
Plus d'électricité produite pour le tramway, plus d'eau infiltrée dans les sols avec ce parking réaménagé : François Rebsamen a défendu, ce samedi 11 octobre, lors de l'inauguration de l'équipement, «la volonté d'innovation dans le domaine écologique» de la Métropole de Dijon.

Pour ses 20 ans, la Métropole de Dijon offre au Zénith un parking avec des ombrières solaires. Si les fameux cadres en béton verts n'ont pas bougé, l'intérieur de l'équipement qui sert gratuitement de parking-relais a été réaménagé et en partie désimperméabilisé. Les flux piétons ont été sécurisés.
Ce samedi 11 octobre 2025, l'inauguration s'est déroulée en présence de plusieurs maires de l'agglomération, de membres du Conseil de développement de la Métropole de Dijon, du CESER Bourgogne-Franche-Comté ainsi que de représentants des entreprises prestataires et des sapeurs-pompiers.
Un chantier de 3,6 millions d'euros
Après la centrale solaire photovoltaïque de Valmy, le projet Response à la Fontaine-d'Ouche qui comprend une dimension solaire, une nouvelle infrastructure d'énergie solaire voit donc le jour à l'occasion de la réhabilitation du parking du Zénith. Les trois ont été réalisées dans le cadre du Plan climat et biodiversité de la Métropole de Dijon.
Pour ce projet qui a été initié en 2024, la collectivité a engagé 3,6 millions d'euros avec des cofinancements de 400.000 euros de l'agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse et de 450.000 euros du Fonds vert. Les ombrières sont annoncées comme ayant une durée de vie de 20 ans.
Un projet de transition écologique
«Ce haut-lieu culturel nous rappelle que si notre ville compte de grands équipements qui contribuent à son rayonnement, c'est aussi grâce à l'action de Dijon Métropole», déclare Nathalie Koenders (PS), maire de Dijon, devant notamment Karine Ripert, directrice de la société exploitant le Zénith.
«Dijon est fière d'accueillir une telle innovation, une réalisation qui va marquer une avancée significative dans notre engagement commun pour la transition écologique et qui illustre parfaitement la volonté de notre territoire de s'appuyer sur des solutions concrètes et durables», poursuit celle qui est également première vice-présidente de la Métropole de Dijon.
«Les énergies renouvelables s'ancrent toujours davantage dans le quotidien»
«Je veux souligner l'exemplarité environnementale de ce projet qui réduit nos émissions de gaz à effet de serre tout en accompagnant le développement des mobilités douces. Telle est l'ambition d'une Ville au service d'une société durable, pensée pour les générations à venir», développe Nathalie Koenders.
«Les énergies renouvelables s'ancrent toujours davantage dans le quotidien», insiste la socialiste en saluant les entreprises qui sont intervenues comme Roger Martin ou encore Duc et Préneuf.
Un projet pour «renforcer la souveraineté énergétique»
«Il y a 20 ans, on inaugurait le Zénith. Il y a 20 ans, la Métropole commençait déjà à se signaler aux yeux des autres villes françaises par sa volonté d'innovation dans le domaine écologique puisque ce Zénith bénéficie de la géothermie», rappelle François Rebsamen (FP), président de la Métropole de Dijon. «Nous avions été les premiers à mettre en œuvre sur le sol de notre métropole [cette] innovation technologique.»
Selon l'élu progressiste, la nouvelle centrale solaire contribue à «augmenter encore davantage la part des énergies renouvelables» dans le mix métropolitain – avec l'objectif d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 – et à «renforcer une souveraineté énergétique qui est très importante dans un contexte où les instabilités politiques entraînent une grande volatilité des prix».
Une modification de la réglementation concernant l'autoconsommation
Pour voir ce chantier aboutir, la collectivité a dû batailler face à EDF afin d'obtenir de la Commission de régulation de l'énergie une modification réglementaire permettant l'autoconsommation de l'électricité produire pour contribuer à alimenter le tramway sur l'ensemble du réseau.
«Avec Jean-Patrick Masson, nous avons mis toute notre énergie à convaincre EDF», glisse François Rebsamen devant le vice-président chargé de la transition écologique. «Désormais, tous les EPCI qui feront des ombrières comme celle-là pourront les utiliser sur l'ensemble de leur périmètre.»
Toute l'eau s'infiltre dans le sol
«Le parking a été réaménagé pour permettre l'infiltration des eaux de pluie», souligne également François Rebsamen. Cette part de la réhabilitation représente même plus de 50% du coût du chantier : sur les 2,3 hectares du site, l'équivalent d'un hectare a été désimperméabilisé.
Toutefois, c'est la totalité des eaux de ruissellement du site – des ombrières comme du sol – qui est captée et orientée pour s'infiltrer directement dans le sol argileux qui filtre lentement les polluants potentiellement contenus dans cette eau.
Une pique vise les Écologistes
«Nous sommes la première Métropole écologique de France», martèle François Rebsamen, «c'est quelque chose à rappeler à ces écologistes qui ne pensent pas ambition collective, intérêt général».
Le responsable de l'exécutif métropolitain rappelle qu'un projet de troisième ligne de tramway est en cours de réflexion, la concertation publique préalable s'étant terminée récemment (
lire notre article).
Parallèlement, en lien avec l’État et la Région Bourgogne-Franche-Comté, les prémices d'un service express régional métropolitain (SERM) sont en discussion avec les intercommunalités environnantes. L'objectif est de diminuer de 10% le nombre de voitures entrant dans la métropole.
«Les populations ont besoin de différents moyens de déplacement, les plus propres possibles, bien évidemment, écologiquement et nous serons au rendez-vous, les uns, les autres», conclut l'élu progressiste.
La représentante du préfet salue «une vision de l'aménagement du territoire»
«Vous avez réussi à faire d'un simple projet d'ombrières sur un parking un projet exemplaire, un démonstrateur tant dans sa conception que dans son intégration,», s'enthousiasme Magalie Malerba, secrétaire générale adjointe de la préfecture de la Côte-d'Or.
«Tout a été pensé, construit pour servir de multiplies ambitions : qualité environnementale, transition énergétique, préservation des ressources, intégration paysagère, sécurisation des flux et conciliation des usages, développement économique et attractivité, esthétique du site jusqu'à créer une ambiance nocturne», développe la représentante du préfet.
«C'est bien plus qu'un projet que nous inaugurons aujourd'hui, c'est une vision de l'aménagement du territoire, une ambition au service d'une écologie positive, un investissement au bénéfice des générations futures», ajoute-t-elle.
En guise de geste inaugural, les orateurs dévoilent et activent une cartographie représentant le rayonnement solaire, la production d'électricité par les ombrières et la consommation par le tramway.
Le parking est fonctionnel 24h/24
Le parking est désormais totalement fonctionnel 24 heures sur 24, sept jours sur sept, tant en parking-relais à proximité d'une station de tramway, principalement la journée, qu'en parking du Zénith, surtout en soirée.
«Le parking est ouvert pour tout le monde», confirme Karine Ripert alors que le Zénith organise 140 événements par an. «On s'est rendu compte qu'il y avait une fluidité plus importante [à la sortie des spectateurs] sur les dernières manifestations».
À moyen terme, des bornes de recharge lente pour véhicules électriques seront implantées. L'infrastructure électrique a été positionnée durant le réaménagement.
Jean-Christophe Tardivon
Les données-clés de la réhabilitation du parking du Zénith
2,3 hectares dont un hectare désimperméabilisé
700 places de parking gratuites
2.194 panneaux solaires photovoltaïques
1 MWc de puissance
1,1 GWh de production annuelle soit
10% des besoins énergétiques actuels du tramway



















































