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11/07/2020 14:29

DIJON : Le pleurant n°17 est de retour au musée des Beaux-Arts

Il est exposé seul dans la salle des Tombeaux et rejoindra les siens sous le tombeau de Philippe Le Hardi au mois de septembre pour les Journées du patrimoine.
Il est pour l’instant exposé dans la salle des tombeaux, dissocié des autres, mais il les rejoindra à terme. Il n’en reste pas moins que ce retour est fort symbolique car la récupération de ce pleurant l’est tout autant.

Dans son intervention, c’est notamment cette récupération sur laquelle a insisté Christine Martin, adjointe au maire de Dijon déléguée à la culture, de même que la sous-préfète de Montbard Isabelle Bourion, ayant elle souligné l’engagement général de l’Etat dans la préservation de la culture ainsi que la restitution des oeuvres.
Françoise Tenenbaum représentait la Région Bourgogne-Franche-Comté en tant que vice-présidente du Conseil régional.

Pour la Ville de Dijon, il s’agit d’un acte fort «grâce à la puissance publique», et en même temps la preuve que l’on tient à la Culture dans la cité des Ducs.
Ce pleurant n°17, qui s’était retrouvé dans une collection privée, n’a pas été vendu hors de France en 2014 (certificat d’exportation refusé par l’Etat)… Il est aujourd’hui bel et bien au musée des Beaux-Arts de Dijon, là où ce samedi en fin de matinée élus municipaux et acteurs culturels ont célébré un vrai moment d’émotion.

«C’est montrer à Dijon le retour d’une oeuvre majeure du patrimoine national»


«Un événement exceptionnel», a déclaré Christine Martin. «C’est montrer à Dijon le retour d’une oeuvre majeure du patrimoine national. Ce fameux pleurant n°17, issu du tombeau de Philippe Le Hardi».
C’est le résultat d’un travail de plusieurs années, appuyé par l’Etat, «et d’une décision juridique qui plonge ces racines dans l’histoire du droit français». Christine Martin ajoute : «La preuve de la continuité de la puissance publique et de la solidité de notre droit et de nos institutions à travers les siècles».

L’élue déléguée à la culture est alors remontée jusqu’à la fin de l’Ancien régime pour raconter l’histoire de ce pleurant n°17, «un moine qui retient ses larmes dans un geste de grande dignité». Cette histoire qui perdure à Dijon et à laquelle l’Etat et la Ville de Dijon viennent officiellement de rendre un marqueur, un attrait, au vu des regards admiratifs porté sur ce pleurant, sur sa finesse sculpturale.

Pas touche aux pleurants


Si tout a basculé à la Révolution et notamment au monastère de la Chartreuse - devenue propriété privée -, c’est un inventaire des oeuvres d’art qui a permis aux pleurants d’être déclarés biens nationaux et exclus de la vente. Et c’est, au titre de leur importance architecturale, que la puissance publique exclura ces pleurants d’une destruction au motif que les tombeaux étaient associés au despotisme et à la tyrannie. Même si on perd la trace de certains pleurants. 70 sont conservés.

Le n°17 était de ceux «égarés». Il fut acheté deux fois, échangé... Il est passé en 1813 aux mains d’un détenteur privé. C’est en 2014 qu’un contentieux juridique a été engagé pour qu’il puisse regagner Dijon. Il a été récupéré par les services de l’Etat en 2019. C’est quelques semaines avant le confinement qu’il a été rapatrié à Dijon et nettoyé.

L’inauguration de ce retour s’est faite en présence d’élus municipaux on l’a dit mais aussi de représentants de la Direction de la culture et de la Direction des musées de la ville de Dijon, de Suez, de la DRAC, en présence notamment de Thomas Charenton, directeur adjoint du musée, et de Sophie Jugie, ancienne directrice.

Il manque six pleurants aujourd’hui au musée de Dijon. Quatre sont au musée de Cleveland (remplacés par des moulages au MBA) et deux ont totalement disparus.

Depuis le 17 mai 2019, le musée des Beaux Arts de Dijon a accueilli 330.000 visiteurs, en sachant que l'établissement n'a pas dérogé à la règle du confinement.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier