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29/09/2021 19:24

DIJON : Les piétons défendent pied à pied l'élaboration d'un Plan marche métropolitain

«Bien mais peut mieux faire», constatent les représentants du Comité départemental de randonnée pédestre de Côte-d’Or et de Rue de l’avenir alors que Dijon atteint tout juste la moyenne au baromètre des villes marchables.
Le premier baromètre des villes marchables a été édité cette année. Il est à l’initiative au niveau national de la Fédération française de randonnée pédestre et des associations 60 millions de piétons et Rue de l’avenir, regroupées dans le collectif «Place aux piétons». Sur les sites internet des différentes associations et organisations porteuses de l’initiative, l’enquête était ouverte de novembre 2020 à mars 2021.

En Bourgogne-Franche-Comté, la Fédération des associations d’usagers des transports (FNAUT) s’associent à cette étude.
Plus localement, Marie-Odile Fourney, Gérard Niquet et Paulette Chalmin du Comité départemental de randonnée pédestre de Côte-d’Or, ainsi que Christian Germain, correspondant local pour Rue de l’avenir sur la métropole dijonnaise, ont fait le point mercredi 22 septembre 2021 sur les résultats de la ville de Dijon au regard de ce baromètre.


Les représentants locaux de l’étude ne s’attendaient pas à telle ou telle note sachant ce baromètre spécifique est réalisé pour la première fois. «Bien mais peut mieux faire», c’est le constat global qui ressort de l’étude, puisque si Dijon se classe tout de même 4ème parmi les villes de sa catégorie (entre 100.000 et 200.000 habitants), derrière Tours, Reims et Grenoble, la note de 11/20 seulement lui est attribuée.

Espace et sécurité pour les piétons


«Il ressort notamment que les piétons ont envie d’avoir leur espace et ressentent une certaine insécurité par rapport aux vélos et aux trottinettes», note Christian Germain en s’appuyant sur les données détaillées et commentées du baromètre (à retrouver en intégralité ci-dessous).
Le correspondant local de Rue de l’avenir sur la métropole dijonnaise relève implicitement que «la cohabitation pose problème en raison il faut le dire d’aménagements peut-être mal conçus». Pour illustrer le «conflit» piéton-vélo, l’exemple de la portion sous le pont SNCF entre la rue de l’Hôpital et la rue Monge est prise. «Les piétons se retrouvent les plus proches de la circulation automobile».
«Il faut attaquer ce problème de front. Pas seulement le jour où il y aura un accident rue de la Libération», insiste Christian Germain.

En relevant que «pour 54% des répondants, la commune est peu à l’écoute des besoins des marcheurs», les représentants du CDRP de Côte-d’Or en déduisent même que «la marche n’existe pas au niveau municipal», ou alors que les aménagements en ce sens ne doivent pas se cantonner qu’au centre-ville.

Des marches exploratoires pour cibler les problèmes


Les associations de défense des piétons et de promotion de la marche prennent se baromètre tel «un appel à l’aide» pour remettre la marche «au coeur des réflexions des collectivités, en n’oubliant pas qu’il s’agit toujours du premier mode de déplacement».

L’absence de Plan marche dans le PLUi-HD est à remédier selon les associations, qui demandent aussi la mise en place d’un processus de concertation intégrant des marches exploratoires faisant converger élus, techniciens et usagers.
Bernard Gournay, vice-président de la FNAUT Bourgogne-Franche-Comté, souhaiterait que «les services urbanisme et transports se parlent».

Le constat est sévère sur certains points, en admettant tout de même que les problèmes identifiés ne sont pas propres à Dijon et que la ville obtient plus de 13/20 concernant les aménagements spécifiques aux marcheurs. Simplement, les défenseurs des piétons voient en ce baromètre un moyen de peser davantage.
Celles-ci précisent, là encore d'après les statistiques, que «les réponses proviennent d'usagers et non de militants».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

Communiqué du collectif «Place aux piétons» :

Baromètre des villes marchables 2021

Résultats de la ville de Dijon (Analyse, commentaires, attentes)

Fin 2020, début 2021, la première édition du baromètre des villes marchables a vu, pour la France entière, 68 510 répondants s’exprimer sur leur ressenti à propos de leurs déplacements à pied. Pour l’élaboration des résultats, seuls ont été pris en compte les 43 885 questionnaires qui avaient été entièrement complétés et les 199 communes ayant recueilli au moins de 40 réponses.

La commune de Dijon a recueilli 756 réponses dont 609 complètement remplies. En nombre de répondants (à la fois en valeur absolue et en pourcentage par rapport à la population), Dijon se classe 4è parmi les villes de sa catégorie (100 000 – 200 000 h.) derrière Tours, Reims et Grenoble.

A. Qui sont les répondants à Dijon ?
    •    Sexe : 64% sont des femmes [pour l’ensemble des répondants, 55%], 36% des hommes [43%]
    •    Age : 59% ont plus de 55 ans [50%]
    •    Véhicule : 75% possèdent un véhicule motorisé [73%], 64% possèdent un vélo [68%]
    •    Associations : 23% sont membres d’une association de pratiquants de la marche [27%], 1% membres d’une association de défense des piétons [3%]
    •    Pratique : 100% marchent au moins 1 à 3 fois par mois [98%], 87% marchent en milieu urbain [77%]
    •    Motifs principaux de la marche : 82% pour faire des courses [82%], 66% pour la promenade [58%], 47% pour le sport [54%], 32% pour aller au travail [26%], 32% pour aller sur un lieu de loisir [29%], 13% pour accompagner des enfants à l’école [19%].

COMMENTAIRES : Par rapport à la moyenne nationale, les répondant dijonnais sont plus féminins, plus âgés, plus marcheurs urbains, ils pratiquent plus la marche promenade et moins la marche sportive, ils vont plus au travail à pied mais accompagnent moins les enfants à l’école.

B. Les réponses aux questions fermées
La quarantaine de questions était structurée en 5 thèmes : le ressenti global, la sécurité, le confort, les efforts de la ville, les aménagements et services.

1. Ressenti global du quotidien d'un piéton pour les répondants dijonnais [tous les répondants|les répondants des villes de plus 100 000 habitants] (note : 11/20)
    •    Se déplacer à pied est plutôt désagréable pour 23% [41%|39%], agréable pour 77% [59%|61%]
    •    L’agencement de la voirie permet des déplacements plutôt pas aisés pour 32% [53%|49%], aisés pour 62% [47%|51%]
    •    Les conflits avec les autres usagers non motorisés sont plutôt fréquents pour 51% [46%|57%], rares pour 49% [54%|43%].
    •    Les conducteurs de véhicules motorisés respectent les piétons, plutôt non pour 44% [53%|57%], plutôt oui pour 56% [47%|43%]
    •    La circulation des véhicules motorisés est plutôt gênante pour 44% [60%|62%], plutôt pas gênante pour 56% [40%|38%]
    •    Les déplacements à pied concernent plutôt une minorité d’habitants pour 52% [55%|55%], plutôt une majorité pour 48% [45%|45%]

COMMENTAIRES : Par rapport à la moyenne nationale et les autres villes de sa catégorie, Dijon est ressentie par les piétons comme plus agréable, ceux-ci se sentent moins gênés par la circulation motorisée. En revanche, ils ressentent la cohabitation avec les autres modes actifs plus négativement que la moyenne nationale mais moins négativement que pour les autres villes de la même catégorie !

2. La sécurité déplacements à pied (note : 12/20)
    •    A pieds, je me sens sont plutôt en danger pour 26% [38%|38%], plutôt en sécurité pour 74% [62%|62%]
    •    Dans les rues commerçantes, pour accéder aux transports, je me sens plutôt en danger pour 15% [30%|26%], plutôt en sécurité pour 85% [65%|74%]
    •    Dans les rues résidentielles, je me sens plutôt en danger pour 21% [31%|32%], plutôt en sécurité pour 79% [69%|68%]
    •    Pour rejoindre les communes voisines, je me sens plutôt en danger pour 41% [60%|58%], plutôt en sécurité pour 59% [40%|42%]
    •    Les accès piétons des abords de gare ou de transport en commun sont plutôt dangereux pour 18% [35%|28%], plutôt sécurisés pour 82% [65%|72%]
    •    A pied, être séparé de la circulation motorisée est plutôt pas important pour 7% [10%|9%], plutôt important pour 93% [90%|91%]
    •    A pied, être séparé des autres mobilités actives (vélos, ...) est plutôt pas important pour 13% [20%|16%], plutôt important pour 87% [80%|84%]
    •    A pied traverser les carrefours ou contourner les ronds-points est plutôt dangereux pour 41% [53%|57%], plutôt sûr pour 59% [47%|43%]
    •    Pour les enfants, les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite, se déplacer à pied est plutôt dangereux pour 41% [63%|63%], plutôt sûr pour 59% [37%|37%]
    •    Pour les enfants, aller à l’école à pied est plutôt dangereux pour 38% [60%|57%], plutôt sûr pour 62% [40%|43%]
    •    Pour les piétons, les aménagements cyclables sont plutôt dangereux pour 50% [54%|57%], plutôt sûr pour 50% [46%|43%]

COMMENTAIRES : Même si la ville de Dijon fait mieux que la moyenne nationale ou les villes de sa catégorie, il n’en reste pas moins que l’on ne peut se satisfaire du fait que plus de 40% des répondants ressentent un danger, pour se rendre dans une commune voisine ou lorsqu’ils abordent les carrefours et autres ronds-points. Ils estiment aussi que les piétons fragiles (seniors, PMR...) ne sont pas en sécurité, 38% d’entre eux pensent que les enfants ne sont en sécurité pour aller à pied à l’école !
On doit entendre aussi les piétons de Dijon qui, très majoritairement, et plus que la moyenne nationale et celle des autres villes de sa catégorie, expriment le besoin d’être séparés à la fois des véhicules motorisés et des usagers des autres modes actifs.

3. Le confort déplacements à pied (note : 10,9/20)
    •    Les espaces réservés aux piétons sont larges, leur surface est plane et facilite les déplacements, plutôt non pour 36% [62%|57%], plutôt oui pour 64% [38%|43%]
    •    Les espaces réservés aux piétons sont plutôt encombrés pour 53% [69%|73%], plutôt dégagés pour 47% [31%|27%]
    •    Les espaces réservés aux piétons sont plutôt mal entretenus pour 30% [65%|53%], bien entretenus pour 70% [45%|47%],
    •    Lors de travaux sur les espaces réservés aux piétons, une alternative est proposée, plutôt non pour 31% [54%|54%], plutôt oui pour 79% [46%|46%]
    •    Une signalétique spécifique aux déplacements des piétons est proposée, plutôt non pour 49% [66%|61%], plutôt oui pour 51% [34%|39%]
    •    Des aménagements et du mobilier urbain assurent le confort des marcheurs, plutôt non pour 55% [70%|68%], plutôt oui pour 45% [30%|32%]
    •    Les trottoirs et cheminements piétons sont plutôt mal éclairés pour 31% [48%|46%], plutôt bien éclairés pour 69% [52%|54%]

COMMENTAIRES : Même si Dijon obtient de meilleurs résultats qu’au niveau national et des villes de la même taille, les Dijonnais (53%) constatent des trottoirs encombrés. On note que 55% des répondants relève un manque de mobilier urbain, toilettes, lieux de sociabilité, distributeur d’eau potable. Un répondant sur deux ressent l’absence de signalétique spécifique aux piétons.

4. L’importance donnée aux déplacements à pied (note : 9,7/20)
    •    La commune est à l'écoute des besoins des piétons, plutôt non pour 54% [68%|67%], plutôt oui pour 46% [32%|33%]
    •    Les efforts faits en faveur de la marche par la commune, ne sont plutôt pas importants pour 44% [63%|60%], plutôt importants pour 56% [37%|40%]
    •    Les actions de promotion des déplacements à pied sont plutôt peu importantes pour 44% [63%|60%], plutôt importantes pour 56% [37%|40%]
    •    Le stationnement des véhicules motorisés sur les cheminements piétons est plutôt fréquent pour 55% [67%|70%], plutôt rare pour 45% [33%|30%]

COMMENTAIRES : Même si les résultats sont meilleurs qu'au niveau national et des villes de la même taille, on ne peut se satisfaire que pour 54% de répondants, la commune est peu à l’écoute des besoins des marcheurs et fait peu d’effort pour la marche.

5. Aménagement et services spécifiques dédiés aux marcheurs (note : 13,3/20)
    •    Pour les piétons l’accès aux transports en commun est plutôt difficile pour 9% [21%|14%], plutôt facile pour 91% [79%|86%]
    •    Des cheminements piétons (accès aux services, promenade, tourismes...) sont plutôt non balisés pour 27% [55%|49%], plutôt balisés pour 73% [45%|51%]
    •    Des brochures, plans, panneaux d'information, guides, topoguides..., sont mis à disposition des piétons, plutôt non pour 36% [64%|59%], plutôt oui pour 64% [36%|41%]

COMMENTAIRES : Pour cette rubrique, la ville de Dijon obtient des résultats indéniablement bons. Mais concernant le jalonnement des cheminements piétons, les répondants ont sans doute appuyé leurs appréciations sur le balisage des itinéraires de promenade et randonnées de la métropole — ou le parcours de la Chouette ! — car en ce qui concerne les cheminements piétons utilitaires (accès aux services, aux grands équipements...), sauf erreur de notre part, le jalonnement de ces cheminements n’existe pas.

C. Analyse des réponses aux questions ouvertes
Les 3 questions ouvertes étaient « Selon vous, quel est l’endroit le plus problématique pour les piétons dans votre commune ? » (Q1), « Quel est l’endroit que vous appréciez le plus pour la marche ? » (Q2), « Avez-vous des commentaires à faire sur la situation des piétons et de la marche dans cette commune ? » (Q3). Plusieurs centaines d’observations ont été formulées

1. Les points noirs (Q1)
    •    Les ronds-points et places : Les places de la République (récemment réaménagée), du 30 Octobre, Wilson et plus généralement, les grandes places avec des ronds-points sont compliquées à traverser à pied. Les priorités piétons signalées par des clignotants ne sont pas souvent respectées par les automobilistes. Les ronds-points aux abords des rocades (Valmy, Toison d’Or, 8 Mai 45) sont difficilement accessibles aux piétons.
    •    Croisements et rues : Certains croisements du centre-ville, rue Monge, rue de la Manutention. Les zones de croisement piétons et trams, et dans certains endroits piétons, trams et vélos (République, Darcy, place du Premier Mai). Les intersections des grands boulevards : Gabriel, Mansart, Mirande, Université, Pascal, pont de l’Arquebuse.
    •    Trottoirs : un constat récurrent apparaît dans les réponses, le manque de trottoirs et/ou leur inadéquation ! Cela est particulièrement vrai autour des halles, à d’autres endroits, places et centre-ville les terrasses de café les envahissent. Le problème du stationnement des voitures ou des camions de livraison sur les trottoirs est très souvent apparu dans les réponses. Les voitures garées autour des écoles, collèges et lycées sont citées à plusieurs reprises. Les trottoirs étroits dans certaines rues du centre-ville et des quartiers résidentiels (rue de Talant, Jean Jacques Rousseau, Condorcet, Chaignot, Monge...). Les trottoirs ne sont pas toujours adaptés aux personnes à mobilité réduite (PMR) (dans certaines zones) et leurs déplacements sont impactés aussi par les constats précédemment cités ! Rue Berlier, rue Jeannin : les trottoirs ne sont pas accessibles aux PMR et poussettes. Les abords du centre-ville hors secteurs piétonniers sont cités à plusieurs reprises.
    •    Dans les zones piétonnes : Le revêtement du sol des rues piétonnes apparaît dans de nombreuses réponses : glissant et dangereux par temps de pluie ou de neige. Le manque de verdure est souligné à de nombreuses reprises. Le manque de bancs et toilettes apparaît également plusieurs fois Dans les écoquartiers, certaines réponses font apparaître le manque de verdure et l’étroitesse des trottoirs.

COMMENTAIRES : Les répondants insistent sur la largeur et l’encombrement des trottoirs qui interdisent souvent le passage pour les personnes à mobilité réduite, les parents avec des poussettes, les personnes malvoyantes ou les seniors.
Les réponses à cette question ouverte accentuent clairement les résultats des questions fermées notamment sur la « marchabilité » des trottoirs.

2. Les lieux préférés (Q2)
Le parc de la Colombière et autres parcs ou jardins (jardin de l’Arquebuse, Darcy, Carrières Bacquin, le centre piétonnier sont cités par plus de 50% des répondants. Le cours du Parc (13 %), la Coulée verte (7 %), le lac Kir (9 %) sont également très appréciés. Les combes (à la serpent, Saint Joseph et Persil) (4%) apparaissent de façon non anecdotique (Les pourcentages correspondent au ratio réponses favorables sur l’ensemble des réponses).
Certains quartiers résidentiels ou lieux excentrés sont évoqués par quelques répondants, peut-être des résidents de ces zones.

COMMENTAIRES : Si les réponses à cette question sont assez naturelles et peu surprenantes, on ne peut que constater malheureusement qu’aucun déplacement utilitaire effectué à pied n’est cité dans cette rubrique ! Pourquoi marcher pour aller au travail, pour faire des courses, pour aller au cinéma, ne serait-il pas aussi un moment agréable comme peut l’être une promenade. La marche utilitaire doit être mise en lien avec la revitalisation du centre-ville par la diversification des commerces et l’aménagement de mobiliers urbains correspondant aux besoins des marcheurs.

3. La cohabitation piétons, vélos, trottinettes (Q1, Q2 et Q3)
Comme relevé ci-dessus dans les questions fermées, 52% des répondants dijonnais estiment que les conflits entre piétons et usagers des modes actifs sont plutôt fréquents et 50% ressentent les aménagements cyclables plutôt dangereux pour les piétons. Même s’ils s’étaient ainsi déjà clairement exprimés à ce sujet dans les questions fermées, les répondants dijonnais ont aussi utilisé les questions ouvertes pour insister fortement sur cet aspect. Ainsi dans les réponses aux questions ouvertes Q1 et Q3, les mots ou expressions « piste », « piste cyclable », « trottinette », « vélo », « cycliste », « cycle » sont cités plus de 400 fois, dans la grande majorité des cas pour exprimer un ressenti négatif. Même dans la question Q3, pourtant relative aux lieux à priori agréables pour les piétons, ces mots apparaissent une trentaine de fois !

COMMENTAIRES : Sur l’ensemble des communes françaises prise en compte dans les résultats, 46% des répondants expriment un ressenti négatif de la cohabitation avec les modes actifs. Dijon, avec 52% de ressenti négatif, est donc une peu au-dessus de la moyenne nationale. La ville de Dijon est-elle pourtant un cas exceptionnel ?
Regardons les villes connues pour être très « cyclables » (1) , la part de ressenti négatif de cette cohabitation est par exemple de 73% à Strasbourg, 72% à Bordeaux, 53% à Rennes, 56% à Nantes. On trouve aussi des villes plus « cyclables » que Dijon mais avec un ressenti légèrement plus faible des conflits de cohabitations, citons par exemple Angers (ressenti négatif pour 51 %), Annecy (50%). On trouve aussi des villes très peu cyclables avec un très fort ressenti des conflits piétons /vélos : Marseille (ressenti négatif pour 85%), Nice (73%) !

Rappelons que si cette cohabitation est un réel enjeu en termes de confort et de sentiment de sécurité pour les piétons notamment les plus fragiles d’entre eux (seniors, PMR, enfants...), les enjeux en termes de sécurité routière sont « modestes, relativement à l'ensemble des victimes » (Fiche Cerema (2)). Ainsi, par exemple, le plan piéton 2011-2020 (3) de la Communauté Urbaine de Strasbourg, relève que, pour la période 2004 – 2008, avec près de 150 000 déplacements effectués en vélo chaque année sur ce territoire, 10 accidents corporels dus à des conflits piéton/ vélo ont été déclarés, sans aucun décès.

4. Les demandes d’améliorations, d’aménagements exprimés par les répondants notamment dans la réponse à la question Q3

Les demandes peuvent être regroupées en plusieurs points :
• Partage de l’espace entre mobilités douces (piétons, vélos et trottinettes électriques)
o Davantage de réglementation et surtout d’aménagement pour les zones partagées. o Créer des zones séparées pour les piétons et les vélos avec installation d’un terre-plein central.

• Une vitesse contrôlée sur ces zones.
o Demande de verbalisation en cas de non-respect de la vitesse, de défaut d’avertisseur sonore, pour les vélos et trottinettes électriques.
o Demande de réduction de la vitesse des voitures en centre-ville et notamment au niveau des écoles.
o Demande de verbalisation en cas de vitesse excessive et de non-respect des passages piétons.

• Les trottoirs :
o Demande d’élargissement de certains trottoirs, surtout en périphérie de secteur piétonnier et les quartiers résidentiels et nouveaux écoquartiers.
o Revoir l’aménagement des trottoirs autour des écoles : élargissement et sécurisation.
o Exiger davantage de propreté, dans le centre-ville et rues adjacentes, trop de déjections canines, crachats. Là aussi, la verbalisation est préconisée à plusieurs reprises.
o Remédier à certains revêtements très glissants dans des rues, monuments et autres lieux à fréquentation régulière.
o Trouver des solutions aux trottoirs encombrés de voiture, de camions de livraison. Demande là aussi de verbalisations.
    
•    Forte demande de végétalisation du centre-ville et beaucoup d’attente d’installation visant au confort du piéton : bancs, toilettes, zone de fraîcheur, points d’eau.
    •    Demande d’un cheminement piétons dans la ville.

o Des propositions plusieurs fois citées proposent de relier les voies vertes.
o Des demandes autour d’une signalétique piétonne où serait noté le temps de marche vers des lieux “stratégiques” : bibliothèques, gare...
• Faire la promotion de la marche (et non des parkings).

(1) Pour comparer, sur cet aspect, les communes entre elles, nous nous appuyons sur la dernière enquête de l’INSEE concernant les déplacements domicile – travail (https://www.insee.fr/fr/statistiques/5013868 qui donne pour chaque commune la part modale du vélo dans ce type de déplacements, ainsi à Dijon, 6 % de ces déplacements sont effectués à vélo (la moyenne nationale est de 2,2%)
(2) http://voiriepourtous.cerema.fr/fiches-produites-par-le-cerema-a1505.html
(3) https://fussverkehr.ch/wordpress/wp-content/uploads/2016/09/plan-pieton.pdf

5. Quels sont, selon les répondants dijonnais, les critères pour améliorer la marche ? (le questionnaire proposait de choisir 3 critères parmi les 15 qui étaient prédéfinis et de les ordonner)



COMMENTAIRES : La priorisation des critères effectuée par les répondants dijonnais est en cohérence avec leurs réponses aux questions fermées et les remarques qu’ils ont formulées dans les 3 questions ouvertes.

D. Conclusion générale sur les résultats dijonnais
La ville de Dijon possède de vrais atouts favorables aux piétons : centre-ville piétonnier, espaces verts proches du centre, pression automobile sensiblement réduite à la suite de la mise en place du tramway, prise en compte de certains besoins des seniors (bancs et sièges proposés en centre-ville). Même si ces atouts concernent essentiellement le centre-ville, cela lui permet de se distinguer des autres villes.
Cependant, il ne faudrait pas ignorer tout ce qui fait que les répondants dijonnais ont, par leur appréciations, attribué à la ville une note globale de 11/20 (« plutôt favorable »). Il est important que les insuffisances ressenties par les répondants dijonnais soient sérieusement prises en compte afin de rendre la ville de plus en plus marchable.

E. Nos attentes
En s’appuyant notamment sur les résultats de cette enquête, nous demandons à la Métropole ou à la ville de Dijon...

• Concernant la sécurité :
o Améliorer la cohabitation piétons/vélos (« réparer et prévenir » (4)) :

        -  Inventorier les lieux actuels de conflits et chercher des solutions
        -  Par exemple pour la rue de la Liberté et l’aire piétonne du centre-ville : baliser des itinéraires vélos permettant d’y limiter le trafic vélo de transit
        -  Intégrer le respect des piétons dans l’apprentissage du « savoir rouler » à l’école
        -  Intégrer cette problématique au moment de la conception des nouveaux aménagements cyclables (ne pas créer d’aménagements cyclables générateurs de conflits)
o Améliorer la cohabitation véhicules motorisés/piétons
        -  Accélérer la neutralisation du stationnement motorisé dans la zone de 5 mètres en amont des passages piétons
        -  Campagne pour le respect des piétons, le « vivre ensemble »
        -  Approfondir de la réflexion entamée par la ville de Dijon pour un apaisement des abords des écoles.
        -  Aller vers un apaisement généralisé de la vitesse en ville

o Faire l’inventaire des points noirs (places, ronds-points, carrefours, etc.), élaborer un plan de résorption

• Concernant les trottoirs et les espaces dédiés aux piétons :
o Prendre des mesures pour lutter contre leur encombrement
o Campagne (communication, pédagogie, sanction) contre l’arrêt et le stationnement
des véhicules motorisés, y compris les 2 roues motorisés (RM), sur les trottoirs.
o Faire respecter par les 2RM l’interdiction de stationner dans les aires piétonnes et, pour les non-autorisés, d’y circuler

• Concernant le confort :
o Revoir le problème du revêtement des rues piétonnes
o Réfléchir à un cœur de ville plus végétal
o Prévoir l’installation de mobilier urbain, toilettes, fontaines à eau et zone de fraîcheur.
o Améliorer encore la propreté des trottoirs

• Concernant la promotion de la marche :
o Mettre en place des campagnes récurrentes en direction du grand public et de certains publics ciblés (les seniors, les enfants...)
o Mettre en avant les arguments « santé » : lutte contre la sédentarité, le déficit d’activité physique.
o Organiser, soutenir des événements festifs autour de la marche

• Concernant la méthode :
o Mettre en place un processus de concertation, intégrant par exemple des «marches exploratoires », avec élu.e.s, technicien.ne.s et usagers
o Élaborer rapidement le plan marche métropolitain prévu par le PLUiHD (avec notamment une réflexion sur les liaisons intercommunales)

(4) Catherine PILON, Directrice du Club des villes et territoires cyclables, lors des assises de la marche à Marseille du 17 septembre dernier.

Communiqué de la FNAUT BFC :

Le sondage indique que Dijon est en première position dans les villes de sa tranche de population.

Ce qui démontre que les aménagements faits depuis de nombreuses années tant en terme de piétonisation du centre ville que de développement des transports collectifs ont porté leurs fruits :

    •    piétonisation du centre-ville
    •    compartimentage du centre-ville, non traversable par les voitures
    •    mise en place des LIANES (lignes à niveau élevé de service) : une première en France à l’époque
    •    création d’un réseau de tramway, avec élargissement des trottoirs et bandes cyclables
    •    acquisition de 102 bus hybrides (première en France) mais il reste des bus anciens, polluants et peu accessibles aux personnes handicapées
    •    plus récemment : paiement par carte bancaire dans les trams et les lianes, encore une première en France !

Le développement de la marche en ville est intimement lié au développement et à la qualité du transport en commun.

Toutefois, la coexistence entre piétons et vélos – trottinettes n’est pas sans poser de problèmes : insécurité plus ressentie que réelle.

De même, la circulation des piétons non-voyants n’est pas satisfaisante : traversée des voies de tram, notamment place Darcy, malgré le bip fourni aux non-voyants.

Nous attendons que la métropole et la région aillent plus loin dans l'intermodalité en créant et ouvrant des haltes ferroviaires sur le réseau afin de libérer les côte-doriens de la voiture en leur facilitant l'usage du TER et de la marche pour aller au travail ou sur leur lieu d'étude : gares à créer à Valmy, Longvic, etc…



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