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04/06/2022 19:21

DIJON : Les aires terrestres éducatives pour s'imprégner de la biodiversité

Portées par l’Office français de la biodiversité, les aires éducatives sont de riches espaces d’observation pour les scolaires. Exemple ce mercredi 1er juin avec les CM1-CM2 de l’école Jean Jaurès, qui ont choisi le Clos de Meillonas comme site pour mieux en apprendre sur la biodiversité avec Latitude 21.
L’école élémentaire Jean Jaurès est située à proximité du port du canal de Bourgogne. Non loin également, passe l’Ouche. Le cadre de cette voie navigable et de cette rivière reste très urbain. Dans le voisinage de leur école, les élèves de CM1-CM2 ont toutefois pu observer la nature afin de mieux la comprendre.

Depuis cette année scolaire, une fois par mois, ils se rendent au Clos de Meillonas, comme mercredi 1er juin 2022. L’espace, dont un coin borde l’Ouche, est devenu leur aire terrestre éducative, labellisée par l’Office français de la biodiversité (OFB).

Les écoliers ne tournent pas en rond



«Quand ils l’ont choisie, j’avais un peu l’impression qu’on allait tourner en rond et voir trois brins d’herbe, mais on découvre que, sur un site coincé entre une route, un gymnase (Kennedy) et un terrain, on a une bonne quinzaine d’espèces d’arbres. On a observé une bonne dizaine d’espèces d’oiseaux et on sait qu’il y en a beaucoup plus», a pu mesurer sur place le professeur des écoles Philippe Roy.

Quelques minutes plus tôt, les élèves venaient d’être répartis dans plusieurs groupes. Pendant qu’une équipe était chargée d’observer les oiseaux, d’autres devaient porter leurs attentions sur les insectes. Des plantes continuent également d’être collectées et classées à chaque déplacement.

Directeur de Latitude 21, Maison de l’architecture et de l’environnement de Dijon Métropole et structure référente depuis cette année pour l’animation des aires terrestres éducatives auprès de sept écoles de la métropole dijonnaise, Sébastien Appert a parlé notamment d’oiseaux avec les écoliers. Questions et réponses ont fusé sur leurs migrations ainsi que leurs manières de se faire entendre. La classe s’est arrêtée plusieurs fois en entendant une grenouille non loin de là.

Un travail de recensement des espèces est mené, et les comportements de celles-ci sont étudiés. Prochainement, des projets d’aménagements décidés là encore par les élèves - accentuation de la végétation utile aux insectes, mise en place d’abris et de mangeoires, mais aussi d’un observatoire au bord de l’Ouche - seront proposés en commission de quartier.

«Au plus près des dynamiques naturelles»


«Le coeur du projet est de reconnecter les citoyens à la nature. Selon l’IPBES (plateforme intergouvernementale sur les écosystèmes et la biodiversité), celle-ci a besoin de changements profonds pour être préservée. Un des leviers est celui de l’éducation», a souligné Audrey Coreau, directrice Acteurs et citoyens à l’Office français de la biodiversité, en ajoutant qu’il s’agit là d’«observer et comprendre ce qui se passe dans la nature, au plus près des dynamiques naturelles que les enfants peuvent côtoyer sans vraiment les voir». Cela aussi dans un cadre démocratique, «dans lequel se forment les écocitoyens de demain».

Les aires éducatives sont portées par l’OFB depuis 2016 pour le compte des ministères de la transition écologique, de l’Éducation nationale et des Outre-Mer, l’idée venant d’une rencontre entre des explorateurs marins et des élèves en Polynésie française en 2012. Le premières aires éducatives reconnues quatre ans plus tard furent des aires marines avant de voir être repérées des aires terrestres.

Aujourd’hui, 600 aires éducatives sont labellisées dans l’hexagone ainsi que dans les territoires d’outre-mer et l’OFB estime que plus de 80.000 élèves, du CM1 à la 3ème, ont observé la nature et mieux appris de la biodiversité sur celles-ci, «dont près de la moitié rien qu’en 2021-2022, signe d’une montée en puissance de l’intérêt des élèves et des établissement», a fait remarquer Audrey Coreau.

Cette année, 27 écoles en Bourgogne-Franche-Comté sont volontaires dans la démarche. La Région apporte son soutien suite à des appels à projets et un excédent de budget destiné aux classes vertes.

Depuis deux ans, l’OFB a aidé les structures référentes de ces aires éducatives à hauteur d’un million d’euros. Dans les régions, l’accompagnement est aussi assuré par les conseils régionaux via les agences régionales de la biodiversité lorsqu’elles existent mais aussi par la constitution de groupes régionaux des aires éducatives impliquant également la DREAL et l’Éducation nationale.

Une exposition mi-juin à Latitude 21


«Dans la nature, avec la nature, on peut travailler sur un certain nombre d’apprentissages classiques et les consolider», a aussi assuré Audrey Coreau.

«Ça aide à donner du sens à tous les autres apprentissages autour. On est dans le concret. Un des effets positifs est qu’on n’avait jamais autant observé la nature dans notre cour de récréation par exemple. Ça a éveillé chez eux un vrai intérêt et cette classe-pilote entraîne les autres élèves de l’école à ces observations», a confirmé Philippe Roy, en expliquant que ses élèves ont pu en savoir plus sur l’histoire du site et son aménagement progressif ou bien appris à mesurer la hauteur des arbres en se focalisant sur leurs circonférences.

La grammaire a quant à elle été révisée lorsqu’il a fallu adresser un courrier au maire de Dijon pour lui demander de profiter de l’espace. Des carnets de notes et d’impressions sont également agrémentés au fur et à mesure des séances sur le terrain.

«Ça ne suffit pas de nommer les choses. On fait le point sur les espèces, le chant des oiseaux notamment pour marquer leur territoire. Et on a appris ensemble que le Rossignol peut enchaîner 64 strophes, toujours dans le même ordre». Sébastien Appert révise avec les écoliers et découvre encore des éléments et subtilités de la biodiversité.

Fatima, élève de la classe de CM1-CM2, «aime observer les canards, les oiseaux, tout ce qui est par là, vers la rivière», intriguée notamment par la rapidité du Martin-pêcheur pour chasser.

Toutes ces observations de plus en plus détaillées feront l’objet d’une exposition à Latitude 21 mi-juin en partenariat avec l'École nationale supérieure d'art de Dijon, parmi les collectes d’autres classes effectuées sur les différentes aires éducatives retenues.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier










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