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11/11/2020 21:36

DIJON : Les bénévoles de la Croix-Rouge sont repartis pour leurs maraudes hivernales

En période hivernale, elles sont opérées chaque soir, pour apporter de la nourriture mais aussi de la chaleur humaine et du réconfort aux plus démunis... Reportage. La députée de la Côte-d'Or Fadila Khattabi s'est jointe à l'action cette semaine.

Depuis le 1er novembre, l’Unité locale de la Croix-Rouge Française Dijon Métropole a débuté ses maraudes en période hivernale, chaque soir, 7 jours sur 7. Cette action se traduisant sur le terrain par une distribution alimentaire, mais pas seulement, s’inscrit dans le cadre du samu social.

Président de l’UL et vice-président départemental de la Croix-Rouge Française, Christophe Talmet explique : «Le samu social, ce n’est pas que de la distribution alimentaire, c’est d’abord un contact humain avec un public isolé, en comprenant que la précarité est aussi immatérielle. Ça nous permet de créer un lien et d’identifier les personnes fragilisées, de les orienter si nécessaire vers des professionnels de santé».

Pour casser d’entrée les clichés sur l’assistanat, Christophe Talmet précise aussi : «Ce qui est intéressant, c’est de les aider à retrouver la société, de les amener à une forme de résilience. C’est aussi cette mission-là, leur redonner un statut social, et nous portons un projet futur en ce sens-là, autour d’un travail sur l’estime de soi dans un pôle qui regrouperait médecin, infirmière, esthéticienne, mais aussi coiffeur… Pour leur donner les moyens de s’aider eux-mêmes».
À Dijon, la maraude se fait bien sûr en allant au contact des plus démunis dans les rues, mais elle se manifeste également par deux points de distribution, au square Darcy vers 20 heures et place Wilson vers 21 heures.
50% des bénéficiaires de ces opérations sont à la rue. L’autre moitié : des personnes en logement n’arrivant pas à «joindre les deux bouts».

Sur place, la soupe, le café, le chocolat chaud, le sandwich... sont en effet propices aux échanges chaleureux, humains. La convivialité est le pilier d’une ambiance qui réchauffe les coeurs. Les sourires sont exprimés, de même que les remerciements à l’équipe de bénévoles.
Cela avant une possible distribution de couvertures, de bonnets, d'écharpes, de chaussettes...

La force du «merveilleux contact humain»


Martine est bénévole depuis deux ans à la Croix-Rouge Française de Dijon Métropole. S’affairant à tout caler et à n’oublier aucun détail organisationnel lors de la préparation de la maraude du lundi 9 novembre dernier, dans son rôle de chef d’équipe dans les locaux de l'UL à Quetigny, elle retient une fois sur le terrain «le merveilleux contact humain que l’action peut représenter».

«On rencontre des gens qui ont un coeur en or. Le contact, l’échange, le dialogue… C’est vraiment agréable avec ces gens qui ont une grande valeur humaine, avec des qualités souvent bien supérieures à d’autres qui ont une situation bien assise. J’espérais trouver cela en m’engageant et je n’ai pas été déçue. Même avec le Covid et les mesures sanitaires à imposer lors de nos rassemblements, la chaleur humaine reste. J’ai vu des personnes évoluer, remonter la pente. Se voir, discuter, ça valorise, ça fait du bien... Ils sont parfois surpris que je les appelle par leurs prénoms mais c'est normal…».

Chaque maraude dure jusqu’à minuit et est menée généralement par un ou une chef d’équipe, ainsi que quatre à cinq bénévoles. L’Unité locale de Dijon Métropole compte 327 bénévoles (près de 50% d’entre eux ont moins de 32 ans).

L’année dernière, pour cause de crise sanitaire, la période hivernale de maraudes (7 jours sur 7 au lieu de 3 jours par semaine le reste de l’année) a été prolongée jusqu’au 31 juin.
De nouveaux gestes ont d’ailleurs été adoptés (rappels sur le port du masque, distribution de gel hydroalcoolique…). «Nous sommes parfois les seuls que ces personnes voient dans la journée. Nous sommes attentifs à d’éventuels problèmes de toux, de maux de tête, de douleurs thoraciques…». La veille sanitaire est de mise.

Enfin, pour coupler disons l’urgence à un travail de plus longue durée, une commission de veille sociale inter-associative dont fait partie l’association se réunit tous les mois pour établir un suivi des bénéficiaires, pour une réponse plus efficiente et progressive vers la réinsertion.

La députée Fadila Khattabi aux côtés des bénévoles


Ayant tenu à revêtir l’habit d’une bénévole ce même lundi, «pour contribuer à la maraude au lieu de rester les bras croisés et saluer l’engagement», Fadila Khattabi, députée de la Côte-d’Or, a elle aussi été marquée par l’ambiance. En soulignant en parallèle l’investissement des jeunes : «Ça grouille d’idées… Ils s’investissent, ils sont là pour accompagner les plus vulnérables et c’est merveilleux. J’avais promis de revenir après la visite ministérielle (déplacement de la secrétaire d'Etat en faveur de l'engagement et de la jeunesse Sarah El Haïry, le 15 octobre dernier)».

Sur un plan plus politique, la députée LREM a rappelé que «la lutte contre la pauvreté est une priorité du gouvernement, avec un plan lancé le 13 novembre 2018. 1,8 milliard d’euros «permettront de financer des nouvelles mesures s’ajoutant à la stratégie de lutte contre la pauvreté de 8 milliards d’euros». Les nouvelles mesures pour prévenir la bascule dans la pauvreté sont soulignées (à consulter en cliquant ici).

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

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