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08/06/2020 20:11

DIJON : Le Compteur du temps de Gloria Friedmann inauguré place Grangier

La sculpture qui représente une allégorie du temps a été installée ce lundi 8 juin et a été célébrée ce même jour en présence de François Rebsamen. Une cinquantaine de personnes ont suivi le geste inaugural consistant à activer cette réalisation made in Bourgogne-Franche-Comté.
Entre les façades Art nouveau au sud et l'architecture XXème siècle au nord, la place Grangier accueille une nouvelle œuvre d'art contemporain conçue par l'artiste allemande qui vit et travaille en Bourgogne, Gloria Friedmann. Le Compteur du temps est sa seconde sculpture qui prend ainsi place à Dijon après Sempervirens installée place François-Rude en 2013.

L'inauguration a eu lieu ce lundi 8 juin 2020 en présence de l'artiste et de représentants des ateliers Prelud et de la société d'horlogerie Prêtre et fils. Le temps officiel de célébration a été conduit par le maire de Dijon François Rebsamen en présence de nombreux élus. Une cinquantaine de personnes ont participé à un rendez-vous en toute simplicité, sans discours ni buffet. Le geste inaugural a consisté à mettre à l'heure les treize horloges intégrées à la sphère de trois mètre de diamètre. La synchronisation se faisant une fois par jour par satellite.
 

«C'est l'allégorie du temps»


«Cette sphère représente la planète» a expliqué Gloria Friedmann. À l'intérieur, une structure d'acier assure la stabilité et sert de support aux composants électroniques destinés aux réglages des horloges. L'écorce du globe est faite de résine, de terre et de métal. «On peut toucher, ça résiste au gel et à la pluie» a précisé l'artiste.

Selon Gloria Friedmann, «le compteur du temps, c'est quelqu'un qui compte le temps. Il y a un humain qui représente le temps qui passe car il tient une horloge. Vous avez le temps de Dijon, le temps présent qui se passe. En même temps, vous avez les cinq continents qui sont représentés par des villes. Le temps réel de Dijon est en même temps planétaire».

Pour autant, «ce n'est pas le temps qui passe, c'est nous qui passons dans le temps. C'est une fable, c'est l'allégorie du temps. Chaque instant que vous avez, profitez en bien car c'est votre temps à vous». Les villes choisies ne sont pas des capitales et sont de taille comparable à celle de Dijon. Exception faite de Shanghai (Chine), en référence à l'association des Chinois de Dijon et au peintre Yan Pei-Ming.

«J'espère que les Dijonnais seront contents d'avoir une horloge qui leur indique le temps quand ils passent et que ça va leur plaire. C'est le public, ce sont les Dijonnais qui doivent l'adopter. Comme la tête Sempervirens, on peut entrer dans une relation assez facilement» a conclu l'artiste.

«Dijon est une ville-monde»


«C'est une artiste connue et aimée des Dijonnais, son Sempervirens, son visage avec des feuilles comme on dit, a plu aux Dijonnais donc elle m'a proposé une seconde œuvre et vu que l'on aime mettre de belles œuvres dans l'espace public, je lui ai passé cette commande. C'est une sphère du monde, Dijon est une ville-monde» a déclaré François Rebsamen.

L'emplacement au pied du chêne en face du bureau de poste de la place Grangier a été retenu après plusieurs échanges entre François Rebsamen, l'adjointe à la culture Christine Martin et Gloria Friedmann. En bas de la place, l’œuvre n'aurait pas été valorisée tandis qu'elle se situe ainsi au bout d'une perspective qui domine la place. Le maire de Dijon salue une «réussite» dans cette installation.

Pour accueillir l'oeuvre, la Ville de Dijon a réalisé en avril et mai des travaux de voirie consistant à prolonger le rehaussement existant autour du chêne afin de constituer un promontoire. Dans le sous-sil, la dalle du parking a été renforcée par des poutres métalliques afin de supporter le poids de l'ensemble. La décision de l'acquisition de la sculpture avait été votée par le conseil municipal en juin 2019.

Made in Bourgogne-Franche-Comté


Ce Compteur du temps est une réalisation régionale. L'horlogerie est made in Franche-Comté et la structure made in Bourgogne. Lors de cette inauguration, Nicolas Prêtre représentait la société d'horlogerie monumentale Prêtre et fils. L'entreprise installée à Mamirolle (Doubs), avec un bureau à Varois-et-Chaignot (Côte-d'Or), existe depuis 1780.

L’œuvre est reliée au réseau électrique souterrain pour alimenter le dispositif d'horlogerie. Celui-ci est réglé sur deux systèmes différents car certaines villes choisies ne font pas de changement d'heure entre l'hiver et l'été. La synchronisation par satellite a lieu la nuit pour «ajuster les petites imprécisions du système interne» a expliqué Nicolas Prêtre. En cas de coupure de courant, les horloges se remettent à l'heure automatiquement. Les mécanismes sont faits pour durer au moins un siècle.

La structure a été réalisée par les ateliers Prelud basés à Corgoloin depuis les années 1980. Les ateliers qui travaillent régulièrement pour concevoir des décors de pièces du Théâtre Dijon Bourgogne étaient représentés par Pascal Remy. L'artiste a conçu le projet et Prelud a assuré la réalisation matérielle, les ateliers ayant déjà travaillé sur Sempervirens.

«C'est une petite structure étudiée pour permettre d'accrocher la sphère et que ce soit stable et pérenne dans le temps» a précisé Pascal Remy. Des essais ont eu lieu en présence de l'artiste pour trouver «le bon rendu de matière». Les peintres et décorateurs de l'atelier ont été mobilisés de février à mai, jusqu'à ce que la crise sanitaire évolue et permette de trouver une date d'inauguration.

Jean-Christophe Tardivon