
Ce lundi 15 décembre, le ministre de l'Éducation nationale a rapporté les mots forts d’une enseignante de l'équipe éducative du collège Champollion : «Nous, on les assoit sur des chaises de classe pour qu’ils ne finissent pas sur les chaises des guetteurs».

Un peu plus de 48 heures après l’incendie criminel qui a ravagé une partie du collège Jean-François Champollion, situé dans le quartier des Grésilles, à Dijon, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray se sont rendus sur place, ce lundi 15 décembre 2025, pour apporter leur soutien à la communauté éducative et afficher la détermination de l’État.
Dans la nuit de vendredi à samedi, un feu volontaire a visé l’établissement scolaire, provoquant d’importants dégâts matériels. « Il s’agissait clairement de détruire cet établissement purement et simplement. C’est un acte extrêmement grave, ignoble », a déclaré Laurent Nuñez, dénonçant une attaque directe contre l’école de la République.
Un soutien appuyé à la communauté éducativeLes deux ministres ont tenu à saluer l’unité et la mobilisation des enseignants, des personnels éducatifs, des élèves et des parents. « L’Éducation nationale, c’est comme un corps. Quand une partie est blessée, c’est tout le corps qui réagit », a souligné Édouard Geffray, évoquant « l’âme Champollion », profondément ancrée dans le quartier depuis des décennies.
Selon le ministre de l’Éducation nationale, l’attaque vise bien plus qu’un bâtiment : « Quand on s’en prend à une école, on s’en prend à ce qui permet aux enfants de s’en sortir. » Il a rapporté les mots d’une enseignante rencontrée le matin même : « Nous, on les assoit sur des chaises de classe pour qu’ils ne finissent pas sur les chaises des guetteurs. »
Une enquête en cours et une piste liée au narcotraficSi aucune conclusion définitive n’est encore établie, Laurent Nuñez évoque un lien possible avec le narcotrafic. Le quartier des Grésilles a en effet été récemment marqué par un important coup de filet policier, avec l’interpellation en septembre dernier de sept têtes de réseau et le démantèlement quasi total des points de deal.
« Quand on fait mal aux trafiquants de drogue, il y a parfois des représailles contre des bâtiments publics. C’est une intuition fondée sur l’expérience et partagée avec les policiers de Dijon », a expliqué le ministre de l’Intérieur, tout en rappelant que seules les investigations judiciaires, menées sous l’autorité du procureur de la République, permettront de confirmer ou non cette hypothèse.
Les caméras de vidéoprotection installées dans et autour du collège offrent « de nombreuses pistes », et le ministre s’est dit confiant quant à l’identification des auteurs.
Continuité scolaire et accompagnement psychologiqueConcernant la scolarité des élèves, le ministère de l’Éducation nationale assure que l’essentiel des collégiens sera rescolarisé dès le retour des vacances de Noël, soit dans l’établissement, soit dans des locaux proches. Les élèves de troisième ne seront pas pénalisés pour le brevet, a garanti Édouard Geffray, rappelant la vigilance particulière des jurys dans ce type de contexte.
La priorité immédiate reste toutefois l’accompagnement humain. Une cellule psychologique a été mise en place pour les élèves et les personnels. « Il y a beaucoup de colère, beaucoup de tristesse, mais aussi beaucoup d’énergie », a confié le ministre, partagé entre émotion et détermination après avoir visité les salles de classe noircies par la suie.
« On ne lâchera rien »Policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers, élus locaux et collectivités ont été unanimement salués pour leur réactivité et leur engagement. Les pompiers sont intervenus rapidement, évitant des dégâts encore plus importants.
« On ne lâchera rien. Rien n’intimide le gouvernement ni les fonctionnaires qui servent la République », a martelé Laurent Nuñez. « Il y a une guerre à mener contre le narcotrafic. Ici, aux Grésilles, une bataille importante a déjà été gagnée, et nous allons poursuivre ce combat. »
De son côté, Édouard Geffray a conclu sur un message d’espoir : « On va reconstruire. Pas seulement les locaux, mais aussi les apprentissages et les esprits. À la fin, ceux qui ont fait ça auront perdu. »
bM
Photographies Jean-Christophe Tardivon


























































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