
La maire de Dijon a reçu favorablement la demande des militants syndicaux. «Dijon est une ville de cheminots», a déclaré Nathalie Koenders, ce mardi 9 décembre.
Actualisé : Le 15 décembre, la proposition a été adoptée par le conseil municipal.
Le parvis de la gare n'a pas encore de nom. Après des échanges avec le groupe SNCF, la Ville de Dijon envisage de donner une suite favorable à la demande des militants syndicaux dijonnais de la CGT : baptiser la cour du nom de Pierre Semard.
«Pierre Semard est une figure majeure du syndicalisme français et une figure emblématique du monde ferroviaire», a expliqué Nathalie Koenders (PS), ce mardi 9 décembre 2025, à
Infos Dijon.
«Dijon est une ville de cheminots et un nœud ferroviaire»
La maire de Dijon répond ainsi à «une demande de la CGT» qui souhaiterait donc «mettre en avant un symbole de justice sociale et un résistant exécuté pour ses engagements». «Dijon est une ville de cheminots et un nœud ferroviaire. (…) Cela permet de raconter l'histoire de Dijon et d'inscrire notre paysage public dans les valeurs qui nous rassemblent.»
La décision sera soumise au vote des élus lors du conseil municipal du 15 décembre prochain.
Un symbole de la lutte pour la liberté et l'indépendance
Né le 15 février 1887 à Bragny-sur-Saône, en Saône-et-Loire, Pierre Semard a dû travailler dès l'âge de onze ans, dans l'Yonne et à Paris. Après trois ans dans l'armée, il entre aux chemins de fer en 1912 et devient militant syndical.
Inspiré par le syndicalisme révolutionnaire, il progresse après-guerre au sein du syndicat de l'union PLM. En 1921, il devient secrétaire général de la Fédération des cheminots de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) et adhère au parti communiste.
Il rencontre Lénine en 1922, à Moscou. En 1923, il est emprisonné quelques mois pour s'être opposé à l'occupation de la Rhur, en Allemagne ; il retournera à la prison de la Santé en 1927 pour s'être opposé à la guerre du Rif, au Maroc. De 1924 à 1929, il est secrétaire général du Parti communiste français. Il reste membre du bureau politique du PCF jusqu'en 1937.
Lorsque la CGT et la CGTU fusionnent, en 1935, Pierre Semard retrouve des responsabilités syndicales. Durant le Front populaire, il participe aux discussions en vue de la création de la SNCF et en devient brièvement administrateur.
À la suite du Pacte germano-soviétique, il est exclu de ses fonctions syndicales par des ex-confédérés de la CGT, puis, après la dissolution du PCF, il est emprisonné par la justice militaire française en octobre 1939.
Se revendiquant «patriote» et «révolutionnaire», il écrit des contes bourguignons, un roman antiraciste et un journal de prison dans lequel il envisage une réforme du système pénitentiaire.
Livré comme otage aux autorités allemandes, il est fusillé, le 7 mars 1942, à la prison d'Évreux. Depuis, communistes et cheminots honorent sa mémoire en en faisant un symbole de la lutte pour la liberté et l'indépendance. De nombreuses rues et places, proches de gares, portent son nom.
En 2007, à Dijon, l'université de Bourgogne et l’Institut CGT d’histoire sociale des cheminots ont organisé un colloque sur le parcours de Pierre Semard. (sources : Wikipedia et Musée de la Résistance en ligne)
Une éventuelle inauguration en commun avec SNCF Gares et connexions
Le parvis de la gare appartient au groupe SNCF auprès de qui un accord de dénomination a été obtenu.
Parallèlement, SNCF Gares et connexions envisage l'installation d'un café et d'un commerce supplémentaire à l'intérieur de la gare.
Même si aucune date n'est fixée à ce stade, l'inauguration de la future cour Pierre-Semard et des nouveaux commerces pourrait avoir lieu simultanément dans les prochains mois.
Actualisé le 17 décembre 2025 :Ce lundi 15 décembre 2025, le conseil municipal de Dijon a adopté la dénomination par 54 voix pour et 5 contre.
Jean-Christophe Tardivon