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21/03/2021 03:17

DIJON : Les occupants du Grand Théâtre donnent la parole à tous les précaires

L’agora de ce samedi 20 mars sur la place de la Sainte-Chapelle a permis aux occupants du Grand Théâtre de Dijon de réaffirmer que les revendications ne se limitent pas à la demande de réouverture des lieux culturels.
Depuis lundi 15 mars, les acteurs du monde culturel à Dijon ont rejoint le mouvement national d’occupation des théâtres, initié à l’Odéon à Paris. Au Grand Théâtre de Dijon, on peut dire que le mouvement d’occupation se déploie sur la place de la Sainte-Chapelle. Chaque jour, à 14 heures, les temps d’agora visent à donner la parole à tout un chacun souhaitant s’exprimer. «Une tribune ouverte à tous ceux qui souhaitent prendre la parole».

Ce samedi 20 mars 2021, l’agora était en plus animée de l’appel lancé par le Syndeac - syndicat national des entreprises artistiques et culturelles -, aux acteurs du monde de la culture mais aussi aux publics. Un appel à la mobilisation pour «la mise en œuvre rapide de l’ouverture graduée des lieux et des mesures sectorielles d’accompagnement, tant que la reprise d’activité ne sera pas totale et sans limitation de jauge».

On pouvait d'ailleurs remarquer la présence de plusieurs élus municipaux dont Christine Martin, adjointe au maire de Dijon.

La réouverture des lieux ? «L’arbre qui cache la forêt»


«Ces lieux deviennent la caisse de résonance d’une parole forte, ouverte et que l’on porte pour tous. Le spectacle vivant n’en peut plus d’être déclaré pour mort avec ces lieux mis sous cloches et ses professionnels de jour en jour fragilisés», a-t-il été déclaré notamment au micro, avec des interpellations ciblées sur la ministre de la culture «Madame Bachelot» ainsi qu’«un gouvernement qui maintient la culture sous l’étouffoir».

Le sens de l’occupation et les revendications portées lors de l’agora sont plus larges. «On se mobilise pour les lieux culturels mais aussi pour les gens. La réouverture des lieux, ça fait partie des revendications mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Il nous faut des garanties», explique Tiziana Melis de la compagnie Taxi-Brousse basée à Quetigny. En précisant alors : «Aujourd’hui, on essaie de rendre visibles des demandes sur des droits sociaux».

En début d’après-midi ce samedi, 250 personnes s’étaient rassemblées sur la place de la Sainte-Chapelle. Parmi elles, des archéologues de l’INRAP venus parler d’«un institut qui ne bouge pas car nos salaires n’ont pas bougé depuis 2002».
Les revalorisations salariales demandées sont balayées. «Madame Bachelot, elle parle et c’est catastrophique». Des attaques à la liberté de parole sont dénoncées. «On cherche à museler les gens qui souffrent déjà de précarité».

Alors qu’une manifestation contre la proposition de loi «Sécurité globale» débutait sur la place de la Libération, le fait de vouloir autoriser les policiers et gendarmes au port d’arme en dehors de leur temps de service y compris dans les lieux culturels (un des articles du projet de loi) a été qualifié d’«inimaginable» : «Les armes n’ont rien à faire dans les lieux de culture».

En plein air et au soleil, il a aussi été de bon ton d’ironiser sur les lieux clos, en parlant des théâtres, mais aussi des supermarchés ou bien des métros et tramways qui «eux, ne sont pas à l’arrêt», contraints d’être fermés. «Rendez-nous nos métiers, non essentiels», a-t-on déploré dans l’assemblée.

Un travailleur handicapé a quant à lui fustigé une certaine hypocrisie vis-à-vis du handicap, promu quand on parle d’embauche mais pas accompagné dans un parcours adéquat devant justement permettre le retour à l’emploi.

Mobilisation contre le «démantèlement de l’assurance-chômage»


Occuper le Grand Théâtre de Dijon est une manière de «reprendre la main, reprendre le pouvoir» et permettre d’élargir les échanges et les revendications concernant tous les travailleurs précaires, du monde de la culture et plus largement.

La coordination des interluttants et précaires de Bourgogne et la CGT SFA Bourgogne réaffirment ainsi plusieurs revendications chapeautée par une exigence majeure : l’abrogation de la réforme de l’assurance-chômage devant entrer en vigueur le 1er juillet 2021.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier






























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