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22/03/2021 03:29

DIJON : La dynamique se poursuit aux Jardins de l’Engrenage

Alors que le tribunal judiciaire de Dijon a ordonné l’expulsion de la maison occupée sur le terrain destiné à un programme immobilier de 307 logements, les protagonistes des Jardins de l’Engrenage entendent mettre à profit le délai de six mois accordé aux occupants pour «enraciner» davantage leur projet. La fête du printemps a été organisée ce dimanche 21 mars.
C’est le 17 juin 2020 qu’une friche avenue de Langres a été investie par un collectif d’une dizaine de personnes. Depuis cette date, un rendez-vous est donné aux Jardins de l’Engrenage chaque 17 du mois. Le début du printemps s’en rapprochant ce mois-ci, l’association des amis des Jardins de l’Engrenage, forte aujourd’hui de plus de 80 adhérents, a organisé une fête ce dimanche 21 mars 2021, genre de portes ouvertes.

«On réinvente à notre niveau des formes de participation»


«C’est le printemps. Sortons, allons dans la nature, parlons à d’autres gens», déclarait Claire en plein milieu des jardins partagés, légèrement en contrebas de l’avenue de Langres.
Riveraine du terrain devant faire place à «Garden State», projet immobilier de 307 logements nécessitant plusieurs années de travaux, elle croit au contraire à l’idée développée par les occupants et leurs soutiens.

Guillaume Justo est l’un des occupants de la maison restant sur le terrain. Suite au premier confinement de mars et avril 2020, cet intermittent du spectacle a quitté le Morvan pour venir s’installer ici et transformer la friche. «J’aurais pu continuer à cultiver mon propre jardin là-bas mais je trouve qu’il y a plus de sens à le faire en ville», fait-il remarquer. En constatant : «Il n’y a eu aucune réaction, aucune remise en cause de notre manière de fonctionner (depuis le premier confinement)».

Selon lui, le projet développé permet d’«interroger en profondeur sur nos manières de fonctionner. On réinvente à notre niveau des formes de participation, de démocratie où les gens viennent car ils sont intéressés par le projet. Un lieu comme celui-ci donne les moyens de réinvestir la chose publique». La discussion prévaut avant toute décision prise.

Ambiance festive au coeur du projet


C’est donc ce modèle qui était exposé ce dimanche. Alors que le dernier jugement rendu par le tribunal judiciaire de Dijon datant du vendredi 19 mars se traduit par une ordonnance d’expulsion de la maison occupée, avec un délai de 6 mois à ses occupants pour quitter les lieux, ces derniers ne se découragent pas. En août 2020, la procédure judiciaire avait été lancée par la mairie de Dijon. L’expulsion des jardins avait été prononcée en novembre 2020.

À l’occasion de ces portes ouvertes, les visiteurs pouvaient parcourir les jardins, où la butte créée par la destruction d’une pelleteuse le 24 juillet 2020 a été mise en culture. À l’opposé de la partie de terrain sur laquelle était passé l’engin, une serre a été dressée récemment.
Pour fêter ce début de printemps, un mini-marché, une buvette et un four à pizzas ont rassemblé une centaine de personnes en milieu d’après-midi, dans une ambiance dansante et festive.
Des ateliers de fabrication de nichoirs à oiseaux ou bien de plantations, aux abords de l’avenue de Langres, étaient également proposés. Les inscriptions pour revenir cultiver des bouts de parcelles étaient ouvertes. Des permanences en ce sens sont organisées les mardis après-midis et les samedis.

Engager un dialogue avec la Ville et le promoteur


Les protagonistes des Jardins de l’Engrenage disent aujourd’hui prendre acte de la décision du tribunal. Tout en réaffirmant : «Pour nous, chaque jour, chaque semaine, chaque mois gagné dans cette lutte contre la bétonisation de la nature, est une victoire contre l’adversité. Jardiniers de l’Engrenage, Dijonnais.es protégeant cet espace, nous mettrons à profit les six prochains mois pour nous enraciner encore plus solidement dans cette terre dont nous prenons soin, à l’image des légumes qui y pousseront pour une nouvelle saison dans le potager collectif et les jardins familiaux».

Claire parle d’espaces «pour revenir à du concret, revenir à la terre, permettre aux habitants d’avoir un havre de paix et de fraîcheur en été, dans un secteur qui compte déjà plus de 1.000 logements».

L’objectif des occupants et de l’association est de montrer à la Ville de Dijon qu’un espace naturel commun sur 2 hectares est plus judicieux que de nouveaux logements. «Cette réflexion, nous souhaitons pouvoir la mener aussi avec la Ville, comme nous l’avons proposé au maire dans notre lettre ouverte du 4 mars 2021. Nous espérons que ce nouveau délai imposé par la justice permettra d’engager un dialogue avec la Ville et le promoteur, sur la possibilité de préserver cet espace naturel dans un quartier déjà sur-densifié en logements, pour créer un véritable îlot de fraîcheur pour les mois et les années caniculaires qui s’annoncent malheureusement».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

















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