
Comme dans de nombreuses villes de France, une cérémonie de commémoration de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions avait lieu, ce dimanche 10 mai.
Depuis 2006, le 10 mai est tous les ans la journée nationale de mémoire de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions. Cette année, cette journée marquait aussi le 25eme anniversaire de la loi du 10 mai 2001, dite loi Taubira, qui a fait de la France l'un des premiers pays au monde à reconnaître la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité.
A Dijon, la cérémonie s’est tenue au stade Paul Doumer où est installée une plaque commémorative qui témoigne « de la volonté de la municipalité de rassembler les citoyens autours de la compréhension du passé pour bâtir l’avenir ensemble dans une ville exemplaire ».
Environ 80 personnes étaient présentes ce dimanche pour participer à cette cérémonie qui fut très solennelle et qui a été présidée par Aurélie Contrecivile, sous-préfète et directrice de cabinet de la préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté et de la Côte-d'Or. Parmi les personnalités politiques locales, il y avait Antoine Hoareau, premier adjoint de la maire de Dijon, Catherine Hervieu, députée de la 2eme circonscription de Côte-d’Or, Michel Neugnot, vice-président du conseil régional et Patrick Chappuis, vice-président du conseil départemental. Enfin, les autorités militaires étaient représentées par le général de division Christophe Husson et par le lieutenant-colonel Hervé de Barbeyrac.
« L’esclavage est un attentat contre la dignité humaine »
La cérémonie a été marquée par plusieurs prises de parole avec notamment celle d’Antoine Hoareau. Le premier adjoint à la mairie de Dijon a rappelé les faits historiques liés à l’esclavage avec le décret d’abolition du 27 avril 1848 qui a proclamé l’esclavage comme étant « un attentat contre la dignité humaine », puis la loi Taubira en 2001. Antoine Hoareau a aussi fait référence au poète et homme politique Aimé Césaire et son discours sur le colonialisme :
« Cette mémoire de l’esclavage nous oblige à transmettre cette histoire dans toute sa complexité ». Et selon Antoine Hoareau « dans un monde où subsistent encore des formes d’exploitation, ce message reste profondément actuel ».
« La liberté et la dignité ne sauraient souffrir d’aucunes exceptions »
La sous-préfète Aurélie Contrecivile est également revenue sur le long cheminement qu’il a fallu avant d’arriver à l’abolition de l’esclavage au 19eme siècle et la reconnaissance de cette pratique comme un crime contre l'humanité. Aujourd’hui, « la liberté et la dignité ne sauraient souffrir d’aucunes exceptions », selon Aurélie Contrecivile qui a toutefois rappelé que le combat n’est pas encore terminé : « Les Nations-unis estiment à 50 millions le nombre de personnes souffrant d’un asservissement comparable dans le monde. Comment peut-on encore clamer aujourd’hui la supériorité supposée des uns sur les autres et justifier d’un lien de servilité ! Notre présence ce jour reflète notre engagement commun dans la lutte contre la persistance de cette pratique inhumaine ».
Aux discours prononcés par les personnalités politiques, se sont ajoutées trois lectures de textes symbolisant la lutte contre l’esclavagisme. Des élèves du collège Champollion de Dijon, présents pour l’occasion, ont également chanté à plusieurs reprises avant qu’une Marseillaise ne soit entonnée par l’ensemble des personnes présentes. La cérémonie s’est terminée par le dépôt de plusieurs roses blanches devant la plaque commémorative de la ville de Dijon de la traite et de l’esclavage.
Fabrice Aubry










