Recherche
> Vie locale > Vie locale
24/07/2020 13:48

DIJON : Les squatteurs «écoeurés» après les dégâts sur le terrain de l'avenue de Langres

Ce vendredi 24 juillet tôt, des bulldozers auraient échoué à reprendre le contrôle du terrain squatté illégalement avenue de Langres. Une opération réalisée dans la confusion alors que des militants d'un collectif libertaire avaient passé la nuit sur place dans une petite maison.
Des coups sur les volets au petit matin, le fracas d'un bulldozer qui force le passage pour accéder au terrain du 63 avenue de Langres, telle est la scène que racontent les personnes indiquant avoir été présentes ce vendredi 24 juillet 2020.

Depuis le 17 juin, un collectif occupe illégalement ce terrain appartenant à la Ville de Dijon prévu pour être cédé à l'entreprise Ghitti Immobilier afin de construire des immeubles accueillant 330 logements. Le terrain est présenté comme le «jardin de l'engrenage», un jardin partagé conçu afin de «de changer notre rapport à la terre, à notre alimentation mais aussi notre manière de nous mettre en relation en construisant des réseaux locaux d'entraide» (lire le communiqué du 17 juin).

«Ils ont négocié pour faire repartir les engins»


«C'est la mairie qui est à la manœuvre» clame un membre du collectif alors qu'une trentaine de personnes sont rassemblées ce vendredi matin en attendant le début d'un pique-nique de soutien face à ce qui est vécu comme une agression. [Actualisé] Contacté, le maire de Dijon a précisé les motivations de l'intervention (lire notre interview).

David explique qu'«ils sont venus avec trois tractopelles, ils ont essayé de rentrer, un peu de tous les côtés mais à chaque fois, ils se sont faits bloquer donc ils ont ramené donc ils ont ramené un tractopelle ici et ont détruit la moitié des jardins. Le tractopelle a été bloqué parce que des militants sont montés dessus. Ils ont défoncé une haie là-bas au fond. Encore une heure après, ils ont réinsisté en essayant de passer par un autre accès, ils ont défoncé le chemin et se sont fait bloquer à nouveau. Ils ont négocié pour faire repartir les engins». David se dit «écoeuré» de la façon dont ça s'est passé.

«Ils ont attaqué tous les légumes»


Une petite maison se dresse encore sur le terrain et quelques personnes du collectif avaient passé la nuit à l'intérieur après un marché de produits des jardins portagers qui s'étaient tenu le 23 juillet au soir.

Camille déclare avoir été présent dans cette petite maison quand vers 6 heures du matin, les policiers municipaux ont frappé à la porte : «on dirait qu'ils n'étaient pas tout à fait au courant que la maison était occupée, ça avait l'air de les surprendre. On ne leur pas ouvert. Ils ont toqué et ne sont plus revenus devant la maison. On a commencé à appeler du soutien. On est sorti au bout d'une demie-heure en voyant qu'ils n'en avaient pas après la maison et les gens. Ils en avaient après les légumes. On a entendu le bip-bip de la pelleteuse qui recule. On a deux entrées et ils en ont percé une par la rue Edmé-Verniquet derrière, ils ont cassé le mur en béton pour faire venir la pelleteuse. C'est à dire qu'ils ont cassé plus de choses que nous depuis le début. Ils ont attaqué tous les légumes. Les gens ont commencé à leur tourner autour et à monter sur les pelleteuses. Les ouvriers sont embêtés, ils ne veulent pas prendre de risque. Au final, ils font une derrière percée, ils ont ravagé tous le taillis qui est collé aux jardins familiaux. Des gens ont coupé et sont montés sur la pelleteuse, là c'était leur dernier essai et ils sont partis. Ça a duré trois heures».

Les membres du collectif ont vu des policiers municipaux mais n'auraient pas vu d'effectifs de la police nationale sur place. Une expulsion d'un squat requiert une procédure judiciaire spécifique qui encadre l'action de la police nationale. En milieu de matinée, des agents vêtu d'un gilet de sécurité «Dijon Métropole» entouraient encore un bulldozer stationné sur le parking à l'arrière du terrain. Lors du pique-nique de soutien, le collectif compte bien lancer des appels à maintenir une présence sur le site y compris tôt le matin.

Jean-Christophe Tardivon