
L'ancienne usine Jtekt a été dépolluée et renaturée pour réaliser 900 logements. Ce vendredi 10 juillet, Nathalie Koenders et François Rebsamen ont dévoilé une sculpture rendant hommage au «génie industriel dijonnais» ayant produit les motos Terrot. «Nous avons une vision de la construction, pour les habitants et pour le développement économique en même temps», a revendiqué le président de la Métropole de Dijon.

Le Quartier Terrot prend vie : les toupies à béton ont cessé de tourner, les habitants se sont progressivement installés et les parasols fleurissent aux balcons.
Constructeurs, promoteurs et élus ont retenu cette mi-juillet pour inaugurer l'ensemble de bâtiments – totalisant 900 logements – qui a pris place sur les 2,5 hectares de l'ancien site de Jtekt, boulevard Voltaire, qui succédait lui-même à l'usine des motos Terrot.
Une sculpture grandeur nature d'une moto et de son pilote
En guise de geste inaugural, ce vendredi 10 juillet 2026, a été dévoilée une sculpture de Béranger Papasodaro représentant une moto et son pilote grandeur nature et intitulée «Le Précurseur», en hommage au «génie industriel dijonnais».
Étaient présents notamment Nathalie Koenders (PS), maire de Dijon, Nuray Akpinar-Istiquam (PS) et Benoît Bordat (FP), conseillers départementaux d'opposition et élus municipaux dijonnais, François Rebsamen (PS, FP), président de la Métropole de Dijon, Véronique Bédague, PDG de Nexity, Xavier Robin, directeur régional d'ADIM centre-est en Bourgogne-Franche-Comté, et Julien Debernard, directeur délégué de Vinci constuction pour le bâtiment en centre-est.
«Faire dialoguer, partout dans la ville, histoire et modernité»
«C'est un vaste projet urbain qui nous rassemble», a indiqué Nathalie Koenders au moment des discours officiels, «il dit beaucoup de la manière dont nous pensons et transformons Dijon».
«La reconversion de cette friche industrielle illustre notre volonté à la fois de valoriser le patrimoine – on le voit avec cette belle façade Terrot dont nous sommes les dépositaires – et de demeurer fidèles à une exigence, c'est à dire faire dialoguer, partout dans la ville, histoire et modernité», a développé la première édile.
«Nous préservons l'âme patrimoniale de notre ville tout en apportant une réponse aux besoins de notre époque, à commencer par le premier droit, c'est à dire l'accès à un logement digne et adapté», a-t-elle ajouté en insistant sur le triple objectif de la «mixité sociale», de la «mixité intergénérationnelle» et de la «mixité des usages».
Jtekt a failli fermer l'usine au début des années 2000
«En 2001, quand j'ai été élu pour la première fois, (…) le président-directeur général japonais de Jtekt est venu me trouver et m'a dit : ''c'est mauvais signe un socialiste vient de s'installer à la mairie, si dans six mois vous ne m'avez pas trouvé un accueil pour déménager du site de centre-ville, je ferme l'entreprise et je m'en vais», a relaté François Rebsamen, à l'époque maire de Dijon. «Il restait une petite zone économique au nord de Chevigny-Saint-Sauveur et nous avons installé progressivement Jtekt sur le site. Ainsi, l'histoire industrielle s'est poursuivie. Il a fallu près de 18 ans pour le départ complet.»
«Aujourd'hui, il y a des habitants avec de la nature»
Revendiquant d'être un «bâtisseur», l'élu progressiste a enchaîné en signalant qu'«il y a du béton qui est beaucoup plus décarboné aujourd'hui qu'il ne l'était avant».
«On a renaturé le sol», a-t-il poursuivi, «la pluie peut s'infiltrer». «Avant c'était une usine. Il y avait du goudron, il y avait du béton. Aujourd'hui, il y a des habitants avec de la nature.»
«Il faut densifier, il faut de la sobriété foncière», a martelé le chantre de la «densité heureuse». «On ne peut pas rester encore longtemps avec 12.000 demandes de logement non satisfaites.»
«Nous avons une vision de la construction, pour les habitants et pour le développement économique en même temps», a revendiqué François Rebsamen, «et nous avons une vision écologique».
«Ce quartier-là a une identité»
«Nous avons travaillé avec le déjà-là», a rappelé Véronique Bédague à propos de la conception du projet, «ça a une immense vertu, c'est que ça enracine un quartier». «Ce quartier-là a une identité, on le voit dès l'entrée», a-t-elle ajouté en saluant le travail des agences Aagroup architectes ainsi que Reichen et Robert.
La PDG de Nexity a souligné également «la diversité des habitats» : propriétaires – autour de 4.000 euros du m² en accession libre, locataires, jeunes actifs, étudiants ou encore personnes âgées dépendantes puisque l'EHPAD Les Jardins Voltaire borde l'ensemble au nord.
«Une campagne de dépollution particulièrement exigeante»
À son tour, Xavier Robin a salué «la vision d'avenir» de François Rebsamen et Pierre Pribetich (PS), actuel député de la Côte-d'Or et ancien adjoint au maire chargé de l'urbanisme, pour tendre vers «la reconstruction de la ville sur elle-même».
«On a pu élaborer un projet urbain fort qui tenait nécessairement compte du passé industriel avec, notamment, la nécessité de lancer une campagne de dépollution particulièrement exigeante, tant sur le bâti que sur les milieux sol et eau, en lien avec les usages du futur projet immobilier», a développé le directeur régional d'ADIM.
«La ville de demain se construit en redonnant de la valeur au foncier déjà urbanisé, en limitant l’artificialisation des sols et en recréant des espaces plus végétalisés, plus apaisés, plus adapté aux enjeux climatiques», a revendiqué l'orateur.
Démonstration de motos anciennes
Après avoir dévoilé la sculpture, la cérémonie s'est terminée par une démonstration statique des motos anciennes de l'association Arbracam qui a pour objet «la sauvegarde du patrimoine motocycliste local». Il resterait 50.000 motos dans les garages de passionnés, dans toute la France.
Les engins de construction vont faire leur retour sur le site cet été puisqu'une résidence sociale étudiante doit sortir de terre, juste derrière l'ancienne façade de l'usine Terrot.
Jean-Christophe Tardivon
Le détail du programme immobilier
448 logements développés par Nexity
Une résidence d'étudiants de 146 logements gérée par Nomad Campus
166 logements en accession libre
79 logements locatifs sociaux gérés par Grand Dijon habitat
16 logements locatifs intermédiaires gérés par Solinter actif 1
41 logements abordables contractualisés par CDC habitat
538 logements développés par ADIM centre-est
Un EHPAD de 166 chambres géré par l'EPCAPA
15 logements adaptés seniors gérés par CDC habitat
Une résidence jeunes actifs de 142 logements gérée par Adoma
Une résidence d'étudiants de 214 chambres et un logement de gardien portée par CDC habitat (livraison à la rentrée 2028)













































