
La municipalité mobilise 3,5 millions d'euros pour réaliser une première tranche de travaux d'ici la fin 2025 et ainsi créer le «parc Gustave Eiffel». «Ce parc urbain existe déjà», ont noté, ce lundi 25 septembre, les opposants Emmanuel Bichot et Laurent Bourguignat.
Promeneurs qui regardent les bateaux sur le canal de Bourgogne et les oiseaux autour de l'Île aux canards, résidents qui profitent des bancs sous les arbres du quai Navier, clients des commerces du quai Nicolas-Rolin qui garent leurs voitures à l'ombre de grands arbres, parents qui jouent avec les enfants dans le parc jouxtant l'avenue Jean-Jaurès, amateurs de musiques urbaines qui se retrouvent sur l'espace enherbé de la place du 1er-Mai... nombreux sont les usagers des espaces verts du port du canal.
Pourtant, le lieu souffre à présent de la comparaison avec la Cité de la gastronomie qui, par effet de contraste, souligne ce qui est perçu, selon les uns ou les autres, comme un charme désuet ou une absence d'évolution.
Aussi, la Ville de Dijon compte-t-elle mener des travaux pour embellir ces espaces verts, leur donner de la cohérence et renforcer le lien avec le nouvel équipement culturel et touristique voisin par une passerelle au-dessus de l'Ouche.
Un futur «parc Gustave Eiffel»
Ce lundi 25 septembre 2023, réunis en conseil municipal, malgré quelques interrogations parmi les oppositions, les élus ont voté une enveloppe globale de 9 millions d'euros dédiée à des travaux en deux tranches et lancé une consultation pour désigner un maître d’œuvre.
La municipalité souhaite que la première phase du chantier, concernant le pourtour du port du canal, soit achevée d'ici la fin de l'année 2025, de façon à créer le «parc Gustave Eiffel».
«Créer un grand parc urbain à l'interface avec la Cité de la gastronomie»
«Le réaménagement du Port du Canal a pour ambition de créer un grand parc urbain à l'interface avec la Cité de la gastronomie, afin d'accroître son rayonnement au-delà de l'échelle métropolitaine», explique le rapport présenté aux élus.
La Ville de Dijon définit quatre enjeux à ce réaménagement : «conforter le rôle de parc urbain du Port du Canal pour en faire un réservoir de biodiversité au cœur des mailles verte et bleue métropolitaines», «améliorer les connexions urbaines en renforçant les liens fonctionnels et visuels avec les espaces publics périphériques du port, en particulier pour les modes doux de déplacements», «développer les usages conviviaux et inclusifs favorisant la cohabitation des publics, dans toute leur diversité sociale, démographique et géographique», «de manière générale, rénover et renouveler l'image du Port du Canal et conforter son identité paysagère forte en s'appuyant sur les patrimoines déjà présents : végétal, mais aussi bâti, hydraulique».
Une première tranche estimée à 3,5 millions d'euros
L'enveloppe financière globale est estimée à plus de 9 millions d'euros déclinée en deux phases : une tranche «ferme» de 3,5 millions d'euros et une tranche «optionnelle» de 5,5 millions d'euros.
La Ville de Dijon compte obtenir des subventions venant notamment de l'Union européenne, de l’État, de l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse, du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté ou encore du conseil départemental de la Côte-d'Or.
«Nous embellissons un espace vert qui existe déjà», a noté Laurent Bourguignat
Après la présentation des grandes lignes du projet de réaménagement par Pierre Pribetich (PS), adjoint au maire délégué notamment à l'urbanisme, les différentes oppositions ont pu s'exprimer.
Président du groupe d'opposition Dijon autrement, Laurent Bourguignat (LR, NE) a relevé des «aspects séduisants» rapidement accompagnés de «bémols» : «l'insuffisance de la concertation» et «un périmètre trop restreint limité aux abords immédiats du plan d'eau».
L'opposant a proposé d'aménager «un parc le long de l'Ouche à la place de la nouvelle tranche de construction prévue avenue de l'Ouche» (
lire notre article) et «d'acquérir et démolir le bâtiment du 2, quai Nicolas-Rolin – le "
blockhaus" pour tout dire – qu'occupent aujourd'hui une pharmacie et une épicerie, en concertation étroite avec le pharmacien et les commerçants concernés pour les accompagner dans leur transfert, pour permettre une vraie passerelle entre le port du canal et la Cité de la gastronomie».
Cependant, l'élu municipal s'est adressé au maire en faisant le vœu qu'il ne s'agisse pas «du parc urbain que vous avez annoncé vouloir créer avant la fin du mandat». «Ce serait quand même décevant. Au port du canal, nous ne créons pas un parc, nous embellissons un espace vert qui existe déjà depuis longtemps et qui est déjà très apprécié par les usagers».
«Quand vous demandez aux habitants, ils ne considèrent pas que c'est un espace vert pour le moment», a rétorqué François Rebsamen (PS, FP), maire de Dijon.
«Nous ne voyons qu'un catalogue de belles intentions», a regretté Emmanuel Bichot
«Votre rapport soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses», a lancé à son tour Emmanuel Bichot (LR, AD), président du groupe d'opposition Agir pour Dijon, qui toutefois «soutient l'idée». «Ce parc urbain existe déjà et il faut le valoriser et assurer la tranquillité publique.»
«Nous n'avons pas le projet, nous ne voyons qu'un catalogue de belles intentions et une enveloppe de 9 millions d'euros», a pointé l'opposant en demandant à ce que les Dijonnais soient «consultés».
Tout comme Laurent Bourguignat, Emmanuel Bichot s'est interrogé sur le devenir du marché hebdomadaire et de la fête de quartier annuelle.
L'élu municipal s'est attaché à poser des «questions concrètes» concernant la traversée du pont Gustave Eiffel par les cyclistes et la sécurité du site la nuit.
«La passerelle, on va la faire», a réagi François Rebsamen.
Caroline Jacquemard a proposé de «lier ce très grand site au centre-ville»
Désormais élue indépendante (
lire le communiqué), Caroline Jacquemard (sans étiquette) a suggéré de «lier ce très grand site au centre-ville» via la rue Monge. L'élue a imaginé de «rendre la rue aux piétons», «développer des mobilités actives» et «mettre en place des navettes électriques entre les deux».
«On va refaire la rue Monge, on va végétaliser la place Bossuet», a signalé le maire de Dijon en relevant le «gros sujet» d'une improbable piétonnisation de la rue Monge du fait de l'installation de l'OIV dans l'hôtel Bouchu d'Esterno, le passage de nombreux bus et l'attrait du parking Dauphine.
À part les abstentions d'Emmanuel Bichot, Laurence Gerbet (NC) et Bruno David (LR), l'ensemble de l'assemblée municipale a approuvé le montant de l'enveloppe et le lancement de la consultation pour désigner le maître d’œuvre de ce réaménagement.
Jean-Christophe Tardivon
Visuels agence In Situ (esquisses non contractuelles)