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03/07/2020 19:12

DIJON : La piétonnisation autour des Halles, bonne idée ou opération mitigée ?

Infos-Dijon est allé à la rencontre des restaurateurs et autres commerçants autour des Halles pour prendre la température de la piétonnisation décidée par la Ville de Dijon jusqu'à fin août.
Le mercredi 1er juillet, nous étions au lancement de l’opération Festiv’Halles, le programme d’animations porté par Shop In Dijon et l'UMIH visant à accompagner la piétonnisation autour des Halles.
Le flux était timide il faut le dire vers 18 heures, mais les terrasses se remplissaient progressivement. Les restaurants avaient eux aussi étendu leurs espaces extérieurs. C’est notamment cela que permet la piétonnisation autour des Halles, en toute sécurité et sans les voitures tout l’été.

«De mai à fin septembre par exemple, ce serait parfait»


«Je n’appellerais pas ça une simple mesure, c’est un projet pour la ville, pour le quartier des Halles». David Zuddas apprécie la décision, lui qui a ouvert Peppuccio en septembre 2019 mais qui est aussi à l’oeuvre dans son restaurant DZ’Envies depuis 12 ans déjà (juste à côté de Peppuccio rue Odebert).
Cette piétonnisation donc, «en tant que restaurateur et dijonnais convaincu, je pense que ça s’imposait» poursuit le chef, qui pense que ça va dans le sens de l’attractivité touristique dijonnaise. «Toute l’année ça ne se justifie pas mais lorsque le soleil montre son nez, oui. De mai à fin septembre par exemple, ce serait parfait. Et en plus, ça vient comme une très bonne décision après la crise sanitaire».

Pour David Zuddas, «la reprise est disons poussive, mais c’est mieux que d’être fermé». L’extension de sa terrasse lui permet de récupérer une partie de la capacité perdue par le respect des mesures sanitaires (35 couverts supprimés sur 100 à Peppuccio et 30 sur 78 à DZ’Envies).

«Ça crée une autre ambiance c’est sûr»


Pour le chef Jérôme Brochot, qui tient L’Impressionniste (6 rue Bannelier), sa disposition «aérée» à la base lui a permis de ne pas réduire sa capacité début juin.
Cet été, il voit la piétonnisation autour des Halles comme l’occasion d’aménager un cadre plus agréable. «Sans le passage des voitures, ça crée une autre ambiance c’est sûr. Espace piéton à l’année, ce serait pas mal non plus», dit-il. Le premier week-end de ces deux mois d’été qui s’annoncent sera selon lui un bon révélateur d’une reprise qui mériterait un coup de boost.
Jérôme Brochot compte cinq employés à L’Impressionniste.

«C’est génial, et on le voit bien, ça crée une émulation»


Grâce à la piétonnisation, La Buvette peut sortir des Halles. Et elle a fait le plein dès le premier jour. De quoi donner la pêche au gérant Romain Lochen ainsi qu’à son équipe : «C’est génial, et on le voit bien, ça crée une émulation. Les gens sont contents. Peut-être fallait-il piétonniser le quartier avant, mais le confinement a au moins eu le mérite de faire avancer des sujets. Après les événements négatifs d’il y a deux semaines, c’est bien de montrer que c’est ça Dijon : sortir, se retrouver pour boire des coups, faire la fête… On n'a qu’une envie aujourd’hui, c’est que tout se passe bien, qu’on continue à bien discuter tous ensemble autour des Halles, pour pouvoir dire que ce n’est que la première édition ! Tout s’est mis en place et la dynamique ne fait que commencer. Évidemment, je travaille habituellement sous les Halles donc la réflexion m’arrange mais pourquoi ne pas les ouvrir plus que quatre demi-journées par semaine en temps normal ? Comme à Narbonne, à Sète, à Lyon… Plus ça bouge, mieux c’est pour tout Dijon».

«Ce n’est pas négatif mais il faut que chacun y trouve son compte»


Pour les bars et les restaurants, la dynamique facilitée est porteuse d’espoirs. Mais attention à ne pas oublier les autres commerces installés. Denis Despiney est gérant du Casino shop au 22 rue Odebert, quelques mètres en retrait du tour des Halles. Une proximité dont il profitait tout de même via la possibilité pour les clients de se stationner quelques minutes.

«Ce n’est pas négatif mais il faut que chacun y trouve son compte. Je dis que la piétonnisation c’est bien mais pas sur toute la semaine. Pourquoi pas de jeudi à dimanche, pour laisser les autres commerces bien fonctionner aussi les autres jours de la semaine. En une journée, on a fait 200 clients en moins, sur une moyenne à 500 clients. Il faut voir l’attractivité que ça peut générer sur la durée, mais je suis dubitatif. Je ne suis vraiment pas sûr que ce soit bénéfique sur une semaine complète. Pour les restaurants oui, mais pour les autres petits commerçants, pas sûr... Mes horaires d’ouverture (8h-22h) me feront voir des clients, en récupérer peut-être, mais ceux qui ferment plus tôt vont être touchés», tempère Denis Despiney sur l’enthousiasme général.

Rappelons que la décision de piétonniser - dont nous avions parlé en amont - a été officialisée le 5 juin dernier. Le maire de Dijon a décidé que «le tour des Halles centrales sera complètement piétonnisé en juillet et en août».  Les terrasses peuvent ainsi être étendues devant les établissements en laissant un passage pour les véhicules de secours. Il est précisé que «la Ville de Dijon sera vigilante quant aux autorisations données, qui seront retirées en cas de manquement aux règles de bon voisinage et de non-respect des limitations sonores» (lire le communiqué en cliquant ici).

Mercredi 1er juillet, François Rebsamen s’est rendu sur place pour le lancement de l’opération Festiv’Halles, accompagné notamment de l'adjointe sortante au commerce Danielle Juban.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier