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04/12/2020 16:39

DIJON : Les archéologues de l’Inrap ne veulent pas qu’«avoir les boules»…

Une trentaine d’agents de l’Inrap Dijon se sont rassemblés ce vendredi 4 décembre sur la place de la Libération pour dénoncer une précarisation des métiers de l'archéologie.

À l’appel de la CGT Archéologie mais aussi de la CNT et de Sud Culture Solidaires, les agents de l’Inrap se sont mobilisés ce vendredi 4 décembre. À Dijon, le rendez-vous était donné à 14 heures sur la place de la Libération.

Les jeunes en CDD


«Nous sommes là pour l’emploi, pour tous les jeunes qui espèrent faire carrière en archéologie et qui se retrouvent en grande précarité. Paradoxalement, ils ont plus de possibilités d’emploi car l’archéologie s’est diversifiée avec les groupes privés notamment, mais ils ont du mal à se fixer…», a souligné Stéphane Venault, archéologue à l’Inrap Dijon (institut national de recherches archéologiques préventives).

Pour un institut publique en l’occurrence, il est inacceptable selon la CGT de voir une direction tenter de recruter davantage en CDD, «avec un objectif de 10% de CDD pour pouvoir s’adapter à la variation du marché». À Dijon, ils sont 70 agents à travailler à l’Inrap en comptant le pôle administratif.
Dans le communiqué appelant à la mobilisation, les organisations syndicales insistaient aussi sur le fait que «d’ici 2032, 800 départs en retraite sur 2.000 agents (au niveau national) sont à prévoir» (retrouvez le communiqué en intégralité en cliquant ici).
La problématique de la pyramide des âges ainsi que la perte de compétences en raison d’une transmission trop courte envers les jeunes sont pointées du doigt.

«Leur rémunération n’a pas évolué depuis une vingtaine d’années»


«En parallèle, nous avons une grille indiciaire qui est une des plus basses du ministère de la culture, avec un gel du point d’indice depuis des années, ce qui équivaut à une perte allant jusqu’à 500 euros sur nos salaires», ajoutait  Stéphane Venault sur une place de la Libération où plusieurs de ses collègues étaient venus placardés de slogans et en portant des masques représentant le visage de la ministre de la culture Roselyne Bachelot.

«Leur rémunération n’a pas évolué depuis une vingtaine d’années à tel point qu’aujourd’hui un archéologue embauché au premier échelon a un salaire en-dessous du SMIC. En haut de l’échelle, un ingénieur de catégorie 5 touche en entrée de grille 1,31 fois le SMIC (en 2002, c’était 1,85). Les agents de l’Inrap n’ont bénéficié d’aucun des réajustements opérés au sein du ministère de la culture depuis 10 ans», dénoncent les syndicats.

La photo prise au pied de l’arbre de Noël était également symbolique. Cela pour rappeler qu’à l’approche des fêtes, «les archéologues ont les boules !». Et la crainte qu’ils soient encore oubliés à l’heure des plans d’urgence et autres dispositifs, alors que des négociations sur les questions évoquées avaient été engagées avant la crise sanitaire actuelle.

Trois revendications ont été exprimées et réaffirmées ce vendredi : une hausse des salaires pour compenser la perte de pouvoir d'achat subie par les personnels depuis 2002 (Au minimum à 500 euros par mois) ; la mise en place d’une politique d’emploi basée sur le recrutement régulier d’agents en CDI pour, d’une part, mettre fin à la précarité et d’autre part maintenir la capacité opérationnelle et scientifique de l’établissement ; la mise en place d’une organisation du travail respectueuse des agents et de nos métiers.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier