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18/06/2020 19:46

DIJON : L’appel du 18 juin 1940 célébré, l’héritage du Gaullisme réaffirmé

Toujours dans le respect des mesures sanitaires, sans public et avec un minimum de personnalités locales, l’appel du Général de Gaulle a tout de même été commémoré ce jeudi en fin d’après-midi sur la place Gaston Gérard à Dijon, square du 18 juin... Retour en images et réactions d’élus sur ce qu’évoque l’héritage du Gaullisme aujourd’hui, 80 ans après son appel historique.
Chaque année, le calendrier fait que la Journée nationale de la Résistance du 27 mai est commémorée avant l’appel du 18 juin. Mais l’histoire rappelle aussi chaque année que c’est de cette déclaration faite par le Général de Gaulle, depuis Londres sur les ondes de la BBC en 1940, que l’idée de la résistance a émergé. Et c’est également ce sens de l’histoire qui était commémoré une nouvelle fois par la célébration de l’appel du 18 juin 1940, en l’occurrence à Dijon.

Le message du Général de Gaulle a été lu par Marie-Claude Barbey, fille de Jean-Claude Barbey, président des Diables Bleus de Bourgogne. Cela avant la lecture du message national de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des armées, par Christophe Marot, secrétaire général de la préfecture de la Côte-d’Or, organisatrice de la cérémonie on le sait.

Avant le respect des temps de recueillement, des gerbes de fleurs ont été déposées par le colonel Laurent Thiry, commandant en second de la région et du groupement de Gendarmerie, et le lieutenant-colonel Etienne Royal, commandant de la place d’armes de Dijon et délégué militaire départemental adjoint, Nathalie Koenders, première adjointe au maire de Dijon, et Elizabeth Revel, adjointe au maire de Dijon déléguée aux anciens combattants, François-Xavier Dugourd, premier vice-président du Conseil départemental de la Côte-d’Or, Denis Hameau, vice-président du Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté, les députés de la Côte-d’Or Didier Martin et Rémi Delatte, et Christophe Marot pour terminer.
Brigitte Tardivon était présente en tant que directrice départementale de l’ONACVG. Alexandre Guelaud, présent lors des précédentes cérémonies commémoratives, et Alban Joncour, pour France Libre, étaient porte-drapeaux de part et d’autre du monument.

Pour le 80ème anniversaire de cet appel du 18 juin 1940, nous avons interrogé des élus sur l’héritage du Gaullisme aujourd’hui ainsi que sur les actes de vandalisme visant la figure du Général de Gaulle, notamment attaquée dans le Nord dernièrement.

François-Xavier Dugourd, 1er vice-président du Conseil départemental de la Côte-d’Or :
«Le Gaullisme et l’Appel du 18 juin que l’on commémore ont une vraie actualité aujourd’hui... Le Gaullisme, c’était un état d’esprit de résistance et puis une certaine conception de la France, de sa position dans le monde, et aujourd’hui on a besoin de la positionner en Europe et dans le monde.
Par ailleurs, il y a une vraie question d’autorité de l’État. Le Général était porteur d’un État fort qui se faisait respecter et quand on voit ce qu’il se passe, à Paris et même à Dijon, où l’autorité est quand même largement bafouée, où certains font la loi dans les quartiers, on se dit que le message du Général devrait être davantage entendu.
Enfin, que l’on dégrade tout ce qui marque la Mémoire de notre pays, quelle que soit la figure visée par les dégradations, je trouve ça lamentable, dramatique pour tous les hommes et les femmes qui l’ont marquée.»

Didier Martin, député de la Côte-d’Or :
«Le débat a été clos il y a assez longtemps quand on a décidé de faire du 18 juin une célébration nationale. Les paroles de la ministre aujourd’hui disent cela et les paroles de celui qui a dit non sont irrévocables, de celui qui a refusé la défaite et les conséquences de la défaite, c’est à dire la mise sous tutelle de l’État français en quelque sorte.
C’est l’appel à la patrie, à la résistance, comme quoi on peut toujours lutter même si on est seul au début. Le Gaullisme, c’est la fierté nationale et l’amour de la patrie, c'est ne jamais renoncer quand on est porté par une espérance et une conviction.
Je suis convaincu que ceux qui commettent les actes de vandalisme ignorent l’histoire de notre pays. 80 ans, c’est déjà dans notre histoire et je ne comprends pas les motivations de vandaliser : pourquoi attaquer un symbole ? Je crois que c’est plutôt par ignorance pour ce qu’il représente. Il y a encore beaucoup d’éducation, d’explications à faire. L’histoire doit être non pas réinventée mais toujours réinterprétée avec les enseignants et historiens contemporains pouvant apporter des éclairages, avec les mots de notre époque sur un fait historique.»

Rémi Delatte, député de la Côte-d’Or :

«L’héritage du Gaullisme inspire déjà beaucoup de modestie, par rapport à toute la dimension du Général de Gaulle et surtout à cette idée qu’il avait de la France et de la liberté. Je crois aujourd’hui que beaucoup se réfèrent du Gaullisme mais je ne suis pas sûr qu’ils y placent toujours le même sens que le Général a lui-même donné à ses initiatives, à son courage et à l’énergie qu’il a employée. Les mots forts du Gaullisme sont le courage et l’intégrité, mais aussi l’idée qu’on ne badine pas avec la liberté.
Les actes de vandalisme sont profondément choquants et ce sont des gens qui ne connaissent pas l’histoire ou qui veulent la réinventer. Sur des sujets importants, comme celui-ci qui représente la liberté, on n’a pas le droit de salir la Mémoire. Il faut toujours se rappeler d’où l’on vient et cette période sévère pour notre pays n’aurait peut-être pas ouvert les voies que l’on connait aujourd’hui sans le Général de Gaulle, qui a eu à la fois cette autorité et cette clairvoyance dans la situation qui exigeait que le peuple de France se reprenne et s’engage. Notre devise républicaine nous le rappelle et ceux qui voudraient oublier l’histoire n’ont pas raison.»

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier