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17/07/2020 03:05

DIJON : Kalouf met sa «patte» artistique sur le M.U.R.

L’artiste venu de Lyon est pleinement dans la réalisation de son oeuvre à l’angle des rues d’Assas et Jean-Jacques Rousseau. Même si le contexte nous prive de vernissage, cette résidence marque la relance d'une dynamique artistique sur le M.U.R.
Kalouf est le 8ème artiste à s’exprimer sur le M.U.R. Le graffeur de Lyon a eu envie de partager sa sensibilité pour les animaux, «pour la faune».

«J’ai un message assez écologique dans ma peinture»


Depuis le lancement du projet, le M.U.R. nous a habitué à faire place à des graffeurs à la fois talentueux mais aussi porteurs de messages à travers leurs oeuvres. Le propre de l’art en fait.

Kalouf, 42 ans, 25 ans de pratique dans différents registres, a décidé de représenter un ocelot. «C’est un félin vivant en Amérique du Sud qui est beaucoup braconné pour sa fourrure... Derrière ça, j’ai un message assez écologique dans ma peinture… On est dans un monde où on détruit petit à petit tout notre environnement. Rien que dans nos campagnes, on voit qu’il y a moins en moins d’oiseaux, moins en moins d’insectes... On se tire une balle dans le pied car on se détruit nous-mêmes quelque part. Tout est lié», explique l’artiste.

Pour ce qui du graffiti, «la base est faite. Il faut maintenant avancer sur les détails». Kalouf a débuté son oeuvre mercredi et devrait la terminer dans les temps ce dimanche. Le format «intermédiaire» lui convient.

Pas de vernissage, mais la réalisation en direct quand même


Si les mesures liées à la crise sanitaire ne permettent pas - pour la première fois - d’organiser un vernissage en bonne et due forme, la réalisation en direct fait s’arrêter les passants, ainsi que l’exposition rétrospective de l’aventure artistique sur le M.U.R., étalée au pied de celui-ci.

C’est un des aspects très intéressants de l’art urbain selon Kalouf : «Ce qui m’intéresse, c’est que c’est accessible à tout le monde. Ça permet d’avoir un retour direct avec le public. Et il y a de l’interaction, on peut échanger. Il y a un côté social dans cette pratique artistique. C’est vraiment la rue qui me plait le plus». Sur la nacelle, bombe à la main, il profite d’un air de liberté artistique, dont le rendu progressif suscite regards et admiration.

C’est ainsi avec plaisir que Zutique Productions peut à nouveau donner carte blanche à un artiste sur le M.U.R… Cela après un précédent trimestre bloqué par le confinement. La dernière oeuvre visible avant celle de Kalouf était celle d’Alëxone, dont le vernissage datait du début d’année 2020.

La réouverture d'«un musée en plein air»


Rappelons que ce projet est porté par un collectif d’artistes dijonnais composé de RNST, Bretzel Film, Vizualistic et les Éditions Inencadrable, en collaboration avec l’association Zutique Productions et la Ville de Dijon : «Un musée en plein air, une galerie ouverte à tous qui se métamorphose directement sous les yeux des passants, ayant pour ambition de fracturer la frontière invisible qui sépare le public de l’art. Ce projet audacieux se cristallise sous l’appellation du M.U.R (pour Modulable, Urbain, Réactif) et est représenté par un support de 7 x 4 mètres situé au cœur du centre ville de Dijon, au carrefour de la rue Jean-Jacques Rousseau et de la rue d’Assas. Tous les trois mois, un artiste invité prend possession de cette surface d’exposition afin d’y réaliser une œuvre éphémère et inédite…».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier