dugourd. «Nous sommes au service des communes. (…) Nous avons investi pour la fibre en Côte-d'Or. (…) Aujourd'hui, à travers l'intelligence artificielle et le numérique, nous proposons aux communes à la fois d'être des villages connectés, à travers, en particulier, les jumeaux numériques qui permettent de projeter les investissements, (…) et de protéger leurs données, à travers un cloud numérique.»
«En 2002, avec Louis de Broissia [NDLR : alors président du Département de la Côte-d'Or], nous avons lancé le Salon des maires», a rappelé François Rebsamen, «que de chemin parcouru depuis». «En 2002, les entreprises n'étaient pas là ; aujourd'hui, le monde économique vient ici pour montrer son savoir-faire. (…) Il faudra continuer à investir, à condition que l’État ne nous plume pas trop !»
«L’État accompagne les maires [et les intercommunalités] partout en France», s'est félicité le président de la Métropole de Dijon. «La Métropole provoque quelques jalousies, à tort», a-t-il déploré, «c'est un territoire qui investit au service des habitants, qui investit beaucoup et qui investira plus dans les prochaines années».
«C'est de l'ordre de 800 millions d'euros que nous aurons à investir si nous voulons répondre aux besoins des travaux publics, des entreprises locales et surtout des habitants», a-t-il estimé. «La main dans la main, la Côte-d'Or, la Région, les maires, nous allons faire du bon travail».
«Dijon est la capitale de notre belle région Bourgogne-Franche-Comté, de la Côte-d'Or aussi», a enchaîné Nathalie Koenders, «elle rayonne grâce à ses habitants, mais aussi grâce aux habitants de la métropole et au-delà parce que c'est là qu'il y a les activités économiques».
«C'est du gagnant-gagnant : la Ville a besoin des communes rurales parce que [leurs] habitants viennent travailler à Dijon, viennent consommer, et donc contribuent à l'attractivité économique. En même temps, la ruralité a besoin de Dijon. On a toutes les charges de centralité : c'est là où il y a le CHU, les équipements culturels, les équipements sportifs», a-t-elle développé. «Vive l'énergie de la ville et vive l'authenticité de la campagne», a conclu François Rebsamen.
Président de l'ARNIA Bourgogne-Franche-Comté, Patrick Molinoz a également défendu «l'intelligence artificielle au service des communes». «Aucune commune ne peut s'en sortir seule. L'agence régionale mutualise, s'intègre avec les outils de l’État et offre, à tous les maires des solutions simples et sécurisés et peu coûteuses. C'est ensemble et par la mutualisation que nous pouvons dépasser les difficultés du moment.»
«On ne peut pas se permettre que l'année 2026 soit une année blanche sur l'investissement»
«Encore plus qu'avant, les entreprises ont besoin de rencontrer les élus pour des marchés», a relayé Ludovic Rochette lors du seul discours inaugural. «C'est un vrai message que je veux adresser : on ne peut pas se permettre que l'année 2026 soit une année blanche sur l'investissement».
«On sait que la situation est compliqué, on sait que c'est une année électorale où, généralement, l'investissement public est un peu plus faible», a développé le président de l'AMF 21, «notre responsabilité est vraiment d'essayer d'avoir un rythme d'investissement soutenu sous conditions d'avoir les moyens financiers de pouvoir assumer ces investissements».
«J'ai un message bien sûr à adresser à l’État mais principalement à celles et ceux qui votent le budget : c'est surtout de ne pas oublier les collectivités locales, de nous laisser des capacités d'investissement parce que, sinon, les conditions seraient très très très graves», a-t-il ajouté.
Plaidoyer pour les maires sortants
«Notre salon doit avoir un message d'optimisme auprès de nos habitantes, de nos habitants, auprès des entreprises, pour montrer qu'on est là, qu'on tient», a assuré Ludovic Rochette, «celles et ceux qui se représenteront, celles et ceux qui seront nouvellement élus auront la responsabilité de tenir encore».
«Le mandat 2020-2026 est un mandat comme on a jamais vu, un mandat très dur qui a été une succession de crises», a analysé le président de l'AMF 21 en évoquant les démissions de maires. «Les femmes et les hommes qui ont été aux manettes de communes et d'intercommunalités pendant tout ce mandat sont sûrement des femmes et des hommes qui auront des caractères assez particuliers, qu'auront une carapace et sûrement qu'il va falloir compter sur eux pour le prochain mandat.»
Après un détour par le stand voisin de la Banque des territoires, la déambulation inaugurale s'est terminée sur le stand de la Métropole de Dijon pour un moment de convivialité.
Jean-Christophe Tardivon





































