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01/10/2020 18:27

DIJON : L’humain et le lien au coeur de l’action du PIMMS

Le Point Information Médiation Multi-Services a fêté ses 20 ans. Deux décennies plus tard, l’importance de la médiation sociale perdure. Elle prend même de l’ampleur. Le PIMMS entend poursuivre sa mission, en privilégiant la dimension humaine comme socle fondamental.

Le PIMMS de Dijon a été créé il y a 20 ans à l’initiative d’EDF-GDF, de la Lyonnaise des Eaux et de La Poste sous le nom de Nouveaux Services Mutualisés, dont une première permanence avait vu le jour au centre commercial de la Fontaine d’Ouche en 2001. Avec une aide aux démarches administratives comme premier service à la population.

Un mission de tiers facilitateur


Depuis, l’action s’est étoffée et élargie, en tenant à rester dans le champ de la médiation sociale. «La médiation, c’est être un tiers facilitateur entre le service public et ses administrés, entre une entreprise et ses clients, notamment pour les plus fragiles. On est là pour recréer du lien ou créer de la proximité, remettre en relation», souligne Sandra Canet, directrice du PIMMS de Dijon depuis 2016 et étant entrée à l’association en 2011.

24 agents opèrent aujourd’hui sur le territoire dijonnais, via des permanences dans les mairies des quartiers notamment mais aussi à l’épicerie sociale et solidaire Épi’Sourire.
Les interventions des médiateurs et médiatrices peuvent se traduire par des aides aux démarches administratives on l’a dit, des négociations avec les entreprises administratrices de l’association - Keolis, SNCF, Enedis, EDF, La Poste et Suez - pour arriver à un étalement des impayés, des conseils sur la maîtrise de l’énergie, des aides au contact des passagers du tramway…

Pour une association attentive à l’importance de créer du lien, le confinement n’a pas été forcément un cadeau et il y aurait bien mieux que le contexte sanitaire pour faciliter les échanges et interactions.
La soirée-anniversaire organisée à La Vapeur jeudi 24 septembre, qui devait être une manière d’adresser des remerciements à toutes les forces vives du PIMMS de ces 20 années, a réuni 75 personnes, au lieu du double espéré dans un premier temps.

Cela dit, c’est justement dans un tel contexte que le PIMMS rappelle que ses agents sont-là, à disposition des gens dans le besoin. «C’est sûr, on a réaffirmé notre utilité sociale pendant cette période. Au déconfinement par exemple, il y avait besoin de rassurer», confirme Sandra Canet. Avec des activités intensifiées de phoning et de mailing, le PIMMS «a montré son adaptabilité et sa flexibilité».

La crise sanitaire renforce le PIMMS


Cyril Masselot, maître de conférences à l’université de Bourgogne et enseignant-chercheur en information et communication au sein du laboratoire Cimeos, était un des intervenants de la soirée à La Vapeur, pour y tenir une confiance sur la notion de «reliance».

Derrière cette thématique, l’enseignant-chercheur nous a fait remarquer : «On peut constater que l’on se trouve dans une société qui veut galoper vers toujours plus de technologie mais sans forcément prendre en compte l’usure de la vie quotidienne et l’accompagnement qui est nécessaire. Avec un peu de provocation, on dit parfois que l’humain est social mais pas sociable. Fondamentalement, il faut mettre de l’huile dans les rouages. On besoin d’être en sécurité psychologique et le lien permet celle-ci. Avec le confinement, on a bien vu que les interactions nous manquaient. De toute façon, c’est prouvé selon plusieurs études, on ne peut pas tous se comprendre. En réponse à cette incommunication, il faut des tiers pour faire l’effort d’améliorer les relations. Le PIMMS a un vrai rôle à jouer en ce sens, notamment pour accompagner dans les transitions et les éco-comportements».

L’association envisage de nouvelles actions. Mis à part un nouveau partenariat à venir avec l’entreprise C3B pour l’accompagnement des locataires du parc social pendant des périodes de travaux, la situation sanitaire et sa dégradation ces dernières semaines ont mis un frein aux projets, mais pour Thomas Fontaine, directeur général de Keolis Dijon Mobilités et nouveau président du PIMMS de Dijon, la base de l’association, l’approche suivant une dimension humaine, est gage de solidité, plus que le «tout numérique» sur lequel le PIMMS n’oublie pas l’accompagnement, en s’efforçant de «rapprocher au mieux les populations fragiles des exigences du monde d’aujourd’hui».

«La démarche du PIMMS prouve qu’on peut s’inscrire dans une économie capitaliste et avoir de bonnes intentions notamment pour ce qui est de la responsabilité sociétale des entreprises», remarque Hamid El Hassouni, adjoint au maire de la ville de Dijon, en rappelant ici l’engagement des entreprises dans la création et le financement de ladite association.

En 2019, le PIMMS de Dijon aura accompagné 6.000 usagers pour 21.000 motifs. Cela en poursuivant un autre engagement : l’insertion professionnelle. Les contrats aidés de chaque agent du PIMMS durent au maximum deux ans. 76% des salariés passés par le PIMMS de Dijon sont aujourd’hui en CDI.

La structure de Dijon fait partie des 65 PIMMS existants en France, portés par 35 associations. L’association dijonnaise se situent dans les premières créées.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier