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17/05/2021 20:59

DIJON : Jean-Michel Blanquer défend «l’universalité» de la lutte contre les discriminations

Dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie, le ministre de l’Éducation nationale est allé échanger ce 17 mai avec des élèves du club LGBTQ+ du lycée Charles de Gaulle. Il a incité à ne pas «surinterpréter» le genre dans la langue.
Au lycée international Charles de Gaulle ce lundi 17 mai 2021, la lutte contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie était au centre des attentions, en l’occurrence la lutte contre les discriminations envers les élèves LGBTQ+.

Pour en parler, le ministre de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports, s’est présenté, avec à ses côtés le proviseur de l’établissement David Tran et la rectrice de l’académie de Dijon Nathalie Albert-Moretti, devant plusieurs élèves membres du club LGBTQ +, «un club ouvert à tous et à la participation de chacun, où tout le monde est sur le même pied d’égalité».


Le club a pour intérêt d’améliorer la communication entre les élèves et l’administration sur toutes les questions de discrimination liée aux orientations sexuelles et identités de genre, en partant notamment de l’idée que «parler à un élève, à un de ses pairs, est plus facile que se confier directement à un adulte».

«Le collectif doit être fort»


Ayant salué la démarche engagée, Jean-Michel Blanquer a d’ailleurs lui aussi encouragé les élèves victimes des discriminations à en faire part. «Personne ne doit se sentir seul face à un tel phénomène, le collectif doit être fort», a déclaré le ministre, en répondant aux membres du club que la mise en place suggérée d’un système d’écoute est un des travaux engagés par l’Éducation nationale et les rectorats avec des associations de lutte contre les discriminations.

«J’aurais aimé que les professeurs le remarquent plus facilement», s’est exprimé un élève victime de propos LGBT-phobes «assez violents». Jean-Michel Blanquer a assuré que le travail de repérage est à poursuivre, à accentuer. La création d’un observatoire de lutte contre ces discriminations est souhaité.

Articuler les luttes les unes avec les autres


Plus largement, le ministre de l’Éducation nationale a rappelé que la lutte contre les discriminations doit être une mobilisation de tous les jours, en insistant sur le fait que les LGBT-phobies «ne doivent jamais être considérées comme un sujet marginal».

Selon Jean-Michel Blanquer, cette lutte doit s’inscrire à part entière dans le cadre suivant : «On ne doit jamais considérer les sujets juxtaposés les uns par rapport aux autres, mais articulés les uns avec les autres. À Lire, écrire, compter, j’ajoute respecter autrui, le respect de l’autre, de son identité, de son origine. Ce qui fonde ce combat, c’est le combat des droits de l’homme, de l’universalité du genre humain. Le respect doit être le socle de base, plutôt que vouloir défendre des identités par les communautés».
Le ministre renvoie à la devise républicaine et appelle à montrer la diversité par l’universalisme en quelque sorte, contre «la tendance de la fragmentation» et des oppositions dans la société actuelle.

Ne pas se tromper de combat


En revanche, le ministre ne change pas d’avis sur l’écriture inclusive. C’est d’après lui se tromper de combat : «Le point médian peut poser des problèmes de compréhension pour des élèves souffrant déjà de difficultés. Je ne pense pas que c’est au travers de cette dimension-là que l’on fait avancer les choses. Et il ne faut pas se tromper de lutte par un combat qui n’est pas essentiel. L’écriture inclusive, c’est un peu une notion fourre-tout. Et faisons attention à ne pas sur-interpréter le genre dans la langue. On parle bien d’une sentinelle même quand il s’agit d’un homme, où est le problème ? Par contre, la question des représentations est essentielle, dès la maternelle».
Pour le ministre, l’enjeu de la féminisation de la langue est maintenu. Ce qui importe aujourd’hui, c’est un travail «très profondément pédagogique» contre l’ignorance de ce qu’est vraiment le choix de son orientation sexuelle et de son genre. Et Jean-Michel Blanquer lance : «Les auteurs de propos et de violences LGBT-phobes se sentent forts, mais il faut qu’ils se sentent ridicules».

Au lycée Charles de Gaulle, les membres du club LGBTQ+ partent du principe que c’est un devoir d’accompagner et de comprendre chaque lycéen. En souhaitant aller plus loin dans le respect des élèves LGBTQ+, que «leurs noms soient respectés sur les logiciels et sites académiques sans devoir passer par un avis médical».
La recrudescence des agressions LGBT-phobes a été pointée du doigt en présence du ministre, «des agressions qui ont un impact sur la santé mentale et les tentatives de suicide des élèves victimes».
Sans oublier une formation accrue des professeurs, dans laquelle Jean-Michel Blanquer a assuré que la lutte contre le harcèlement tient une place plus importante.

En rapport à l’actualité nationale et le meurtre d’une adolescente à Ivry-sur-Seine, poignardée par un autre adolescent, Jean-Michel Blanquer a également reconnu que la question du cyber-harcèlement doit être approfondie à l’échelle internationale, en lien étroit avec les réseaux sociaux numériques et autres plateformes, «pour lutter contre les messages de haine. Il y a encore énormément de progrès à faire. Ça doit créer une mobilisation générale sur les sujets qui vont à l’encontre du respect d’autrui».

Jean-Christophe Tardivon
et Alix Berthier

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