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12/09/2020 18:10

DIJON : La rentrée des Gilets Jaunes

Plus d'une centaine de personnes se sont retrouvées place de la République à Dijon ce samedi 12 septembre afin de répondre à un appel national en vue de reprendre le mouvement des «gilets jaunes». Les forces de l'ordre ont empêché le cortège de gagner le centre-ville.
Une cinquantaine de personnes attendaient à l'ombre des arbres de la place de la République ce samedi 12 septembre 2020 à 14 heures. Petit à petit, le nombre grandissait avec quelques effusions de joie en retrouvant des connaissances à l'occasion de cette rentrée des «gilets jaunes». Crise sanitaire oblige, plusieurs masques jaunes ont fait leur apparition.

«On va essayer de manifester sans se faire gazer»


L'ambiance du jour a été résumée par Mickaël : «malgré le fait qu'on n'ait pas le droit de manifester aujourd'hui, on va essayer de manifester sans se faire gazer». Le rassemblement servant à «dire que l'on est toujours là, qu'on n'est pas mort» même si «la répression a eu raison de nous, ceux qui restent se sont les plus courageux». Les Gilets Jaunes de Dijon veulent toujours «la justice sociale et l'abolition des privilèges». Avec le temps, «les revendications n'ont pas changé». Le mouvement se dit «apolitique» et «insatisfait du gouvernement».

À 14 heures 30, un sondage a eu lieu pour décider de l'orientation de la manifestation : rond-point ou centre-ville ? À main levée, la majorité a rapidement opté pour le centre-ville. Un premier mot d'ordre fuse : «direction place du Trente». Il ne sera pas suivi d'effet puisque les premiers à partir se dirigeront directement vers la rue Jean-Jacques Rousseau. En ce début de déambulation, on pouvait estimer la participation à 120 personnes environ.

Interdiction de manifester au centre ville


La préfecture de la Côte-d'Or avait publié le 10 septembre 2020 un arrêté interdisant les manifestations non déclarées du samedi 12 septembre 8 heures au lundi 14 septembre 8 heures afin de prévenir «les troubles à l'ordre public».

Le préfet a mis deux arguments en avant en considérant «les violences commises systématiquement contre les Forces de Sécurité Intérieure lors des précédentes manifestations non déclarées» et «la tenue d'une braderie au centre ville de Dijon ce même samedi susceptible de rassembler de nombreuses personnes».

Le périmètre correspondait à l'intérieur de la zone délimitée par la place de la République, la place du Trente-Octobre, la place Wilson, la rue de l'Arquebuse et la place Darcy.

Les policiers repoussent le cortège


À peine des éclaireurs s'étaient-ils détachés du cortège pour s'engager dans la rue Jean-Jacques-Rousseau qu'un fourgon de la Police nationale apparaissait au niveau de l'intersection avec la rue d'Assas. Après les sommations, quelques jets de grenades lacrymogènes repoussaient les manifestants en direction du boulevard Thiers.

Arrivant devant le lycée Carnot aux cris de «police partout, justice nulle part» et de slogans anticapitalistes, rebelote. Cette fois, les gaz lacrymogènes dispersaient le cortège tandis que les policiers s'installaient de part et d'autre de la place de la République pour étudier l'évolution de la situation en lien avec le PC sécurité.

Quelques manifestants sont revenus dans le calme au point de départ vers 15 heures. Du côté des forces de sécurité intérieure, on rappelait que les interventions visaient à «faire respecter l'arrêté préfectoral» en empêchant les manifestants de «déambuler sur le périmètre interdit». Les personnes présentes de façon statique sur la place de la République n'ont donc pas été inquiétées.

Cependant, quelques manifestants se sont discrètement glissés dans la foule des badauds rue de la Liberté pour un temps statique au niveau de la place François-Rude peu avant 15h30, là aussi dans le calme.

Une interpellation sans lien avec la manifestation


En fin d'après-midi, la préfecture de la Côte-d'Or indiquait qu'il n'y avait eu ni blessé, ni interpellation parmi les manifestants. Néanmoins, un homme a bien été interpellé ce samedi car trouvé en possession d'héroïne et de 2.000 euros en numéraire, ce qui ne semble pas devoir être relié a priori aux Gilets Jaunes.

La préfecture considérait donc que le périmètre interdit avait été «à peu près respecté» ajoutant : «pas de dégât, pas de blessé, pas d'échauffourée, on peut être satisfait de la manière dont cette manifestation s'est déroulée». Ce qui apparaît comme une validation de la stratégie des forces de sécurité intérieure ayant opté pour un dispositif léger et très mobile.

Jean-Christophe Tardivon