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01/12/2020 18:31

DIJON : Le CCAS et l’association AIDES s’engagent sur trois grandes actions dans la lutte contre le sida

Ce 1er décembre, journée mondiale de la lutte contre le sida, le CCAS de la Ville de Dijon et l’association AIDES Bourgogne-Franche-Comté ont signé une convention inscrivant trois actions fortes de sensibilisation dans la lutte contre le sida.

Salon Porte aux lions ce mardi en fin de matinée à l’hôtel-de-ville de Dijon, Antoine Hoareau, adjoint au maire délégué aux solidarités, à l’action sociale et à la lutte contre la pauvreté et vice-président du Centre communal d’action sociale, avait à ses côtés Françoise Tenenbaum, sa prédécesseure au CCAS et conseillère municipale déléguée à la santé, et Emmanuel Bodoignet, président de l’association AIDES Bourgogne-Franche-Comté.

Un investissement de 16.500 euros


Par la signature annoncée de la convention, il s’agissait selon Antoine Hoareau de «poursuivre les engagements qui ont été pris depuis de nombreuses années dans la lutte contre le sida». L’élu municipal a ainsi introduit un engagement global de 16.500 euros de la part de la Ville de Dijon. Une convention qui inscrit trois actions majeures au programme 2020-2021 de la lutte contre le sida à Dijon (à retrouver ci-dessous).
Pour exemple, la troisième action listée est celle de la mise en place de stands d’information à destination des étudiants. «Le VIH ne tue plus, on vit avec, mais il représente encore 6.000 contaminations par an en France. Ça reste une maladie grave et il faut tout faire pour s’en prémunir», fait remarquer Antoine Hoareau, qui insiste aussi sur le fait que le partenariat formalisé ce 1er décembre 2020 doit renforcer la lutte contre les discriminations en même temps que l’accès au droit à l’information et aux moyens de lutter contre ce virus.

Dans le cadre de la convention, l’objectif «est d’aller vers ces publics-là». En espérant que le contexte sanitaire s’améliore pour envisager des temps de sensibilisation sur le campus universitaire mais aussi dans des lieux de vie étudiants. Également, 60 interventions sont prévues dans les Centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA).

Prendre en considération les publics discriminés


Malgré les avancées sur les questions et les perceptions autour du VIH, Emmanuel Bodoignet rappelle que l’ambition est à la fois de «faire diminuer l’épidémiologie mais aussi augmenter l’attribution des droits humains». Le président de l’association AIDES Bourgogne-Franche-Comté, séropositif lui-même, parle de «droits humains qui ont été bafoués ces derniers mois, la Covid-19 ayant accentué les discriminations».
Emmanuel Bodoignet parle des migrants, des détenus, des travailleurs et travailleuses du sexe, des homosexuels… Pour le signataire de la convention, celle-ci prend en considération ces publics.

«Le travail avec la mairie de Dijon n’est pas nouveau». En revanche, le président d’AIDES Bourgogne-Franche-Comté déplore un manque d’écoute et de considération de la part de l’État.

Pour une sollicitation des personnes atteintes du VIH


«On n’a pas retenu les leçons de la lutte contre le sida. Dans les années 80-90, l’association Act Up-Paris a proposé que des personnes de la société civile, malades du VIH, soient consultées sur les protocoles de soins. Aujourd’hui, ça donne lieu dans les régions à des chambres régionales de la santé et de l’autonomie. Mais ces instances de démocratie en santé, qui sont le fruit de la lutte contre le VIH-sida, sont bafouées. On ne demande rien à inventer, juste à mobiliser les personnes qui sont là… L’ARS joue le jeu de nous écouter, la Ville de Dijon entretient une vraie proximité avec nous malades... Je ne comprends pas pourquoi Monsieur le préfet ou le président de la République ne peuvent pas le faire… Ils connaissent nos revendications. Il faut qu’on continue d’être mobilisés. Si l’État ne mobilise pas la société civile, on va se saisir de la question».

«Toutes les forces doivent être engagées sur cette question et c’est parfois la difficulté que l’on a avec ce gouvernement. Entre les paroles et les actes, ça ne suit pas. Ici à Dijon, nous sommes très engagés et cette convention sera évaluée», se permet d’ajouter Antoine Hoareau. «Des outils comme la PrEP doivent être mieux connus des publics cibles, et plus largement de la population. C’est le sens de notre engagement : susciter et renforcer une prise de conscience individuelle et collective, informer, en particulier les jeunes, sur la prévention, le dépistage anonyme et gratuit dans les systèmes de soins et sur l'intérêt du dépistage régulier qui reste primordial».

Sur la PrEP, traitement préventif pour les personnes fortement exposées au VIH, Emmanuel Bodoignet réaffirme que le gros travail est de permettre sa dispensation par les médecins généralistes. On estime, «selon des études menées à Los Angeles et Chicago, une diminution de 30% à 40% de l’épidémie du VIH grâce à ce traitement».

Un débat avec le grand public demandé


Françoise Tenenbaum salue d’ores et déjà «une action exemplaire qui s’affiche dans les rues de Dijon, sur un traitement qui va permettre d’éradiquer le sida, qui n’est pas un vaccin mais qui va permettre d’avancer».
Rappelant l’engagement du CCAS dans la lutte contre le sida depuis des années, la conseillère municipale note en cette année particulière que le spectacle-débat annuel à destination des collégiens et lycéens dijonnais, organisé en partenariat avec le CHU Dijon Bourgogne et l’Education Nationale, a dû être remplacé par la distribution à tous les responsables d’établissements scolaires d’une clé usb contenant une vidéo d’un spectacle sensibilisant à la lutte contre le sida.

«Nous animons un programme d’échange de seringues pour lutter contre la contamination ainsi que de distribution de préservatifs. Il y a tout un faisceau d’actions et effectivement on a besoin des représentants des malades, des associations, des représentants des usagers… J’ai demandé au préfet et à l’ARS de mettre en place un débat, non seulement avec les représentants de la CRSA mais aussi le grand public et les élus… On a entendu dire que le président de la République a besoin de nous dans le contexte, on ne sait toujours pas comment… Mais si on commençait à en discuter ?».

Ces tacles à la politique menée dans le contexte actuel ayant été glissés - pour dire notamment que l’écoute et la concertation valent plus que les données statistiques... -, les partenaires sont revenus dans le vif du sujet.
Pour renforcer la proximité évoquée, Christophe Berthier, élu municipal et président de l’AMACOD qui oeuvre dans la lutte contre les discriminations, a proposé à AIDES de lui faire une place au sein de la commission extra-municipale qui sera renouvelée le 15 janvier 2021.

Cette signature de convention fait donc écho à cette énième journée mondiale de lutte contre le sida reconnue chaque 1er décembre depuis 1988 par l’Organisation mondiale de la santé. Elle est placée ce mardi sous le thème suivant : «Solidarité mondiale et responsabilité partagée».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

Les actions inscrites dans la convention :

(extrait du communiqué de la Ville de Dijon)

Trois actions d’information et de prévention du VIH, des hépatites et des infections sexuellement transmissibles sont organisées :
Depuis le 24 novembre et jusqu’au 14 décembre
    -    Une campagne d’affichage sur la PrEP VIH à destination du grand public
La PrEP s’adresse aux personnes qui n’ont pas le VIH. Elle consiste à prévenir la maladie par la prise d’un médicament afin d’éviter une contamination ; Dès la fin de l’année 2020 et en 2021, deux campagnes pour permettre une meilleure accessibilité à la prévention des MST/IST ;
    -    60 séances d’information à destination des publics migrants avec la présence d’interprètes pour une traduction en plusieurs langues ;
    -    Stands d’information à destination des étudiants sur le campus universitaire et sur des lieux de vies tels que les bars, restaurants, boîtes de nuit...

Ces opérations, mises en œuvre par l’association AIDES, bénéficient du soutien financier du centre communal d’action sociale de la ville de Dijon à hauteur de 16 500 euros. Un partenariat valorisé par la signature d’une convention signée ce jour.

En parallèle, le service santé-hygiène de la ville de Dijon mènera, comme chaque année, des campagnes de sensibilisation. Aux côtés du centre gratuit d’information de diagnostic et de dépistage des infections sexuellement transmissibles (CeGIDD) du CHU et l’association Acodège, il interviendra auprès de lycéens, d’élèves en CFA et en Maisons familiales rurales, de travailleurs en situation de handicap... En raison du contexte sanitaire, ces campagnes se dérouleront à distance. Les établissements qui le souhaitent recevront un support numérique contenant l’enregistrement d’un spectacle traitant des risques du VIH. Après sa diffusion, un temps d’échange aura lieu avec le CeGIDD qui répondra aux questions posées par les jeunes. Des supports de communication et des préservatifs seront également distribués.

Le service santé-hygiène a aussi fait l’acquisition d’un distributeur de préservatifs. Il sera installé à La Vapeur et un temps inaugural sera organisé ultérieurement en présence d’un artiste engagé dans la lutte contre le sida.

Environ 38 millions de personnes dans le monde vivent avec le sida, dont 2,1 millions d'enfants de moins de 15 ans. En France, 150 000 personnes sont touchées par la maladie et 25 000 sont porteuses sans le savoir. L'épidémie du VIH-sida et la multiplication des infections sexuellement transmissibles au sein de la population demeurent un enjeu majeur de santé individuelle et publique. À fortiori en cette année 2020, en pleine pandémie de la Covid-19 qui monopolise l’attention du monde entier, il est important de ne pas mettre de côté les autres épidémies et les préventions nécessaires.

*L'association AIDES agit depuis 30 ans avec et auprès des populations les plus vulnérables au VIH/sida et aux hépatites pour réduire les nouvelles contaminations et accompagner les personnes touchées vers le soin et dans la défense de leurs droits.?L'association joue un rôle majeur dans l'amélioration de la prise en compte des malades dans le système de santé en France, l'évolution des droits des personnes vulnérables et la lutte contre les discriminations.