Recherche
Pour nous joindre
redaction.infosdijon@gmail.com
SMS au 07.86.17.77.12
> Vie locale > Vie locale
15/09/2021 20:49

DIJON : Laurent Bourguignat laisse Emmanuel Bichot en rase campagne

Un nouveau groupe municipal d’opposition «Ensemble pour Dijon» est formé par sept élus se revendiquant de la droite et du centre. Il révèle au grand jour les tensions entre Laurent Bourguignat et Emmanuel Bichot, latentes lors de la dernière campagne des élections régionales.
D’après les premiers propos de Caroline Jacquemard, c’est «enthousiastes pour l’avenir» que ce sont réunis plusieurs conseillers municipaux d’opposition ce mercredi 15 septembre 2021 à l’hôtel Kyriad rue Albert Rémy. Sur les dix élus identifiés «de la Droite, du Centre et des Indépendants» au conseil municipal de Dijon, ils sont aujourd’hui sept à annoncer la création d’un nouveau groupe municipal d’opposition de la Droite et du Centre : «Ensemble pour Dijon».

«Adopter une vision plus constructive, avec des propositions»


La co-présidence de ce groupe sera assurée par Laurent Bourguignat et Stéphane Chevalier. «Il s’agit de tourner la page des élections municipales. Nous abordons la rentrée avec une nouvelle tonalité», cadre Laurent Bourguignat, en affirmant «une volonté d’être en synergie avec le quotidien des Dijonnais» et celle d’«adopter une vision plus constructive, avec des propositions».


Selon le conseiller municipal d’opposition, le positionnement à Droite et au Centre «n’a pas changé, en assumant la pluralité de nos sensibilités politiques», mais l’approche et la manière évoluent. Le nouveau groupe a aussi désigné Caroline Jacquemard et Henri-Bénigne de Vrégille porte-paroles.

Carole Vuillemin et Henri-Bénigne de Vrégille sont membres d’Agir la Droite constructive, parti de centre-droit participant à la majorité présidentielle. Laurent Bourguignat est membre des Républicains et adhère au mouvement Libres ! de Valérie Pécresse. Caroline Jacquemard et Bruno David sont membres des Républicains. Stéphane Chevalier et Céline Renaud sont divers droite.

Stéphane Chevalier confirme qu’une nouvelle dynamique est lancée, au sein d’«un nouveau groupe pour l’alternance, désormais le premier groupe d’opposition au conseil municipal de Dijon».

Le co-président insiste sur la démarche : «Nous voulons travailler de manière collective, ensemble sur le terrain et dans la proximité». En annonçant la tenue d’assises auxquelles seront conviés des acteurs de la vie dijonnaise afin de définir la feuille de route des cinq années à venir, mais aussi le retour des débriefings des conseils municipaux «pour expliquer aux Dijonnais les décisions prises en leur nom» et l’organisation de rendez-vous tels des réunions ou après-midis de quartier.

Les orientations du nouveau groupe


La conférence de presse de présentation du groupe a permis d’évoquer différents thèmes sur lesquels les élus municipaux émettent quelques propositions, qui tranchent selon eux avec la politique menée par la majorité municipale.

Dans le domaine économique, «l’environnement doit être plus propice à l’implantation d’entreprises et à la création d’emplois».

Sur les questions liées aux familles, l’offre de logements «devrait être diversifiée pour faciliter la vie des jeunes couples avec enfants». Une attention est aussi portée aux classes moyennes pour lesquelles est demandée une réforme du taux d’effort à la cantine scolaire. Un dispositif d’«accompagnement à la réussite sportive pour tous» est mentionné, de même que sont souhaitées «des structures pour les adolescents dans les quartiers».

Sur l’aspect environnemental, la reprise de création de parcs «qui faisaient la réputation de Dijon au siècle dernier» est affirmée. «C’est surtout aujourd’hui une course aux labels et aux décorations, on a plus envie d’améliorer le quotidien des Dijonnais», fait remarquer Henri-Bénigne de Vrégille. Pour lui, un travail est aussi à mener sur la santé des arbres et les moyens accordés au service des espaces verts sont «insuffisants».

«Faire émerger les projets qui recueillent le plus de voix»


Concernant la sécurité, «il ne suffit pas de participer au Beauveau de la sécurité pour faire reculer la délinquance», note Bruno David, qui plaide pour un armement létal des policiers municipaux sur des plages horaires étendues ainsi qu’une meilleure reconnaissance de ces agents.

Pour ce qui est de la démocratie locale, la refonte des commissions de quartier doit être l’occasion de mettre en place le jugement majoritaire, pour «faire émerger les projets qui recueillent le plus de voix».
«Et que chacun puisse aborder les vrais sujets d’un quartier, l’insécurité, les projets immobiliers», ajoute Laurent Bourguignat, en glissant : «Quand un promoteur prend la peine d’expliquer son projet, ça se passe bien souvent beaucoup mieux derrière».

Le co-président du groupe en profite aussi pour dénoncer «le dérapage financier qui n’est pas terminé» d’OnDijon, «pour lequel la ville à rajouté 24 millions d’euros en deux ans aux 120 millions d’euros du contrat initial». Une smart city de laquelle le conseiller municipal d’opposition ne voit sortir «aucune application concrète, utile aux Dijonnais».

Les élus d’opposition rassemblés dans le nouveau groupe se lancent donc en émettant toujours des critiques envers la majorité actuelle tout en lançant des idées et autres propositions qu’ils entendent approfondir.

Dans le domaine culturel, ils auraient fait voter les Dijonnais sur le choix des oeuvres place Grangier ou bien au square des Ducs. Ils espèrent que la démarche soit retenue pour une oeuvre devant être installée à la future Cité internationale de la gastronomie et du vin. Plus largement, les artistes et grands hommes dijonnais «ne sont pas assez mis en valeur» et le bicentenaire de Gustave Eiffel «doit être fêté» comme il se doit, «par un événement populaire». Populaire, c’est aussi ce que doit être la culture selon ces élus.

La CIGV justement, ces élus ne s’y opposent pas, mais ils déplorent l’ensemble immobilier qui s’y ajoute et craignent «la poursuite de la bétonnisation de Dijon» avec le dernier PLUi. Ils se positionnent «pour un habitat plus qualitatif en ville et une mixité sociale plus équilibrée».
«Le responsable est le signataire des permis de construire, c’est à dire Monsieur Pribetich. Et puis je me plais à dire qu’à Dijon, nous avons les écologistes politiques, et les vrais écologistes, c’est à dire nous», souligne Stéphane Chevalier.

«Pas une explosion, une évolution»


Le groupe est formé, ses grandes lignes directrices sont posées. Il sera officiellement constitué et elles seront réaffirmées le 27 septembre lors du prochain conseil municipal de Dijon, où il y aura donc les sept élus du nouveau groupe d’un côté et trois élus - Emmanuel Bichot, Laurence Gerbet et Axel Sibert - de l’autre.

Caroline Jacquemard réfute «l’explosion» et parle d’une «évolution, une mutation», en faisant remarquer que sept élus sur les dix de la Droite et du Centre ont fait ce choix-là et que «la porte est ouverte, la main est tendue», y compris au conseil métropolitain à l’adresse plus largement d’élus d’autres communes de la métropole dijonnaise.

La «forme de management» du précédent groupe, présidé par Emmanuel Bichot, est aussi évoquée pour justifier cette évolution.

Les divergences entre Laurent Bourguignat et Emmanuel Bichot ressortent avec fracas au grand jour, les deux élus bataillant pour le leadership de l'opposition au maire de Dijon. La fracture laissée chez les Républicains de Côte-d'Or par les régionales de juin dernier trouve ainsi une réplique dans la formation de ce nouveau groupe politique.

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier

«Il me semble cependant fondamental de tenir les engagements pris devant les électeurs qui ont voté pour nous», réaffirme Emmanuel Bichot





Infos-dijon.com - Mentions légales