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07/11/2021 19:57

DIJON : Les honneurs des Arts et Lettres et du Mérite pour trois passionnés engagés dans le partage et la transmission

Marie-Pascale Charbonneau, Christine Lamarre et Stephen Blanchard ont été honorés ce samedi 6 novembre par la municipalité pour leurs parcours et engagements dans la littérature, dans la poésie ou bien dans l’histoire locale. Leurs implications dans la vie culturelle de la cité ont été saluées.
Pour la Ville de Dijon, les trois personnes, dijonnaises, qui allaient être décorées dans la salle des États, samedi 6 novembre 2021 en fin de matinée, sont «indissociables de la vie culturelle de la cité».
Dans des propos introductifs, avant de retracer le parcours de chacune des trois personnalités mises à l’honneur, le maire de Dijon François Rebsamen a notamment insisté sur des passions et des actions au service de la transmission et de la diffusion de la culture.

Transmettre le virus de la lecture


La croix de chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres a d’abord été remise à Marie-Pascale Charbonneau qui s’est régalée avec les livres tout au long de sa carrière. «C’était tout sauf du boulot», retient même la bibliothécaire en retraite depuis 2008 qui avait comme objectif de «lire et donner à lire, transmettre ce virus-là». Et elle l’assure encore aujourd’hui, «le goût de lire ne se perd pas».


Cette passion, Marie-Pascale Charbonneau l’a exercée dans l’Ain avant d’arriver à Chenôve en 1982 en tant que directrice de la bibliothèque qui est aujourd’hui la médiathèque François Mitterrand, un lieu qui compte plus de 100.000 titres. Elle a terminé sa carrière aux affaires culturelles de la ville de Chenôve. Dijon restera la ville où la mère au foyer a franchi le pas en passant son diplôme de bibliothécaire.

Ayant apprécié le développement des bibliothèques municipales en France durant sa carrière, telle «une flopée de paradis», elle ne manque pas non plus de souligner l’action d’associations et notamment celle d’«Un livre Une vie, qui agit contre l’obscurantisme en Algérie».

Contribution au renouveau de Dijon


Christine Lamarre a été honorée de la croix de chevalier de l’ordre national du mérite. Professeure des universités, elle est chercheuse au LIR3S UMR 7366, laboratoire interdisciplinaire de recherche «Sociétés, sensibilités, soin», anciennement centre Georges Chevrier.
Sa carrière d’historienne a été marquée par l’étude des villes anciennes et des petites villes au dernier siècle de l’Ancien régime.

D’un point de vue culturel, son implication dans la vie dijonnaise n’est plus à démontrer. Elle fut notamment présidente de l’Académie des Sciences, Arts et Belles lettres de 2013 à 2017, mais aussi présidente de l’association Dijon, histoire et patrimoine (anciennement Société pour le renouveau du Vieux Dijon) de 2005 à 2013. Elle est nommée membre qualifiée de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites (CRPS) et de la commission extramunicipale du secteur sauvegardé de Dijon.

Au cours de la cérémonie, François Rebsamen a d’ailleurs tenu à la remercier pour son expertise à l’heure où il avait fallu piétonniser la place de la Libération «contre vents et marées». Pour sa part, Christine Lamarre se réjouit de voir que l’hôpital historique de Dijon ne disparait pas, réinventé par la Cité internationale de la gastronomie et du vin. Elle avait fait de la structure hospitalière le sujet de sa thèse.

Enfin, c’est en poésie et en jeux de mots, non sans humour et quelque peu d’autodérision, avec une humilité palpable malgré une culture et une aisance poétique avérées, que Stephen Blanchard a reçu la croix de chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres.

La poésie pour s’ouvrir aux autres


Comptable de profession ayant exercé la majorité de sa carrière chez Pomona, Stephen Blanchard dit avoir persévéré dans une passion : la poésie vous l’aurez compris. Cela en exprimant de la reconnaissance envers ses professeurs, ses amis, sa famille. Ses premiers écrits remonte à sa pré-adolescence.

Stephen Blanchard est encore aujourd’hui président de l’association « Les Poètes de l’amitié, poètes sans frontières », association qu’il a fondée en 1974 à Dijon et qui compte de nos jours plus de 250 membres et abonnés. Il dirige aussi la revue de poésie internationale Florilège (184 numéros édités jusqu’ici) et organise chaque année, avec le ministère de la Culture, le concours des dix mots de la langue française.

Depuis 2001, en collaboration avec la ville de Dijon, le prix de la poésie Yolaine et Stephen Blanchard récompense chaque année un auteur français ou étranger. Depuis 47 ans, l’intéressé compte plus de 2.500 lectures et spectacles organisés dans les écoles, les bibliothèques, les hôpitaux, les établissements sociaux et médico-sociaux, lors du Printemps des poètes, à l’occasion du Téléthon ou bien pour «La chaîne de l’espoir».

Le poète et comédien a consacré ses propos à ceux qui l’aident à encourager la culture, une culture poétique «à revaloriser» sans cesse, «car la poésie n’est pas une priorité sur Terre». Stephen Blanchard s’efforce en tout cas de l’écrire au service du plus grand nombre et d’une noble cause, dans la liberté de penser et la volonté d’ouverture aux autres. Lui qui est notamment à l’initiative de la création du jardin des poètes à la Combe Persil ou encore d’une flamme philatélique.

Stephen Blanchard a reçu le premier prix du prix littéraire de la ville de Bordeaux en 1979 pour le recueil «Sous les pierres», la médaille d’or de la Société de l’Encouragement au Bien en 1999, et avec son épouse, femme de lettres, le Prix international de Mécènes de la Poésie par l’Académie Claudine de Tencin en 2020.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier



















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