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29/05/2020 05:53

DIJON : «Laissez faire les maires» demande François Rebsamen au gouvernement

La multiplication des protocoles sanitaires en lien avec le déconfinement ulcèrent le maire de Dijon qui songe à passer outre. À l'occasion du conseil municipal du 28 mai, le socialiste s'en est pris à la «bureaucratie parisienne». Le député LREM Didier Martin lui a répondu.
«Je ne supporte plus les protocoles de l’État central qui empêchent la reprise d'activité» lance tout de go François Rebsamen tout en surveillant les annonces égrenées par le Premier ministre ce jeudi 28 mai 2020.

Dans la forme, le maire de Dijon voit dans les 63 pages du protocole sanitaire de l’Éducation nationale l'explication au faible pourcentage d'enfants ayant repris le chemin de l'école depuis le 14 mai dernier.

Dans le fond, du fait de la loi d'urgence sanitaire, le premier édile voit là «une reprise en mains du pouvoir des maires par un état central tatillon et bureaucratique». «On ne veut pas laisser les maires assurer les choses qu'ils ont en responsabilité» ajoute-t-il.

«La bureaucratie parisienne»


À court terme, c'est la reprise de l'activité qui serait menacée puisque «des parents devront rester chez eux pour garder les enfants». Et François Rebsamen de déplorer «une situation ubuesque» :  «tout ça étant le fruit d'une incurie de l’État central qu'il a fallu cacher en faisant un confinement indispensable pour pallier à l'insuffisance de masques, de tests, etc.»

Qui est visé derrière l’État central ? Pas le préfet de la Côte-d'Or, jugé «compréhensif» par le maire de Dijon : «il a permis de pouvoir rouvrir le marché des halles centrales, la Toison d'Or, le parc de la combe à la serpent». En fait, c'est la «bureaucratie parisienne» qui est ciblée, c'est à dire les services centraux des différents ministères.

«Il va y avoir une révolte des maires qui vont prendre des décisions sans attendre» suppose François Rebsamen qui a lui-même annoncé la réouverture de certains parcs et jardins dès le samedi 30 mai, c'est à dire avant le 2 juin, date de début de la seconde phase de déconfinement. Comme certains autres élus, le maire de Dijon songe aussi à rouvrir les piscines sans attendre le 8 juin.

L'élu dijonnais regrette que «l'intelligence des territoires» soit délaissée, signe qu'«on a besoin de décentraliser ce pays comme jamais». Et de lancer un plaidoyer au gouvernement : «laissez faire les maires».

«Les tenants de la décroissance vont être servis»


À moyen terme, «les temps qui s'annoncent vont être extrêmement violent» car «630.000 jeunes vont arriver sur le marché du travail au mois de septembre» à l'échelle de la France. «Ceux qui étaient les tenants de la décroissance vont être servis» lance l'élu socialiste à l'intention de certains écologistes avec lesquels il est en compétition pour le second tour des élections municipales. «La cohorte de chômeurs qui arrive, il va falloir l'assumer».

François Rebsamen refait l'historique : «vu que l'on n'était pas prêt, c'est un constat, on n'avait ni les masques, ni les tests, le seul moyen d'arrêter la progression du Covid, c'était effectivement le confinement total. Donc on a mis à mal totalement l'économie et il y a eu 800.000 inscrits de plus à Pôle Emploi entre mars et avril».

«Ça va être une récession historique jamais connue depuis 1945» souligne-t-il pour inviter à faire face à la situation. «Avant de penser le monde d'après, j'aimerais bien que l'on pense le monde d’aujourd’hui» qui est «beaucoup plus triste que le monde d'avant».

Le défenseur de la social-écologie demande au gouvernement de lancer un «grand plan de rénovation énergétique» et a interpellé la ministre de la Transition écologique à ce sujet. L’État, les Régions et les intercommunalités pourraient financer la rénovation de millions de bâtiment en France. Localement, François Rebsamen préfère songer aux décisions de la Région, de la Métropole et de la Ville conçues pour «permettre la relance de l'activité économique».

Autre demande adressée au gouvernement : qu'une «contribution des Français les plus aisés» permettent de financer la revalorisation salariale des soignants des établissements de santé et des établissements médico-sociaux.

«Quand il n'y a pas de protocole, on en réclame»


Durant le conseil municipal, Didier Martin, seul Marcheur présent, s'est fait le porte-parole du gouvernement en tant que député de la Côte-d'Or, rappelant notamment les différentes mesures de soutien économique au niveau national. Le parlementaire a ainsi pu répondre à François Rebsamen sur le sujet des protocoles sanitaires en se référant au passé de sénateur de celui-ci.

«Quand il n'y a pas de protocole, on en réclame. Quand il y en a, on trouve qu'ils sont trop copieux» a ainsi déclaré Didier Martin avant d'ajouter «que faire des normes, c'est juste le métier du législateur». «Nous attendons tous qu'un nouveau cap soit fixé au plus haut niveau de l’État, à nous de préparer le terrain aujourd'hui» a-t-il alors envisagé le Marcheur de la première heure.

Jean-Christophe Tardivon

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Les décisions du conseil municipal du 28 mai