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16/03/2021 13:23

DIJON : «La Mission Locale, c’est la main tendue pour la réussite des jeunes» selon Hamid El Hassouni

Le président de la Mission Locale de l’arrondissement de Dijon a présenté le 12 mars les outils d’accompagnement existants pour les jeunes de 16 à 25 ans. La Mission Locale s’attend à devoir répondre présente dans le cadre de l'élargissement de la Garantie Jeunes.
«C’est une crise économique et sociale qui frappe de plein fouet la jeunesse. La Mission Locale doit être en capacité d’avancer des solutions notamment par une approche globale au travers d’un accompagnement socio-professionnel, en prenant aussi en compte des questions périphériques telles que celles de la santé, du logement, de la mobilité et des ressources, dans un travail partenarial».

C’est par ces propos que le président de la Mission Locale de l’arrondissement de Dijon a posé le cadre de la conférence de presse du vendredi 12 mars 2021. Elle s’est tenue dans les locaux de la MiLo, 8 rue du Temple à Dijon.


Baisse sur les entrées en emploi et les immersions en entreprise en 2020


En 2020, la Mission Locale de l’arrondissement de Dijon, présente sur 20 lieux et dont 18 % de l’activité est développée hors métropole dijonnaise, a accompagné 5.553 jeunes, dont 2.240 jeunes reçus pour la première fois et 15% résidant dans des quartiers de la politique de la ville (à Dijon, Chenôve, Quetigny, Talant et Longvic). Dans une année en grande partie marquée par la crise sanitaire, avec en l’occurrence une fermeture de trois mois des locaux d’accueil, l’activité a été similaire à 2019. Avec tout de même -15% d’entrées en emploi (2.122 en 2020) et -50% d’immersions en entreprise (700 en 2020).

Plusieurs accompagnements et outils


Frédéric Remond, directeur de la Mission Locale de l’arrondissement de Dijon, rappelle que le sens de l’action porte sur l’accompagnement dans l’orientation des jeunes puisque «50% des jeunes accompagnés sont sans diplôme», ainsi que dans l’accompagnement des jeunes de 16 à 18 ans via un travail de repérage mené avec l’Éducation Nationale. Des immersions en entreprise, des formations qualifiantes et pré-qualifiantes, des services civiques ou bien des offres d’emploi peuvent être proposés.

La Mission Locale s’arrête d’ailleurs sur deux contrats aidés, en lançant implicitement un appel aux employeurs du secteur marchand d’une part pour le CIE Jeune et aux employeurs du secteur non marchand d’autre part pour le PEC (collectivités territoriales et autres personnes morales de droit public). Les emplois francs accessibles dans les QPV (demandes d’aides sur les contrats ouvertes jusqu’à fin mars) sont aussi évoqués.

Objectif : 600 Garanties Jeunes en 2021


Dans une «politique de la main tendue pour la réussite des jeunes», Hamid El Hassouni et Frédéric Rémond mettent en avant la Garantie Jeunes, «un contrat réciproque d’engagement entre le jeune et la Mission Locale basé sur le principe de l’emploi d’abord». Elle avait été mise en place en 2015, sous la présidence de François Hollande. Elle se traduit notamment par une allocation maximale de 497 euros par mois, durant un accompagnement de 9 à 18 mois. Le tout conditionné à l’obligation pour le jeune concerné de faire des stages ainsi que des démarches pour trouver un emploi.

Dans le cadre du plan de relance, le plan «#1jeune1solution», au coeur duquel se trouvent les Missions Locales, comporte des mesures dont cette Garantie Jeunes fait partie. Un assouplissement des conditions d’accès à la Garantie Jeunes doit permettre à 200.000 jeunes d’en profiter au niveau national (contre 100.000 auparavant). «Se pose quand même la question des moyens alloués», prévient Frédéric Remond. Alors que la Mission Locale de l’arrondissement de Dijon est à la recherche de nouveaux locaux, 3 à 4 conseillers supplémentaires seraient nécessaires afin d’être en capacité de répondre aux potentiels bénéficiaires de la Garantie Jeunes.

«140 millions d’euros au niveau national devraient être alloués pour accompagner cet élargissement de la Garantie Jeunes, ce qui est plutôt sur la bonne voie», note Hamid El Hassouni. L’occasion aussi d’appeler l’État à «renforcer le soutien aux collectivités et aux associations pour l’embauche des jeunes».

Depuis 2015, la Mission Locale de l’arrondissement de Dijon a accompagné 1.809 jeunes dans le cadre de la Garantie Jeunes. 98,2 % d’entre eux ont démarré une situation professionnelle (stage ou emploi) durant les 12 mois pendant lesquels ils ont suivi le programme. 46,7 % des jeunes sont sortis avec une solution d’emploi-formation au bout des 12 mois. Si la crise sanitaire de 2020 a fait que le Mission Locale n’a pu inscrire que 273 jeunes dans le dispositif (alors que les prévisions d’avant-crise étaient de 340 jeunes), l’objectif pour cette année 2021 est d’en faire profiter 600 jeunes.

Les assouplissements des critères d’entrée dans la Garantie Jeunes portent notamment sur le fait que le jeune n’a plus nécessairement besoin de se déclarer fiscalement autonome pour en bénéficier, l’évaluation du plafond de ressources sur les trois ou six derniers mois permettant de prendre en compte des parcours plus varié et la modulation du parcours en fonction de la situation de chaque jeune. En outre, la Garantie Jeunes sera désormais ouverte aux jeunes en situation de handicap jusqu’à l’âge de 30 ans.

La jeunesse «dans un no man’s land social»


Pour leur ouvrir encore plus les portes du programme, Frédéric Remond aimerait que le verrou de la condition de revenu saute (la Garantie Jeunes est accessible en-dessous d’un certain niveau de ressources du jeune ou des parents). Hamid El Hassouni interpelle implicitement le gouvernement en s’interrogeant sur le statut social de la jeunesse, «qui n’est ni étudiante, ni salariée, dans un no man’s land social» et «envers laquelle il y a une certaine forme d’hypocrisie, car on veut en parallèle qu’elle soit adulte et responsable dès 18 ans».

En ce sens, le président de la Mission Locale défend l’idée d’une allocation pour les jeunes : «Il s’agit juste de leur donner de quoi subvenir à leurs besoins. Il ne suffit pas de traverser la rue pour trouver du travail. L’idée est d’avoir un minimum de ressources le temps de la crise, éventuellement sous condition de ressources. Il y a une déconnexion de la part de certains de nos dirigeants. On n’est pas là dans une posture d’assistanat ou de bureau, on est là pour répondre à un besoin primaire. Mais je ne dis pas que ça doit remplacer l’emploi. Ça doit être un amortisseur social. Et on peut s’y attendre, les chiffres alarmants de la pauvreté risquent d’augmenter».

La Garantie Jeunes universelle (497 euros) est perçue positivement, mais le «minimum jeunesse» - que Boris Vallaud est allé promouvoir sur le campus universitaire de Dijon le 3 mars dernier (lire notre article en cliquant ici) - serait plus pertinent pour son inconditionnalité de l’allocation proposée. Cela dans un contexte où la Mission Locale s’attend à une augmentation des étudiants et des bacheliers diplômés parmi les publics accueillis, la raison à un décrochage universitaire mais aussi à un bizutage social sans trop de perpectives solides et pérennes en temps de crise.

«Je m’en sors bien»


L’année dernière, sur le total des jeunes accompagnés par la Mission Locale de l’arrondissement de Dijon, plus de 60 % ont trouvé des CDD ou de l’intérim, et 15 % des CDI.

Fabien, 22 ans, de Dijon, a bénéficié de la Garantie Jeunes. Il s’est retrouvé «à la rue» suite au placement de sa grand-mère chez laquelle il vivait. Ayant quitté le lycée avec un BEP Électrotechnique, le programme dans lequel il est entré en septembre 2020 a commencé par lui redonner confiance en lui au travers des quatre semaines de cours collectifs. Six mois plus tard, le 1er mars 2021, il a signé un CDI à Casino Clemenceau, entreprise qui a pu le voir à l’oeuvre durant deux périodes de stage.
Employé libre-service, il s’assure notamment que «tout soit correctement bien rangé», dans un cadre et une ambiance de travail qui lui plaisent. «Je m’en sors bien», mesure le jeune, passé «entre les gouttes de la crise» (aujourd’hui en activité partielle) et qui a pu obtenir une chambre au Foyer des jeunes travailleurs.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier




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