Recherche
Pour nous joindre
redaction.infosdijon@gmail.com
SMS au 07.86.17.77.12
> Vie locale > Vie locale
18/06/2026 19:27

DIJON : Inauguration de stèles en mémoire des Compagnons de la Libération de la Côte-d'Or

«Les jeunes, n'oubliez pas que l'on n'a pas besoin d'être âgé pour faire des prouesses», a lancé la préfète Violaine Démaret aux collégiens présents, ce jeudi 18 juin. «La Côte-d'Or a payé le prix du sang durant cette période sombre de notre histoire», a rappelé l'élu gaulliste François-Xavier Dugourd.
La Journée nationale commémorative de l’appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l’ennemi, le 18 juin 1940, a pris une tonalité particulière, ce jeudi 18 juin 2026, à Dijon, avec l'inauguration de trois stèles dédiées à des résistants côte-d'oriens.

La cérémonie a été présidée par Violaine Démaret, préfète de la Côte-d'Or, et s'est déroulée en présence notamment d'élèves des collèges Jean-François Champollion et Saint-Joseph.

Participation de plusieurs associations mémorielles de combattants et de résistants


Dans le rang protocolaire, se trouvaient les députés Pierre Pribetich et Catherine Hervieu, Anne-Catherine Loisier, sénatrice de la Côte-d'Or, François-Xavier Dugourd, vice-président délégué du Département de la Côte-d'Or, Jean-Philippe Morel, adjoint au maire de Dijon, le général de division Christophe Husson, commandant de la région de gendarmerie Bourgogne-Franche-Comté, le lieutenant-colonel Gilbert Antchandiet-N'Komah, délégué militaire départemental adjoint, le commandant Ludovic Duez, représentant le commandant de l’École de gendarmerie de Dijon, le commissaire divisionnaire Frédéric Vincent-Genod, directeur interdépartemental de la Police nationale de la Côte-d'Or, et le lieutenant-colonel Olivier Roy, représentant le directeur du SDIS 21.

Parmi les associations patriotiques et mémorielles, Claude Brochot, président de Fidélité au général de Gaulle était présent au côté des autorités mais, pour raison de santé, a été représenté par Michel Chaumel au moment du dépôt de la gerbe de fleurs commune avec les représentants de l'association nationale des Anciens de la 2ème division blindée, de l'amicale des Anciens de la Ière division des Français libres, l'association du Souvenir de la Résistance, l'association des Familles de Compagnons de la Libération et de l'association des nationale des Descendants des Médaillés de la Résistance française.

«L'Appel du 18-Juin nous élève à la hauteur d'une exigence»


Une commémoration classique de l'Appel du 18-Juin a constitué la première séquence de la cérémonie. Martin Mathurin, étudiant en licence de sciences et techniques des activités physiques et sportives de l'Université Bourgogne Europe – également porte-drapeau et ancien cadet de la gendarmerie –, a lu le texte de l'appel du général de Gaulle diffusé sur les ondes de la BBC, depuis Londres, le 18 juin 1940.

Ensuite, Violaine Démaret a relayé le message officiel d'Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants.

«À l'heure où le monde est à nouveau travaillé par la tentation de la force brute, l'Appel du 18-Juin nous élève à la hauteur d'une exigence : ''notre peuple n'est jamais aussi grand que lorsqu'il refuse la défaite de l'esprit et se donne les moyens de défendre sa liberté''», a souligné la ministre (lire ci-dessous).

Les représentants des associations patriotiques et les autorités ont alors successivement déposé des gerbes de fleurs au pied du monument inspiré de la croix de Lorraine – Violaine Démaret a invité son prédécesseur, le préfet Paul Mourier, à l'accompagner dans ce geste républicain – puis ont retenti la sonnerie «Aux Morts», «La Marseillaise» et «Le Chant des partisans».

Un nouveau lieu de mémoire


La seconde séquence a consisté en l'inauguration de trois stèles reprenant l'esthétisme du monument de la France libre et dédiées à la mémoire des 24 Compagnons de la Libération originaires de la Côte-d'Or et des nombreux Médaillés de la Résistance française du département.

«À travers eux, c'est la mémoire de toutes celles et tous ceux qui refusèrent l'abaissement de la France, qui choisirent l'engagement plutôt que la résignation et qui contribuèrent – souvent au péril de leur vie – à la reconquête de la liberté nationale que nous honorons aujourd'hui», a déclaré la major Sylvie Dupuy, officiant comme maître de cérémonie.

La Croix de la Libération et la Médaille de la Résistance française constituent les deux plus hautes distinctions créées par le général de Gaulle durant la Seconde Guerre mondial pour saluer l'engagement de celles et ceux qui s'opposèrent à l'Occupation. Elles ont été décernées respectivement à 1.038 et 65.000 personnes.

À l'heure actuelle, il n'y a plus de Compagnons de la Libération en vie et le nombre de Médaillés de la résistance à même de témoigner directement se réduit. 

D'où l'installation de ces stèle dans un nouveau lieu de mémoire, à l'initiative de l'association des Familles de Compagnons de la Libération et de l'association nationale des Descendants des Médaillés de la Résistance française, soutenues par d'autres associations mémorielles, l'office national des anciens combattants et victimes de guerre, la Ville de Dijon et le Département de la Côte-d'Or.

«Se souvenir, c'est comprendre le prix de la liberté»


«L'appel lancé depuis Londres par le général [de Gaulle] fut un acte de foi dans la France, une invitation au courage et un appel à l'espérance», a analysé Jean-Philippe Morel pour qui les distingués en question «ont en commun d'avoir choisi l'engagement plutôt que la soumission, le devoir plutôt que la facilité». 

«Certains combattirent les armes à la main, d'autres renseignèrent, cachèrent, transportèrent, imprimèrent, sabotèrent. Tous savaient les dangers qu'ils encouraient. Beaucoup connurent la déportation, la prison ou la mort», a-t-il listé.

«Se souvenir, c'est transmettre ; se souvenir, c'est comprendre le prix de la liberté et se souvenir, c'est aussi demeurer vigilant face à toutes les formes d'intolérance, de haine et de renoncement», a estimé l'élu radical.

Les faits d'armes des 24 Compagnons de la Libération


«Certains étaient très jeunes quand ils se sont décidés à combattre l'ennemi», a indiqué Charles Bricogne, délégué départemental de l'association des Familles de Compagnons de la Libération, en citant l'exemple de Louis Cortot, devant son fils, qui a rejoint la Résistance en 1941, à l'âge de 15 ans, pour devenir saboteur et maquisard. 

Charles Bricogne a ensuite rappelé brièvement les faits d'armes des autres Compagnons de la Libération dont les noms figurent sur la stèle qui leur est dédiée (lire ci-dessous).

La Côte-d'Or a vu être décernées 726 Médailles de la Résistance française dont 65 à des femmes, comme l'a rappelé Didier Mars, délégué régional de l'association nationale des Descendants des Médaillés de la Résistance française. «Il est de notre devoir de garder vivante la flamme, et de leur courage, et de leur sacrifice.»

«Transmettre cette mémoire, c'est cultiver un héritage de valeurs et de leçons»


«La Côte-d'Or a payé le prix du sang durant cette période sombre de notre histoire», a considéré François-Xavier Dugourd en souvenir de ceux qui ont résisté : 317 internés, 962 déportés dont 190 résistants tués au combat et 237 fusillés.

«Ces combattants nous ont donné un véritable exemple», a insisté l'élu gaulliste, «celui de la tenacité, du courage, de l'audace et de la foi dans la nation, dans notre patrie».

«Aujourd'hui, la mémoire n'est pas juste un simple souvenir, elle est un lien vivant entre le passé et le présent», a-t-il ajouté, «transmettre cette mémoire, c'est cultiver  un héritage de valeurs et de leçons qui doit, aujourd'hui, nous guider».

«N'oubliez pas que l'on n'a pas besoin d'être âgé pour faire des prouesses»


En raison de la canicule, après plus d'une heure de cette cérémonie en deux temps, Violaine Démaret a fait l'impasse sur «le discours de huit pages» qu'elle avait prévu de prononcer (retrouver le document préparatoire ci-dessous).

Toutefois, la préfète de la Côte-d'Or a salué la mémoire des résistants honorés ce jour et a remercié les militants associatifs à l'origine de la démarche ainsi que leurs partenaires.

«Les jeunes, n'oubliez pas que l'on n'a pas besoin d'être âgé pour faire des prouesses», a lancé la représentante de l’État aux collégiens, «n'oubliez pas ce qui est inscrit sur le monument : même quand on perd une bataille, on peut gagner la guerre».

Après le dévoilement des stèles, deux gerbes de fleurs communes ont été déposées devant elles. La cérémonie terminée, les autorités ont alors salué les porte-drapeaux.

Jean-Christophe Tardivon

Discours de Charles Bricogne, délégué départemental de l'association nationale des Familles de Compagnons de la Libération
(communiqué)

« Patriam servando, Victoriam Tulit » : « En servant la Patrie, Il a remporté la Victoire »

Voilà la devise de l’Ordre de la Libération, gravée au revers de la Croix de la Libération décernée à 1038 Compagnons de la Libération dont 24 sont nés ou inhumés en Côte d’Or.

Cette devise a été prononcée le 18 mars dernier par le Président de la République pour illustrer le choix qu’il venait de faire en nommant le futur porte-avions français « FRANCE LIBRE ». En effet la France Libre a toujours été, pendant les 5 années qui ont suivi l’Appel du Général de Gaulle, l’objectif ultime d’un petit nombre devenu grand par la suite, de Français et d’Alliés, mais surtout l’objectif de toutes celles et tous ceux qui se sont signalés dans l’œuvre de la Libération de la France et de son Empire et deviendront ainsi « Compagnons de la Libération ».

A un moment de l’Histoire où le dernier Compagnon (Hubert Germain) est décédé il y a peu , et où la mémoire de nos concitoyens , vis-à-vis de celles et ceux qui ont contribué à la victoire, risque d’être défaillante, il nous a paru bien et  approprié de pérenniser dans la « pierre » les noms de ceux, liés à la Côte d’Or par leur lieu de naissance ou de sépulture, qui ont par leur courage, leur refus de la capitulation, voire même pour 9 d’entre eux par le don de leur vie, combattu pour la Liberté de la France.

Aussi voudrais je, à cet instant, remercier avec gratitude celles et ceux qui ont permis que ces stèles existent et demeurent, à l’avenir, à cet endroit auprès du Monument de la France Libre de Dijon : Madame la Préfète de Côte d’Or, Madame la Maire de Dijon, Monsieur le Président du Conseil Départemental de Côte d’Or, Monsieur le Président de l’association des anciens de la 1 ère DFL, et les membres des familles de Compagnons de la Libération.

Quelques mots maintenant sur nos 24 Compagnons de la Libération « membres de cette chevalerie exceptionnelle créée au moment le plus grave de l’histoire » pour reprendre les mots du Général de Gaulle.

Certains étaient très jeunes quand ils se décidèrent à combattre l’ennemi :
- Louis Cortot est entré en résistance début 1941 à l’âge de 15 ans. Saboteur et maquisard , Il sera décoré de la Croix de la Libération, par le Général de Gaulle, le 11 novembre 1944 à l’Arc de Triomphe.
- Louis Dupuis , jeune saint-cyrien de 19 ans le 21 juin 1940 lorsqu’il rejoint l’Angleterre et s’engage dans les FFL (Forces Françaises Libres). Tué à Hyères, au sein de la 1 ère DFL, le 20 août 1944 juste après le débarquement en Provence.
- Louis Fournier de la Barre, 19 ans également qui , refusant l’armistice, rallie l’Angleterre le 27 juin 1940. Participera à toutes les campagnes des FFL jusqu’en Alsace en 1945.

Un était étranger :
- Rudolf Eggs, né de parents suisses, engagé dans la Légion Etrangère (13 ème DBLE) , participera à toutes les campagnes des FFL, victorieuses ou non, , de Dakar à l’Alsace.

D’autres ont rejoint Londres dès fin juin 1940, sans forcément avoir tous entendu l’Appel du Général de Gaulle :
- Louis Dupuis, Louis Fournier de la Barre et Rudolf Eggs évoqués ci avant…..mais aussi :
- Louis Mairet, rejoint l’Angleterre le 1 er juillet 1940.
Après la campagne de Lybie rejoindra une nouvelle fois l’Angleterre en avril 1943 et sera parachuté avec le 2 ème RCP naissant en Bretagne le 7 juin 1944 puis en Hollande en avril 1945.
- André Quirot, qui entend l’Appel du Général de Gaulle , le rejoint en Angleterre , via St Jean de Luz comme beaucoup. Rejoint la Syrie et devient un élément essentiel du 1 er RA des FFL dont il commandera la 1 ère batterie jusqu’à la fin de la guerre.
- Henri Rendu, rejoint l’Angleterre fin juin 1940. Fidèle de Leclerc qu’il rejoindra au Tchad il fera partie de la 2 ème DB, libèrera Paris en août 1944 et sera tué le 23 novembre 1944 en Alsace le jour de la prise de Strasbourg.
- Raymond Roques, aviateur qui s’enfuit avec 3 camarades en avion pour l’Angleterre le 22 juin 1940. Rejoindra d’abord la RAF (Royal Air Force) puis les FAFL (Forces aériennes françaises libres) dans les groupes de bombardement Lorraine puis Bretagne en Afrique. Disparaît en mer Méditerranée , lors d’un vol, le 25 avril 1943.
- Roger Speich, Aviateur au début de la guerre il rejoint le 20 juin 1940, avec un quadrimoteur Farman et 20 camarades, l’Angleterre. Participe à la prise de Koufra au Tchad et à la création des LAM (Lignes aériennes militaires) 

Il y eut aussi des Résistants de l’Intérieur :
- Louis Cortot évoqué précédemment.
- Maxime Guillot, entré en résistance en 1941, fera passer en zone libre des prisonniers évadés. Recherché par la Gestapo il est rattrapé à Dijon rue Condorcet, sur dénonciation, et sur le point d’être pris, avale un important document et se donne la mort sans avoir parlé.
- Pierre Briout, désireux de rejoindre le Général de Gaulle, et finit par rejoindre Londres en juillet 1943. Parachuté dans l’Ain en novembre 1943 il va saboter puis rejoint le maquis de Lormes en juin 1944, est arrêté par une colonne allemande et tué à Crux la Ville (Nièvre)le 15 juin 1944.
- Camille Chevallier, Résistant dès 1940, va devenir un spécialiste des faux papiers permettant à beaucoup militaires français et alliés de rejoindre la zone libre. Dénoncé , il est arrêté et fusillé par les allemands à Dijon le 18 août 1942.
- Bernard Chevignard, cavalier au début de la guerre, démobilisé en octobre 1940, intègre ensuite un réseau de résistance : sabotages, vols . Surpris par des allemands lors d’un vol il est torturé à plusieurs reprises sans rien dire. Mais suite à des aveux d’un autre prisonnier il est condamné à mort et fusillé au mont Valérien le 15 mars 1944.
- Edmond Debeaumarché, Démobilisé en juin 1940, refusant la défaite, il entre en résistance. Transport du courrier vers Londres, décryptage de télégrammes chiffrés ennemis. Arrêté en août 1944 , il est envoyé à Buchenwald , mais sera libéré par l’avance de l’armée américaine au printemps 1945.
- Jean Mairey, Professeur d’histoire-géographie à Lyon au début de la guerre mais surtout résistant, activement recherché par la gestapo, se fait oublier en Côte d’Or. Et il deviendra le 12 septembre 1944 , lendemain de la Libération de Dijon, commissaire de la République pour la Bourgogne-Franche Comté.
- Henry Simon, Après la débâcle de juin 1940, il rejoint la résistance intérieure. Il sera chef régional des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) dans les Bouches du Rhône et dirigera les opérations de libération de Marseille après le débarquement allié en Provence .

Il y eut bien sûr des fantassins : Louis Dupuis, Rudolf Eggs, Louis Mairet, Louis Fournier de la Barre et Henri Rendu cités précédemment mais encore :
- Jean de Bazelaire de Ruppierre, Jeune Saint-Cyrien, la déclaration de guerre le surprend au Tchad. Il se rallie à la France libre dès août 1940 au sein de la colonne Leclerc. Lybie puis Tunisie. Son régiment devient le RMT (Régiment de Marche du Tchad). Jean de Bazelaire, commandant de compagnie décède en Algérie en octobre 1943 lors d’un exercice de pose et relève de mines.
- Georges Hugo, Saint Cyrien se trouve au Niger au moment de l’armistice. Refusant la défaite, il rejoint la France Libre à Brazzaville. Depuis la Syrie il participera, avec la 1 ère BFL puis la 1 ère DFL aux campagnes d’Afrique du Nord, d’Italie et de France.
- Christian Mégret de Devise, saint Cyrien , observateur en avion au début de la guerre. Abattu le 24 mai 1940, interné en Silésie. Evadé en octobre 1941 , rejoint le Maroc et participe ensuite aux campagnes d’Italie et de France avec la 2 ème Division d’Infanterie Marocaine.

Il y eut aussi des Artilleurs : André Quirot évoqué il y a quelques instants, mais aussi 
- Charles Bricogne, Jeune officier artilleur , il rejoint la Syrie et la France Libre en mai 1941. Il participe à la création du 1 er RA , en devient le commandant en second et participe à la bataille de Bir Hakeim au cours de laquelle il sera tué lors de la sortie de vive force le 11 juin 1942.
- Gaston Tavian, D’abord résistant après l’armistice du 22 juin 1940 avec le colonel Passy, il réintègre en 1943 comme lieutenant, une unité combattante,le 1 er RA de la 1 ère DFL avec lequel il participera aux campagnes de Tunisie,  d’Italie  et de France.

Il y eut aussi des aviateurs : Raymond roques et Roger Speich déjà cités mais aussi :
- Emile Allegret, pilote d’essai avant guerre, résistant dès juin 1940, traqué par la gestapo il rejoint l’Angleterre en 1943 et s’engage dans les FFL. Affecté au groupe de bombardement Lorraine il effectuera 55 missions de bombardement sur l’Allemagne.
- Marius Guyot, refuse l’armistice et rejoint les alliés à Aden. Il intègre les FAFL et se trouve en soutien de la colonne Leclerc lors de la prise de Koufra. Rattaché au groupe de bombardement Bretagne il totalisera 77 missions de guerre. Il est enfin un des instigateurs de l’édification du superbe monument de la France Libre.

Pas de marin dans cette liste de compagnons mais pour finir un médecin :
- Charles Vignes, médecin militaire . Au moment de l’armistice est médecin chef au Tchad. Il se rallie à la France Libre . Fin 1941 il est nommé médecin chef du groupe sanitaire de la 1 ère BFL du général Koenig. Présent à Bir Hakeim, El Alamein, en Tunisie puis avec la 1 ère DFL jusqu’en Alsace.
 
Au final , 24 Compagnons de la Libération ; 9 morts pour la France ( 4 résistants et 5 combattants militaires) et une FRANCE LIBRE !

Message d'Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants
(communiqué)

Le 18 juin 1940 au soir, sur les ondes de la BBC, un général de brigade à titre temporaire, sous-secrétaire d'État, prenait la parole pour refuser l'abandon que d'autres s'apprêtaient à accepter.

Il était seul. Il n'avait ni armée, ni territoire, ni ressources.

Il s'apparaissait à lui-même, écrira-t-il plus tard, « comme un homme au bord d'un océan qu'il prétendrait franchir à la nage».

Et pourtant, dans cette voix qui montait de Londres vers une France où descendait la nuit, il y avait tout le réveil à venir.

À travers cet homme seul, la France refusait de mourir.

La veille, le 17 juin, un commerçant de Brive-la-Gaillarde, Edmond Michelet, diffusait clandestinement un tract reprenant les mots de Charles Péguy pour rappeler la France à « sa vocation de liberté » : « celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend,[...] quel qu'il soit, d'où qu'il vienne, et quel que soit son parti. [Il est l'héritier] de celle qui fit lever le siège d'Orléans ». Ce fut l'un des tout premiers actes de la Résistance sur notre sol.

Le 10 mai 1942, à Londres, le général de Gaulle lui-même évoquerait la fille de Lorraine, sans pouvoir ni prestige:« si la France trouva en elle­ même, il y a cinq cents ans, à l'appel de Jeanne d'Arc, la flamme nécessaire à son salut, elle peut aujourd'hui retrouver la même flamme.»

Un mois plus tard, dans le désert libyen, cette flamme resurgissait.

À Bir Hakeim, la 1ère Brigade française libre tenait tête, quinze jours durant, aux forces de l'Axe.

Sous les ordres du général Koenig, combattaient côte à côte légionnaires européens, tirailleurs d'Afrique, volontaires du Pacifique et Compagnons de la Libération.

Avec eux se trouvait aussi une Britannique : Susan Travers.

Dans la nuit du 10 au 11 juin, conductrice du général, elle mena sous le feu la percée qui devait déjouer l'encerclement.

Ni sa naissance, ni sa condition, ni sa place ne l'y prédestinaient. Elle n'avait rien demandé pour elle-même. Elle ouvrit la voie.

« Quand, à Bir Hakeim, un rayon de sa gloire renaissante est venu caresser le front sanglant de ses soldats, dira le général de Gaulle, le monde a reconnu la France. »

De nouveau, la force de la France se révélait là où sa faiblesse avait semblé la plus grande.

La France libre n'était plus seulement une voix dans la nuit : elle était devenue la preuve que la France n'avait jamais cessé d'être elle-même.

Ceux qui avaient répondu à l'Appel lui donnaient un visage universel : parmi eux, Joseph Kessel, né en Argentine, auteur du Chant des Partisans ; Joséphine Baker, enfant de Saint-Louis du Missouri devenue héroïne du renseignement ; Félix Éboué, petit-fils d'esclave et gouverneur du Tchad, qui offrit à la France libre son premier point d'appui.

Car le sens de leur combat dépassait le territoire national.

Dès 1941, à Oxford, de Gaulle rappelait l'enjeu profond de ce conflit : « sauver l'ordre du monde [...] tel que la liberté, la sécurité, la dignité de chacun soient garanties, [et] assurer en définitive le triomphe de l'esprit sur la matière. »

À l'heure où le monde est à nouveau travaillé par la tentation de la force brute, l'Appel du 18 juin nous élève à la hauteur d'une exigence : notre peuple n'est jamais aussi grand que lorsqu'il refuse la défaite de l'esprit, et se donne les moyens de défendre sa liberté.

Cette exigence, le Général l'avait rappelée quelques jours après son premier appel.

Le 24 juin 1940, il s'adressait encore aux Français en ces termes : 

« La France est comme un boxeur qu'un coup terrible a terrassé. Elle gît à terre.
Mais elle sait, elle sent qu'elle vit toujours d'une vie profonde et forte.
Elle sait, elle sent que l'affaire n'est pas finie, que la cause n'est pas entendue.
Il faut qu'il y ait un soleil.
Il faut qu'il y ait une espérance.
Il faut que, quelque part, brille et brûle la flamme de la Résistance française.
Un jour, je vous le promets, nous serons ensemble l'armée qui rendra la liberté au monde et la grandeur à la patrie. »
Sur la croix de Lorraine du mémorial où reposent les combattants du maquis de Charente, qui avaient choisi le nom de Bir Hacheim, sont gravés ces mots : « Pour la liberté et la grandeur de la patrie. »

Ils résument ce que fut l'esprit du 18 juin.

La conviction que rien n'est jamais perdu, tant qu'il existe des femmes et des hommes pour refuser, en leur âme, de s'estimer vaincus.

La foi qu'il demeure en chacun une part irréductible que la force ne peut ni contraindre ni détruire.

La fidélité à ce que le général de Gaulle appelait le « pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde ».

Vive la Liberté. Vive la République. Vive la France.

Document préparé par l'ONACVG et les services de la préfète de la Côte-d'Or pour son allocution
(communiqué)

En ce 18 juin 2026, nous sommes réunis au Monument de la France Libre pour inaugurer trois stèles consacrées aux Compagnons de la Libération de Côte-d'Or et aux Médaillés de la Résistance française de notre département.

Cette cérémonie revêt une signification particulière. Elle se déroule le jour même où la Nation commémore l’Appel du 18 Juin, cet acte fondateur par lequel le général de Gaulle refusa la défaite et ouvrit le chemin de la Résistance et de la Libération.

Il y a quatre-vingt-six ans, en juin 1940, la France connaissait l’une des heures les plus tragiques de son histoire. La défaite militaire, l’exode de millions de civils et la perspective de l’armistice semblaient annoncer l’effondrement du pays.

Plus de 8 décennies se sont désormais déjà écoulées. Les faits peuvent sembler bien loin pour les plus jeunes d’entre nous. Difficile d’imaginer que notre pays, terre de Liberté, ait pu être ainsi occupé. Que la France ait pu connaître la guerre sur son sol. Que des citoyens aient pu être victimes de l’horreur et de la haine. Que les valeurs républicaines qui nous sont si chères aient pu être bafouées.

Dans ce contexte de désarroi, une voix s’éleva depuis Londres. Cette voix portait un message simple et puissant : la France n’était pas vaincue tant que subsistaient des femmes et des hommes décidés à poursuivre le combat.

À cet appel répondirent des Français de tous horizons. Ils étaient militaires ou civils, ouvriers, agriculteurs, étudiants, fonctionnaires, chefs d’entreprise, croyants ou non croyants. Rien ne les prédestinait à se rencontrer. Rien ne les prédestinait à poursuivre un idéal commun. Pourtant, ils furent unis par une même exigence : servir la France et défendre la liberté.

Et c’est pour les honorer, celles et ceux-là mêmes qui avaient accompli des services exceptionnels dans l’œuvre de libération du pays que le général de Gaulle créa, dès novembre 1940, l’Ordre de la Libération et sa distinction, la Croix de la Libération. Au total, 1 038 femmes et hommes reçurent le titre de Compagnon de la Libération.

La Médaille de la Résistance française fut instituée en 1943 afin de reconnaître les actes remarquables de Résistance accomplis contre l’occupant et contre la collaboration. Plus de 65 000 personnes en furent décorées, dont un très grand nombre à titre posthume.

Ces deux distinctions récompensent ce que la France a produit de plus noble dans l’épreuve : le courage, le sens du devoir, le refus de la résignation et la fidélité aux valeurs républicaines. C’est cet héritage de paix et de liberté dont nous nous souvenons aujourd’hui. C’est cet héritage témoignant du combat pour la défense de nos valeurs dont nous faisons mémoire. C’est cet héritage précieux payé au prix du sang versé que nous voulons transmettre.

Parmi ces héros figurent vingt-quatre Compagnons de la Libération liés à la Côte-d'Or ainsi que les centaines de Médaillés de la Résistance française originaires de notre département.

Cette stèle que nous inaugurons aujourd’hui en leur mémoire est le fruit d’une initiative exemplaire portée par plusieurs associations attachées à la transmission de notre histoire. Je veux ici saluer l’engagement de l’Association nationale des familles de Compagnon de la Libération, l’engagement de l’Association des descendants des Médaillés de la Résistance française, ainsi que l’appui de l’Amicale des Anciens de la 1re Division française libre de Côte-d'Or. Votre détermination a permis de transformer une conviction en réalité : celle qu’aucun héritage mémoriel ne demeure vivant sans un effort constant de transmission.

Avec ces stèles, les noms de ces héros sont gravés dans la pierre afin que le souvenir de leur engagement et de leur sacrifice traverse le temps et puisse se transmettre de génération en génération. Par notre présence ce matin, nous faisons mémoire de ce massacre de ces 23 enfants de France afin qu’ils ne tombent pas dans l’oubli du temps qui passe inéluctablement.

Je remercie également la Ville de Dijon, le Conseil départemental de la Côte-d'Or, l’Office national des combattants et des victimes de guerre, ainsi que l’ensemble des services de l’État qui ont accompagné cette initiative. Ce projet illustre ce que notre pays sait accomplir lorsque les associations, les collectivités territoriales et l’État unissent leurs efforts au service de notre mémoire collective.

Car oui, ces stèles ne sont pas seulement des monuments, elles sont des outils de transmission. La mémoire n’est jamais acquise. Elle ne vit que parce que des femmes et des hommes choisissent de la faire vivre, de la transmettre et de l’expliquer. C’est d’autant plus important à une époque où les derniers témoins directs de la Seconde Guerre mondiale disparaissent peu à peu.

Désormais, les pierres, les archives, les récits et l’engagement des passeurs de mémoire deviennent les relais indispensables de cette transmission. C’est bien le sens de notre présence et de cette cérémonie aujourd’hui : transmettre cet héritage moral et mémoriel afin qu’il ne soit pas oublié et que plus jamais le pire ne redevienne possible.

Aussi, pour conclure, je souhaite m’adresser plus particulièrement aux jeunes présents aujourd’hui. Les Compagnons de la Libération et les Résistants que nous honorons avec cette stèle aujourd’hui, étaient pour beaucoup très jeunes lorsqu’ils firent le choix de l’engagement. Certains n’avaient pas vingt ans. D’autres étaient encore adolescents. Mais lorsque l’Histoire les a placés face à leurs responsabilités, ils ont choisi le courage plutôt que la facilité, l’engagement plutôt que l’indifférence, la liberté plutôt que la soumission.

Leur exemple doit vous rappeler que la citoyenneté n’est jamais passive. Être citoyen, c’est exercer ses droits, mais aussi assumer ses devoirs. C’est participer à la vie de la cité, respecter les principes de la République, défendre la démocratie et refuser toutes les formes de haine, d’exclusion ou de renoncement.

L’Histoire ne se répète jamais exactement. Mais elle nous enseigne que les libertés ne sont jamais définitivement acquises. Elles doivent être protégées, défendues et transmises.

C’est ce que nous enseigne le souvenir des Compagnons de la Libération et des Médaillés de la Résistance française que nous honorons aujourd’hui. Il nous rappelle qu’aucune crise ne justifie l’abandon des principes républicains. Il nous rappelle que le courage individuel peut changer le cours de l’Histoire. Il nous rappelle enfin que la force d’une Nation réside d’abord dans la fidélité à ses valeurs.

Vive la République,
Vive la France.

Les lauréats côte-d'oriens du concours national scolaire de la Résistance et de la Déportation 2026


Une cérémonie pour le 83ème anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance


Une cérémonie du 8-Mai avec «une vraie dimension jeunesse»







Votre météo à Dijon
Votre météo en Bourgogne
Ailleurs
Quelles sont les réserves de la Banque de France ?Massif du Mont Blanc : Un chantier hors norme pour le démontage de l'ancien refuge du GoûterIncendie meurtrier de Crans Montana : Une procureure a donné sa démissionESPAGNE : Un feu de forêt fait au moins 11 mortsMétéo France donne ses prévisions des tendances climatiques pour juillet, août et septembreEDF va brancher les JO d'hiver des Alpes 2030 avec de l'électricité bas carboneUne impressionnante trombe marine sur le lac de ConstancePrésidentielle 2027 : Les dates sont choisies et la fin de campagne sera inédite...Polémique à Roubaix après le refus du maire LFI David Guirau de baptiser une école du nom du professeur assassiné, Samuel PatyElle ne faisait plus que «24,10 kg pour une taille de 1,65 m» : un Belge condamné à 6 ans de prison pour avoir laissé agoniser sa compagne plusieurs moisLe pape Léon XIV célébrera une messe géante à Paris en septembre, sur la place de la Concorde et les Champs-ÉlyséesSUISSE : Sa Lamborghini Aventador SVJ prend feu, alors qu'il fait le plein dans une station-serviceLa chaine L'Equipe débarque France Pierron qui avait scandaleusement jugé qu'un «accouchement et un moment dégueulasse» et que la présence d'un papa est inutileSUISSE : Une femme nue provoque une série d'accidentsLa Vasque des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 fait son grand retour au jardin des Tuileries cet étéRio de Janeiro : le chanteur américain Oliver Tree parmi les victimes de la collision entre deux hélicoptères qui a fait six mortsSommet du G7 à Evian : Plus de 600 casseurs à GenèveMEDIAS : L'ARCOM accuse France Inter et France Info de sous-représentation du Rassemblement NationalMédias : Un accord entre TF1 et ma chaine L'Equipe pour la création d'un nouveau magazine sous la marque «Téléfoot»ANNECY : Une plage du Lac devient payante...Des milliers de personnes pour la marche blanche en mémoire de LyhannaGENÈVE : Un bébé est né dans un busViolences après le sacre du PSG : Sébastien Lecornu explore la piste des prestations sociales pour financer les réparationsAides à la presse : Le PSG au secours de L'EquipeUn lycéen de 17 ans écrit une lettre à Emmanuel Macron et fait annuler les épreuves du bac au Moyen-OrientVIDEO : Une parapentiste percutée par un petit avion de tourisme, en Autriche, en plein directFestival de Cannes : Blessée au visage, Andrea Carolina del Val, une reine de beauté accuse un styliste de l’avoir agressée lors d’une altercationL'ancien Champion du Monde de Formule 1, Alain Prost victime d’un violent cambriolage dans sa propriété suisse et blessé à la tête par les malfaiteursARNAQUE : La star du calendrier des «prêtres sexy», en Italie, n'a jamais été prêtrePour lutter contre la solitude : Les écologistes formulent 30 propositionsAccusé de viol, Patrick Bruel conteste le caractère contraint de sa relation avec Flavie FlamentQuand la princesse Kate achève sa visite, en Italie, en cuisinant des pâtes...L'Italie en état de choc après les morts de 5 plongeurs aux MaldivesL’animatrice Flavie Flament annonce porter plainte contre Patrick Bruel pour violTahirys Dos Santos était retourné dans le Constellation pour sauver son amoureuse Coline : 1ère apparition et émotion pour le couple de rescapésGuerre ouverte entre humoristes : Sophia Aram dénonce le "harcèlement en meute" de la gauche radicaleMétéo France vous invite à proposer des prénoms pour les tempêtes à venirCes jeunes femmes fans de Trump ont quelque chose à cacher...AUTOMOBILISME : Les courses sur circuit de nouveau autorisées en SuisseGrande Exposition du Fabriqué en France à l’Elysée : Prolongation de l’appel à candidatures 2026 Autoroute blanche : 12.600 euros d'amende et 23.626 euros à payer à la société d'autoroute, pour un automobiliste passé 252 fois sans payer...ITALIE : Giorgia Meloni critique les photos sexy d’elle-même générées par l’IABOURGOGNE : ENEDIS utilise un drone pour protéger les grands oiseaux et maintenir une qualité d’alimentation électrique des territoires, comme à AuxyDRAME DE CRANS-MONTANA : «Les images, c'était compliqué», témoigne le footballeur rescapé30.000 euros à gagner au grattage, avec Pharaonis, le nouveau jeu à 3 euros de la FDJTransport de luxe : Avec 8 Porsche 911 Type 992.. Y en avait pour cher sur un camions, sur l’A6, à l’arrêt en Saône-et-LoireSurprise : Jean-Luc Mélenchon annonce sa candidature à la présidentielle de 2027FOOTBALL (Ligue 1) : C'est une première... La Provence met 0/10 à tous les joueurs de l'Olympique de Marseille, après leur humiliation à NantesQuand un bus plonge dans la Seine...FOOTBALL : «Le match du siècle», «le match de notre vie», «football de demi-dieux» : la presse internationale extatique après PSG - Bayern MunichLe Massif Central va accueillir, en Haute Loire, la plus haute tour radar météo de France
Creusot-infos.com
Mentions légales et RGPD