Recherche
Pour nous joindre
redaction.infosdijon@gmail.com
SMS au 07.86.17.77.12
> Vie locale > Vie locale
08/04/2022 14:27

DIJON : Les Belles Houses vont «réinterpréter le logement» dans l’éco-quartier de l’Arsenal

Le projet des «Belles Houses» a été présenté ce jeudi 7 avril par la Ville de Dijon. Dans l’éco-quartier de l’Arsenal, des maisons inspirées du Bauhaus vont être proposées à l’achat dans les semaines à venir.
L’éco-quartier de l’Arsenal situé entre l’avenue Jean Jaurès et le canal de Bourgogne va prendre de l’ampleur. Débuté en 2019 puis freiné par le crise, le projet des «Belles Houses» est relancé. Déposés en août et en septembre derniers, les permis de construire ont été validés.

Jeudi 7 avril 2022, les élus municipaux et métropolitains en responsabilité sur ce dossier ont fait le point sur ce projet de plus de 33 millions d’euros (sans le foncier), en soulignant une démarche s’inscrivant dans «une réinterprétation du logement à proximité du centre-ville».

136 logements, dont 50 maisons individuelles



Pour ce qui est de la conception d’abord, le projet est inspiré du Bauhaus, dont l’année 2019 marquait le centenaire. «Un mouvement à la fois architectural et artistique, pour un monde nouveau, solidaire et rationnel, dont le manifeste place, comme but final de toute activité créatrice, la construction», a souligné Pierre Pribetich, premier vice-président de Dijon Métropole délégué à l’urbanisme. Si le modèle architectural s'inspire d'un mouvement esthétique allemand, c'est le franglais qui a été convoqué pour le nom du projet, trouvé par Pierre Pribetich lui-même.

Sur des terrains appartenant à la SPLAAD, un appel d’offres public a confié l’opération à plusieurs groupements d’architectes, Godart + Roussel et Studio Mustard, ainsi qu’à deux promoteurs immobiliers, Sopirim et Voisin Immobilier.

136 logements individuels, du T2 au T5, sont annoncés, dont 50 maisons individuelles de 95 m2, chaque logement devant être doté d’une entrée individuelle depuis l’extérieur. Les logements autres que les maisons individuelles seront «imbriqués» dans des habitats de type maison.

Le concept ainsi que son développement «sur le terrain» sont prometteurs selon Pierre Pribetich. «C’est une démarche tournée vers l’avenir, tournée vers cette capacité à réinterpréter un tènement foncier historiquement dédié à des immeubles en hauteur. L’idée est d’avoir un produit original qui réponde à la demande de nos concitoyens», a-t-il affirmé.

«Vous aurez des pétitions parce que c’est trop beau»


François Rebsamen, maire de Dijon et président de Dijon Métropole, a mis un fort accent politique sur la démarche. «Dijon, en termes de logement et d’emploi, est la troisième ville de France. Ce n’est pas sans raison car nous savons très bien que l’acte de construire doit être réhabilité», a-t-il déclaré, en s’appuyant sur son rapport pour la relance durable de la construction de logements mais aussi sur celui de la Fondation Abbé Pierre pour insister : «Pour répondre à la demande de logements des Français, nous devons construire près de 500.000 logements chaque année. C’est difficile à expliquer à celles et à ceux qui veulent garder leur petit confort et ne rien partager, pour conserver la tranquillité de leur vie. Quand on veut une France unie, rassemblée, il faut de la solidarité et on doit offrir un toit à chacun. La vérité, c’est qu’il y a, sur l’agglomération dijonnaise, 9.000 demandes de logements non satisfaites, dont 5.000 demandes de primo-logements».

François Rebsamen a aussi tenu à rappeler : «Je voterai pour Emmanuel Macron et je reste un homme de gauche avec une pensée sociale-démocrate, qui se doit de répondre à cette demande. Les électeurs ne m’en tiennent pas trop rigueur puisque malgré les critiques ils m’ont renouvelé leur confiance à quatre reprises».

Pour le maire de Dijon et président de Dijon Métropole, il s’agit de «montrer que l’original est possible dans un éco-quartier où 300 logements ont déjà été construits. Vous aurez des pétitions parce que c’est trop beau, parce que c’est dense mais nous respectons des engagements écologiques. Nous construisons et reconstruisons la ville sur elle-même, c’est pour cela que nous sommes primés dans tous les classements».

«Conjuguer les attentes des constructeurs et la demande de logements»


Revenons-en à la conception en elle-même. Les architectes et promoteurs ont opté pour des ossatures bois, ce qui devrait faciliter les constructions tout en restant «dans la performance environnementale». Cela même si le contexte des marchés est pesant.

«On va cocher toutes les cases de nouvelle réglementation environnementale [NDLR : RE 2020] alors que le projet a été conçu avant. Nous saluons la démarche de la collectivité. Il y a une vraie volonté de bâtir à Dijon. Le maire étant accusé d’être bétonneur, c’est en l’occurrence un maire boiseur», a fait remarquer la Fédération des promoteurs immobiliers.

Concernant les délais justement, les promoteurs se projettent sur des premières livraisons fin 2023. La commercialisation des logements, «une question de semaines», doit permettre d’ajuster l’offre de logements, notamment pour les maisons comprenant plusieurs logements.
Malgré les contraintes liées à la difficulté d’approvisionnement en matières premières, ayant pour conséquence «un emballement des prix inquiétant» n’a pas caché Pierre Pribetich, un objectif est avancé : proposer les maisons individuelles entre 215.000 et 290.000 euros, avec un maximum de 3.000 euros par mètre carré.

Le vice-président de Dijon Métropole a parlé de prix abordables dans un secteur bien desservi par les transports, à propos d’un projet «pouvant être exporté» de même que le projet Saint-John-Perse et ses quarante maisons. De nouvelles maisons vont donc voir le jour dans cet esprit.
Sur le territoire de la métropole dijonnaise, les Belles Houses représentent selon l’élu «une manière de conjuguer les attentes des constructeurs et la demande de logements», en ayant à l’esprit qu’«avec la loi Climat et Résilience, on ne pourra plus s’étendre comme on a pu le faire dans les années 80». Au sud de la ville de Dijon et de la métropole, le développement est possible sur 7 km selon Pierre Pribetich.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier (sauf mention contraire)



Visuels : Voisin Immobilier







Infos-dijon.com - Mentions légales