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04/07/2020 20:00

DIJON : «Je serai le maire de tous les Dijonnais, quelles que soient leurs origines et leur histoire» assure François Rebsamen

Le groupe de la majorité municipale a logiquement reconduit François Rebsamen dans son fauteuil de maire lors de l'installation du conseil municipal ce samedi 4 juillet. Le défenseur de la social-écologie tend la main aux élus du groupe écologiste.
Après le vote des conseillers municipaux suivi du dépouillement (lire notre article), Mélanie Balson a remis l'écharpe de maire à François Resbamen ce samedi 4 juillet 2020.

Le maire réélu a enchaîné sur son discours d'investiture avant de donner la parole pour l'opposition à Emmanuel Bichot puis à Stéphanie Modde.

Après être rapidement passé sur le climat de la campagne, François Rebsamen a exprimé son incompréhension de voir siéger dans l'opposition ses anciens alliés écologistes. «La porte reste ouverte» a-t-il insisté, appelant ainsi à reprendre les négociations afin de rejoindre la majorité municipale.

Deux adresses au gouvernement ont été faites par le membre du Parti Socialiste. L'une pour appeler à un grand plan de rénovation énergétique, l'autre pour regretter l'augmentation de certaines formations universitaire pour des étudiants étrangers mettant à mal une «tradition d'accueil».

«Ensemble, je souhaite que nous portions plus loin le projet d’une ville de progrès social et écologique, une ville ouverte sur la société et ses évolutions, mais aussi, ne l'oublions pas, respectueuse des valeurs fondamentales de la République et de ses institutions» a conclu le maire conforté dans son fauteuil à la suite des élections municipales.

Jean-Christophe Tardivon

Retrouver les noms et délégations des adjoints


Discours d'investiture de de François Rebsamen du 4 juillet 2020

Mes chers collègues, permettez-moi d'abord de remercier Danielle Juban, et d’associer à ces remerciements Mélanie Balson, notre benjamine du conseil municipal qui assume auprès de nous la fonction de secrétaire. C’est un honneur d’avoir dans mon équipe une jeune infirmière, diplômée d’État dans quelques jours, au seuil de sa vie professionnelle, et déjà engagée au service de ses concitoyens, dans les combats sociaux et écologiques de son époque Je lui souhaite en votre nom la bienvenue au sein de ce conseil municipal. Je lui souhaite de tout cœur une belle carrière dans l’exercice de ce magnifique métier, qui incarne tout à la fois l’humanisme, la bienveillance et l’altruisme dont nous avons tous besoin. Je nous souhaite d’être à la hauteur de ce que peuvent attendre tous les jeunes qui, comme elle, quels que soient leur condition et leur milieu social, croient en l’avenir. Ils sont bienvenus à Dijon ; c’est pour eux, avec eux, que nous voulons agir. A travers Mélanie, je tiens à rendre hommage à tous les personnels médical et soignant de notre C.H.U. Dijon-Bourgogne, aux médecins généralistes et spécialistes, aux infirmiers de ville, aides-soignants, à tous ces personnels médicaux et socio-médicaux qui ont été, selon la formule consacrée, en première ligne pendant la crise de la Covid. Ils n’attendent, plus rien d’autre désormais que des actes, des actes de la juste reconnaissance qui leur a été promise. Ils ont, j'en suis sûr ici, tout notre soutien.

J’aimerais ensuite remercier les dijonnaises et les dijonnais qui m’ont renouvelé leur confiance pour un quatrième mandat. La confiance, c’est ce qui permet à un maire d’avancer et d’agir. Malgré les attaques douteuses et les calomnies dont nous avons fait l’objet dans cette campagne - que je vous propose de laisser tomber derrière nous au titre de ce à quoi elles ressemblent -, cette confiance que vous m’accordez signifie peut-être tout simplement que les dijonnais aiment leur maire. Ils l’aiment parce que lui-même les aime. Tous. Et parce qu’il vit avec eux, parmi eux, qu’il connaît leurs difficultés, qu’il connaît et qu’il aime sa ville. Ne croyez pas que je parle désormais de moi à la troisième personne. C’est la fonction de Maire, dont je veux souligner l’importance. Les dijonnais, comme tous les citoyens de notre pays, savent que leur Maire est un rempart, qu’il est l’un des piliers de la vie démocratique ; qu’il est le premier interlocuteur vers qui se tourner naturellement lorsque l’on doit faire face à une question ou un problème. J’ai la conviction que les habitants, s’ils se détournent de l’élection, ne le font pas par désintérêt de la vie locale à laquelle, en de nombreuses occasions, ils continuent à montrer leur grand attachement. Pour peu que nous soyons à la hauteur. Pour peu que nous sachions renouveler nos pratiques et leur offrir de nouveaux espaces d’expression. Pour peu que notre volonté de les associer soit réelle et elle l’est. J’espère, très sincèrement, que cette élection qui a vu les maires de l’immense majorité des communes élus ou réélus avec un taux de participation très bas, ne signe pas le déclin démocratique local mais, au contraire, nous saurons, lors des prochains scrutins, relever le défi d’une meilleure participation. Pour ma part, je serai, une nouvelle fois, le maire de tous les dijonnais, quelles que soient leurs origines et leur histoire, qu’ils soient nés dans notre ville ou qu’ils l’aient choisie.

Je veux ensuite remercier mes colistiers élus, ceux qui m’ont accompagné pendant la campagne électorale. Nous avons la fierté d’avoir conduit ensemble une campagne honnête, sans attaques personnelles, sans démagogie, fidèle à des valeurs, les nôtres. J’ai une belle équipe. Elle est composée d’élus expérimentés, dans les deux premiers rangs notamment, que les dijonnais connaissent, mais aussi de personnes nouvelles à 60%. Mais tous partagent nos valeurs. Ils sont progressistes, humanistes et européens. Nous avons en commun des convictions sociales et écologique très fortes. Pour ma part, je suis fidèle aux idées de la social-démocratie et de la sociale-écologie, et mon équipe portera ces valeurs avec moi.

Je salue enfin mes concurrents et tous les élus des deux listes dont siègent respectivement 10 élus et 6 élus au sein de notre assemblée qui en compte 59. Vous aurez à nourrir des débats que j’espère les plus constructifs possibles. Vous pouvez compter sur moi pour vous donner, dans le respect de la loi, de notre règlement intérieur qu’il nous faudra d’ailleurs revoir – la place qui vous revient de droit. Et, je veux assurer l'opposition de ma volonté de la voir jouer son rôle d'opposition dans le respect des temps de parole. Le temps de la campagne électorale est maintenant terminé. Je souhaite que soient laissés loin derrière nous les propos parfois rabaissant qui ont fleuri voire contribué, dans des moments d’une grande complexité, à nuire à l’image de notre ville.

Je fais le vœu que ce nouveau mandat s’ouvre dans un esprit de sérénité et de travail. Et je compte également sur les anciens élus pour accompagner les nouveaux dans la découverte de l’action municipale.

Mais ce nouveau mandat, mes chers collègues, c’est avant tout un mandat qui s’ouvre dans l’urgence. Etat d'urgence sanitaire, d’abord, dont nous sortirons je l’espère définitivement le 10 juillet même si la Covid n’aura pas totalement disparu, encore présente à bas bruit. Mais il sera grand temps d’en sortir, de cette urgence sanitaire. C’est en effet, désormais, à l’urgence sociale et à l’urgence économique que nous allons faire face, car elles sont les lourdes conséquences de l’arrêt de notre pays pendant de trop longues semaines.

Au plus fort de la crise sanitaire, la collectivité a joué un rôle essentiel. Elle a accompagné, informé, rassuré les habitants et coordonné les initiatives solidaires. Le personnel municipal, métropolitain, du CCAS et de nos grandes entreprises délégataires de service public a fait un travail formidable. Les dijonnais ont, je crois, mesurée toute l’importance du service public qui a maintenu le pays à flots. C’est presque du passé tant nous avons hâte de reprendre le cours normal de la vie. Pourtant, aujourd’hui, et aussi longtemps que nécessaire, il est primordial d’accompagner les habitants les plus fragilisés dont le quotidien s’est profondément dégradé. C’est pourquoi, dès la semaine prochaine, lors du conseil municipal le 10 juillet, je proposerai à notre nouvelle assemblée d’adopter un grand plan d'urgence sociale, au profit des concitoyens les plus vulnérables de la ville de Dijon.

Parallèlement, nous devrons, immédiatement, mettre toutes nos forces dans la balance pour relancer la machine économique, soutenir le tissu de nos entreprises locales, aider les commerçants, accompagner le monde associatif, préserver les acteurs culturels frappés de plein fouets. La piétonisation du tour des Halles, mesdames et messieurs, c’est d’abord une mesure prise pour aider nos restaurateurs à étendre leurs terrasses pour retrouver un niveau d’activité qui leur permettra de s’en sortir. Alors oui, nous les accompagnons et nous continuerons, par une série de mesures d’exonération, dans un premier temps pour une durée de 6 mois : droits de voirie, de terrasse, étalages, stores, enseignes, etc. Cela représente une aide financière directe conséquente et un réel effort de solidarité de la ville et de la métropole. Ce qui nous attend est très difficile, mais Dijon, ses élus et ses habitants, avec toutes ses forces vives, saura relever le défi.

Nous avons présenté, au nom de la majorité maintenant municipale, aux électeurs un projet qui comporte 7 défis et 150 propositions. Il sera déroulé selon les grandes lignes annoncées et de fait, il a été validés par les élections. Mais il faudra nécessairement le confronter aux réalités financières, et peut-être étaler certaines réalisations dans le temps, car la crise de la Covid va mettre à mal également les finances des collectivités, elle va mettre les finances des collectivités à rude épreuve, nous aurons l'occasion d'en reparler. Mais cela, les défis et les propositions que nous avons formulés conservent bien sûr toute leur pertinence. Les priorités politiques demeurent. La politique, ce sont des convictions et ma conviction, c’est qu’il est indispensable de soutenir et de défendre le pouvoir d’achat, l’écologie urbaine, l’économie et l’attractivité de Dijon. Nous mettrons donc en œuvre ce programme, car c’est celui que les dijonnais ont choisi, et parce qu’il est porté par des femmes et des hommes de conviction, investis tous dans la vie de leur ville, celle où ils vivent . Tous, à mes côtés, ont pour Dijon de vraies ambitions, aussi bien pour assurer la continuité des projets déjà engagés que pour relever les nouveaux défis. Nous avons largement démontré au cours des années passées, que Dijon a gagné sa place au rang des grandes villes françaises. Les Dijonnais le savent, nous avons fait du chemin ensemble et réalisé beaucoup de choses depuis le début du siècle. Je me suis battu pour tous les projets de notre ville. Pour son grand hôpital public, le CHU François Mitterrand, dont je préside le conseil de surveillance ; pour engager le projet de Cité internationale de la gastronomie et du vin ; pour obtenir la création de l'école de gendarmerie qui est désormais la première de France ; pour que notre ville accède au statut de métropole et ne laisse pas la Région Bourgogne Franche-Comté comme unique région de France qui en serait dépourvue. Je me battrai encore sur tous les fronts, et quels que soient les gouvernements en place pour défendre la ville de Dijon et ses habitants. Et j’espère, davantage que par le passé, pouvoir compter sur la solidarité de tous les élus non pas pour attiser des braises, mais pour s’engager quand c’est nécessaire dans un combat commun. Oui, je souhaite, oui, il est indispensable que notre ville puisse bénéficier de davantage de moyens de police nationale pour défendre la sécurité des personnes et des biens. L’ai-je assez répété ? On m’objecte qu’il faudrait doubler les effectifs de la police municipale. Soit. Mais savez-vous que la ville de Nice, dont les effectifs de la police nationale sont dix fois supérieurs aux nôtres, la délinquance et les méfaits n’ont pas disparu par enchantement ? Mais quels élus ai-je trouvé à mes côtés pour mener, réellement, ce combat de l’augmentation nécessaire des moyens de la police nationale, combat qui est loin d’être gagné et que je ne lâcherai pas, parce que, je le rappelle, le droit à la sécurité est un droit fondamental auquel personne ne doit renoncer ? Tous les élus, comme les policiers d’ailleurs, devraient me rejoindre dans cette demande que je fais à l’Etat, au lieu de crier au loup, au lieu même, pour certains, de m’accuser. Affoler la population, inquiéter, jouer sur les peurs, c’est à la portée de tout le monde, surtout en période électorale. Mais agir, assumer des responsabilités, obtenir des avancées, innover, signer le premier contrat local de sécurité en 2001, croire en nos atouts, pour certains, c’est plus compliqué et d’ailleurs les électeurs, finalement, s’en rendent compte depuis plus de vingt ans.

Car les dijonnais le savent : l'objectif que nous avons sans cesse poursuivi, c’est d'offrir une meilleure qualité de vie à nos concitoyens, quels que soient leur origine, leur quartier, leurs ressources. Nous avons développé la mixité sociale. Nous en sommes fiers ! Nous avons enfin atteint cet objectif que la loi nous imposait de construire tous ces logements locatif à loyer modéré. Nous en avons construits beaucoup, suffisamment pour atteindre juste le niveau de 20%. Nous avons rendu la démocratie plus vivante et la ville plus moderne, personne ne peut le nier. Nous sommes parvenus à donner à Dijon un nouveau rayonnement, une nouvelle vitalité et à assainir les finances communales par un désendettement historique de la ville, en maîtrisant les dépenses de fonctionnement, en soutenant une forte capacité d'investissement. Cette politique de bonne et saine gestion qui est un atout sera poursuivi. Agir pour le pouvoir d'achat des Dijonnais, agir pour la justice sociale et fiscale est l'un de mes engagements forts. La solidarité est au cœur de notre projet. On ne bâtit pas la ville du futur sans s'appuyer sur un ensemble de valeurs, sans rester attentif aux plus démunis et aux plus fragiles en protégeant leur pouvoir d'achat. La ville de Dijon doit être une ville à vivre pour tous. La Ville garantit aux Dijonnais un service public local de qualité, accessible à coût modéré et selon les revenus que ce soit, par exemple, dans la restauration scolaire ou dans les crèches.

Je pense aussi évidemment à cet instant à la jeunesse victime de la crise économique, aux étudiants dont les établissements sont fermés alors que rien ne remplace la présence physique et le contact humain. Je pense aussi aux seniors, je pense aussi aux personnes à mobilité réduite.

Je pense aussi à tous ceux qui sont frappés par la pauvreté et l'exclusion. C'est pourquoi, je veux qu'à l'avenir, nous continuions à cultiver tout ce qui nous incite le mieux à vivre ensemble. Voilà l'humanisme auquel nous sommes attachés. Ce modèle, nous avons commencé à le mettre en place dans les mandats précédents, mais il en reste !

Le pari de cette décennie nouvelle sera de savoir concilier les enjeux sociaux, environnementaux, économiques, pour une croissance sûre, partagée et juste ; pour continuer à faire de Dijon une ville à haute qualité environnementale et à haute qualité de vie où l'on puisse se loger, se déplacer, se former et trouver un emploi. Car c’est devenu une réalité : notre ville est attractive pour les entreprises, et vous aurez bientôt l’occasion de le constater une nouvelle fois. Nous voulons une ville sûre et solidaire, une ville de la réussite éducative qui permet de répondre à la double ambition – l'émancipation personnelle et l'égalité dans les chances de réussite –, une ville de culture accessible à tous, de sports et de loisirs, une ville attractive et qui deviendra la référence écologique.

Aujourd'hui, notre politique sert parfois de modèle à d'autres collectivités françaises ou internationales, par exemple avec le projet OnDijon qui n’a toujours aucun équivalent, même si des initiatives sont en cours. Ou avec son engagement concret qui place Dijon en finale du concours de Capitale Verte Européenne 2022 aux côtés de Turin, Grenoble et Tallinn. Si nous prétendons à une telle reconnaissance, ce n'est pas pour répondre à je ne sais quelle volonté de course effrénée aux podiums. Ce qui nous intéresse, c'est ce que nous faisons, jour après jour, pour notre ville et ses habitants. L'impérieuse exigence de la sociale-écologie est désormais une évidence. Cet espoir que nous avons résonne de cette ambition naissante pour l’environnement qu'avait déjà mon prédécesseur récemment disparu, bien loin à l'époque de l'urgence climatique à laquelle nous devons faire face aujourd'hui. Six villes françaises – Rennes, Paris, Grenoble, Nantes, Clermont et bien sûr Dijon – ont annoncé il y a quelques mois leur volonté de mettre en œuvre dix grandes mesures pour lutter contre le dérèglement climatique. Avec mes collègues, maires signataires – nous sommes tous réélus d’ailleurs - nous avons souhaité raviver l'esprit de la COP 21, de l'Accord de Paris préparé sous François Hollande par Laurence Tubiana, et nous insistons sur la capacité des villes à agir rapidement et concrètement face au péril climatique. Je suis heureux de constater qu'une nouvelle approche de l'écologie est désormais à l’œuvre. Elle s'imposera pour peu qu'on le veuille. Et nous le voulons, cette majorité le veut.

Mes chers collègues, en deux décennies, Dijon a profondément changé. Je ne dis pas que tout est parfait. Je ne suis pas dans le déni, comme on a pu le lire ici où là. Vous le savez tous, que Dijon s’est rénovée, modernisée, que nous avons entretenu son patrimoine, construit des logements pour tous – et nous en construirons encore - engagé profondément notre ville dans la lutte contre le réchauffement climatique, construit le tram, le réseau de chaleur… je ne vous refais pas l’inventaire. Et nous continuerons. Pas avec de la cosmétique, même si je ne suis pas opposé à des mesures symboliques. Il en faut parfois. Et quand je constate le succès rencontré par la plantation d’un seul arbre rue de la Liberté, par le mur végétal du passage du Bareuzai, je me dis qu’il ne faut pas parfois s’en priver, des mesures symboliques. Mais je vous en conjure, pas de confusion. La lutte contre le réchauffement climatique, c’est une ambition bien plus grande et cela ne se règle avec quelques arbres en ville évidemment. L’écologie n’est malheureusement pas à l’abri de la démagogie et la clarté ne nuit pas. Veut-on densifier la ville, ou veut-on supprimer des terres agricoles ? Préfère-t-on les terrains squattés illégalement ou les éco-quartiers où l'on peut vivre ? Veut-on supprimer le droit de propriété ? Oui, tout comme les maires de Grenoble, de Paris, de Rennes, de Nantes ou de Clermont-Ferrand, je suis un maire écologiste, et l’écologie à laquelle je crois, ce n'est pas l'écologie des contraintes, ce n'est pas l'écologie de la punition, c’est l’écologie des solutions, celle qui s’adresse, prioritairement, aux populations les plus défavorisées et non pas seulement aux bobos du centre-ville – mais si je les aime bien, je les respecte infiniment – mais que leur niveau de vie éloigne trop souvent des vraies préoccupations sociales, financières, quotidiennes qui sont celles du plus grand nombre et de ceux qui vivent dans les quartiers.

Là où je veux vraiment agir, c’est dans les domaines les plus consommateurs de carbone et émetteurs de gaz à effet de serre comme le logement, les transports ou l’alimentation. L’isolation thermique des habitations DOIT être une priorité. Pour le pouvoir d’achat, c’est moins de dépenses de chauffage ; pour l’environnement, c’est moins de rejet de gaz à effet de serre, pour l’économie, ce sont des emplois non-délocalisables. Des aides à la rénovation énergétique continueront à être proposées aux bailleurs et aux copropriétés. Et je demande à cet instant, instamment, à l'Etat, au gouvernement de demain, de lancer un grand plan pour nous accompagner dans cette lutte contre le réchauffement climatique par la préservation bien évidemment thermique des habitations existantes. En matière de transports, l'hydrogène à Dijon d'abord, dans la métropole, deviendra la source principale d'énergie des déplacements dans la métropole. C'est cela les solutions écologiques, c'est cela l'écologie de demain, c'est celle-là qui lutte contre le réchauffement climatique.

Mes chers collègues, pour faire avancer sa ville au service de tous ses habitants, il faut croire en elle. Il faut croire en ses atouts et ses ressources. Il faut assumer ses responsabilités. Je vous le dis franchement, je saisis mal le raisonnement – et peut-être ne suis-je pas le seul ici à Dijon - de ceux qui furent mes colistiers ou mes adjoints pendant trois mandats, qui ont exercé les responsabilités que je leur ai confiées, qui ont même pris leur petite part du bilan qui est le nôtre, et qui se retirent aujourd’hui en dehors de l’action, préfèrent le confort de l’opposition et la politique de la parole. Cela me donne l’impression d’un renoncement aux responsabilités au moment où justement, plus que jamais, l’urgence écologique est là. Car l’urgence de la lutte contre le réchauffement climatique,  je crois qu’elle n’attendra pas que vous vous envisagiez à nouveau à nous rejoindre. Travailler, mettre les mains dans le cambouis, mais c'est vrai que c’est toujours plus dur, mais c’est ici et maintenant. Surtout quand l’urgence est là et elle est là. Donc je le dis publiquement : dans la loyauté de ce qui avait toujours été notre relation politique : la parole est là et la porte reste ouverte.

Je conclus. Je conclus en exprimant bien sûr vous l'avez compris, mon émotion. Bien sûr, avec l'âge, j'arrive à maîtriser mes émotions mais elle est là, mon émotion, ma joie d’être réélu au poste de Maire. Ce vote fait de moi le dépositaire des valeurs de notre ville. C'est avec fierté que je reçois, une quatrième fois, cette immense et belle responsabilité, la plus exigeante qui soit. Dès aujourd’hui, je l'avais dit, mon équipe est immédiatement opérationnelle, elle va se mettre au travail. Parce que nous avons tenu dans le passé tous nos engagements, nous pouvons dire aux Dijonnais : voilà ce que nous voulons faire demain et ils savent que nous le ferons. Parce que qui a fait fera.
 
En ce qui me concerne, je serai comme je crois l’avoir toujours été un maire accessible, disponible, à l'écoute des habitants, un maire attaché à l'exigence démocratique et à l'exemplarité. Cette exemplarité, les élus des équipes municipales qui se sont succédées à mes côtés peuvent s’en prévaloir, nous n’avons jamais été pris en défaut sur ce point. Eh bien elle va continuer.

Avec mon équipe, nous serons des élus déterminés à inscrire notre action dans le quotidien, mais aussi à nous projeter dans l'avenir. Dijon est pour moi cette grande et belle ville qui permet à chacun de s’épanouir dans le respect de tous. Ensemble, je souhaite que nous portions plus loin le projet d’une ville de progrès social et écologique, une ville ouverte sur la société et ses évolutions, mais aussi, ne l'oublions pas, respectueuse des valeurs fondamentales de la République et de ses institutions. Et j'aimerais rappeler que notre action s'est toujours développée dans le cadre des idéaux humanistes, à partir d'une réelle pratique de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, de la lutte contre les discriminations et de la laïcité.

Nous avons la chance d'habiter dans une ville d'histoire et de culture où la proximité facilite la vie quotidienne, où les liens peuvent se tisser à toutes les échelles. Une ville qui cohabite avec une nature et une biodiversité qu’elle respecte. Une grande ville universitaire. Dijon a hérité d'un passé prestigieux, qu'illustrent son architecture remarquable et sa tradition gastronomique et viticole que nous allons encore mettre en valeur. Aujourd’hui-même, 4 juillet, nous fêtons exactement le 5ème anniversaire de l'inscription du secteur sauvegardé au Patrimoine mondial de l'Unesco dans le cadre des Climats des vignobles de Bourgogne. Il faut savoir que ce secteur sauvegardé qui nous a été légué par l'histoire et par mon prédécesseur, nous avons su lui donner la valeur universelle d'un bine exceptionnel qu'il est et qu'il restera. Le chantier de la Cité internationale de la gastronomie et du vin va bon train n'en déplaise à certains, et nous célébrerons avec enthousiasme en novembre les 10 ans de l’inscription du repas gastronomique des français au patrimoine de l’humanité. Le tourisme, nous ne l'oublierons jamais, est pour nous une activité économique majeure. Nous avons la vitalité encore d'une ville ancienne et d'une ville en devenir, à la fois innovante et attachée à son histoire, mais aussi, j'en suis fier et je suis sûr que vous partagez nombreux ces valeurs, c'est une ville européenne et ouverte sur le monde. Pardonnez-moi d’ailleurs, à cet instant, un coup de colère et de profonde déception en apprenant, il a deux jours, que le conseil d’Etat a validé un décret du gouvernement multipliant par 20 les frais d’inscription universitaire pour les étudiants étrangers. Cela met à mal notre tradition d'accueil notamment de tous ces pays d'Afrique qui étaient tellement fiers de pouvoir venir étudier à Dijon et devenir des cadres ensuite dans leur pays. Je regrette ce très mauvais signal donné à nos amis et à l’international.

Mes chers collègues, à l’heure où je revêts cette écharpe, je crois en notre ville, en notre capacité à lui imaginer et à lui construire un avenir. Si nous, élus, donnons les grandes orientations souhaitées,  
ce sont bien les agents municipaux et métropolitains qui les mettent en œuvre au quotidien. Je tiens donc ici, en terminant mon intervention, à saluer leur professionnalisme et leur engagement dans l’accomplissement de leur mission. C’est l’administration territoriale qui offre à Dijon toutes ses chances et nous avons ici à les remercier publiquement.

Quant à moi, je vous le dis, nous allons ensemble faire face à ces urgences sociales, économiques et écologiques auxquels nous sommes confrontés. J'ai confiance. Ayez confiance. Merci.